Les conditions de la négociation collective ne permettent généralement pas de changer la donne
« Dans le projet de loi sur le travail, on constate une sorte de fétichisme de la négociation collective, présentée comme la solution aux problèmes des entreprises et moyen de développer la culture du dialogue social. Contrairement à ce qui est raconté, les syndicalistes français ont bien la culture de la négociation, dans laquelle ils passent l’essentiel de leur temps.
« Les négociations collectives sont vidées de leur contenu » - Baptiste Giraud, Laboratoire d'écomonie et de sociologie du travail (LEST)Audrey Minartjeu 09/06/2016 - 08:15
Maître de conférence en science politique, Baptiste Giraud (LEST) a co-écrit avec Rémy Ponge (doctorant au laboratoire Printemps-USQV), un article sur la manière dont se déroulaient aujourd’hui les négociations collectives. Celui-ci s’appuie sur une recherche menée dans trois établissements ayant connu d’importantes transformations ces 20 dernières années. Résultat : les auteurs ont constaté que les conditions dans lesquelles elles se déroulent aujourd’hui ne permettent généralement pas de changer la donne.
Le projet de loi est justifié et légitimé comme une réforme des règles de fonctionnement du marché du travail nécessaire pour faciliter l’accès à l’emploi des jeunes.
Sofred : un cabinet expert en restructuration se retrouve en redressement judiciaire
Sofred, le cabinet expert en accompagnement des restructurations, a été choisi par la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie pour produire une étude sur les entreprises en difficulté. La situation devient paradoxale quand on sait que Sofred se trouve en redressement judiciaire.
Projet de loi sur le travail : le mythe des accords gagnant-gagnant
L’un des principaux objectifs affichés par le projet de loi El Khomri est de donner une importance accrue à la négociation d’entreprise, notamment pour la définition des règles qui concernent l’organisation du temps de travail hebdomadaire.
Les salariés précaires ont des dispositions protestataires que la CGT ne parvient pas à transformer en actions collectives. C’est l’analyse que livre Charles Berthonneau, sociologue au Laboratoire d’Économie et Sociologie du Travail (LEST), dans une étude sur les trajectoires et socialisations militantes de travailleurs précaires à la CGT. La faiblesse du capital scolaire explique en partie les difficultés, selon le chercheur.