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02 / 04 / 2026 | 12 vues
Sandrine Tellier / Membre
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 EPR2: un projet sous surveillance… et des questions pour les salariés

La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie fin mars 2026 sur l’aide financière française destinée aux futurs réacteurs EPR2. Cette procédure vise notamment à vérifier si le soutien apporté par la France à EDF est proportionné et s’il ne renforce pas de manière excessive la position de l’entreprise sur le marché de l’électricité.

 

Pour rappel, une décision finale est attendue d’ici fin 2026.

 

L’État français a présenté en décembre 2025 un schéma de financement reposant sur un mécanisme de CFD (contrat pour différence), structuré de la manière suivante :

 

  • Un prêt bonifié couvrant environ 60 % des coûts, avec un taux avantageux mais non nul.
  • Un contrat pour différence d’une durée de 40 ans, garantissant un prix stable pour l’électricité produite.

 

Officiellement, il s’agit d’une étape normale. Mais concrètement, cela montre que le montage du projet soulève des interrogations. Par le passé (ex. projet Hercule ou certains projets nucléaires en Europe centrale), Bruxelles a exigé que les mécanismes de rémunération ou les structures de marché ne créent pas d’avantages disproportionnés pour un acteur historique.
 

La Commission européenne a ainsi parfois encouragé des montages impliquant une séparation financière, voire organisationnelle. Si un parallèle doit être fait avec le financement des EPR2, c’est notamment avec le projet nucléaire de Dukovany en République tchèque adopté en 2024.


Dans ce cas, un modèle reposant sur une structure de type SPV (société de projet) a été mis en place et validé par la Commission européenne. Il s’agit d’une entité juridique distincte, dédiée au projet, chargée notamment de contractualiser la vente d’électricité à long terme (mécanisme proche d’un CFD) et de gérer les flux financiers.

 

Selon les montages, cette structure peut être distincte de l’exploitant industriel.

Concernant les EPR2 français, des ajustements restent probables à l’issue de l’enquête européenne.

Iront-ils dans le même sens que le mécanisme tchèque? Cela reste à déterminer.

 

Même sans impact industriel direct, ces évolutions pourraient influer sur les budgets d’exploitation, les primes, la maintenance et, à terme, la sécurité de l’emploi.

Des précédents chez EDF (centrales hydrauliques, EPR1, centrales à cycle combiné) montrent que des structures financières séparées peuvent peser indirectement sur les conditions de travail.

 

Il est donc essentiel de garantir le statut, les droits et l’emploi des salariés avant toute mise en œuvre. L’EPR2 est un projet majeur et stratégique, à la fois industriel, social et énergétique.

Pour les salariés et pour la souveraineté énergétique européenne, nous resterons vigilants et mobilisés. Nos exigences :

- Maintien du modèle intégré EDF, sans externalisation déguisée.

- Protection absolue du statut et des droits des salariés.

- Vigilance sur toute décision financière pouvant impacter l’exploitation.

- EDF en tant qu’entreprise de service public, propriétaire et exploitant des EPR2.

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