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Les taxes foncières dues par les ménages: parlons-en !
Les ménages propriétaires de biens immobiliers ou de terrains doivent payer en octobre des taxes foncières sur leurs propriétés bâties et non bâties. Cette note (1) fait le point sur ces impôts, plus particulièrement sur la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) à usage de logement.
La TFPB, comme la taxe d’habitation, est assise sur des valeurs locatives cadastrales revalorisées chaque année d’un même coefficient dans toute la France et déconnectées des valeurs de marché. Cette assiette archaïque explique en partie le caractère anti-redistributif de la TFPB : elle représente plus de 0,5 % du patrimoine immobilier des ménages les moins bien pourvus et 0,2 % de celui des ménages les mieux pourvus. Il faudrait enfin réviser ces bases cadastrales pour les rapprocher des valeurs vénales.
Le taux de la TFPB, appliqué à la moitié de cette assiette par les communes et leurs groupements, est en moyenne de 39,8 % en 2025, quasiment comme en 2024, ce qui conduit à une taxe moyenne de 12,5 € par mètre carré de surface avec de forts écarts d’une commune à l’autre. Ce taux moyen de la TFPB a augmenté de 0,5 point par an de 2006 à 2018 puis de 0,4 point par an de 2018 à 2024. La suppression de la taxe d’habitation (TH) sur les résidences principales, progressivement à partir de 2018, ne semble donc pas avoir été compensée par une hausse plus forte que par le passé du taux de la TFPB.
Les taxes foncières ont rapporté 44,2 Md€ aux communes et à leurs groupements en 2025, dont 27,0 Md€ payés par les ménages et 17,2 Md€ payés surtout par les entreprises. Le produit des taxes payées par les ménages est passé de 0,55 % du PIB en 1995 à 0,83 % en 2017 et 0,90 % en 2025. Le total des taxes foncières et d’habitation payées par les ménages est passé de 1,23 % du PIB en 1995 à 1,67 % en 2017 pour revenir à 1,0 % en 2025. Il apparaît donc de nouveau que la suppression de la TH sur les résidences principales n’a pas été compensée par l’augmentation de la taxe foncière.
La France est au premier rang de l’Union européenne et au sixième de l’OCDE pour le poids des impôts périodiques sur la propriété immobilière payés par l’ensemble des agents économiques en pourcentage du PIB en 2024 (1,9 % du PIB en France).
Les taxes sur le foncier non bâti sont souvent considérées comme un des impôts les moins dommageables d’un point de vue économique parce que le foncier disponible est fixe et n’est donc pas réduit du fait de sa taxation. Ces taxes pèsent surtout sur les propriétaires fonciers, qui les répercutent peu sur leurs éventuels locataires. Ces bonnes propriétés ne peuvent toutefois pas être attribuées à la taxation du bâti, qui n’est pas fixe, et ces taxes peuvent contribuer à freiner la construction.
Les taxes foncières sont de bons impôts locaux surtout parce que leur assiette est clairement localisable dans une collectivité locale à laquelle leur produit peut être affecté. Elles permettent d’établir un lien entre les impôts et les services publics locaux, mais seulement pour les propriétaires s’agissant de la TFPB. Si elles étaient assises sur la valeur vénale des biens, leur produit augmenterait avec les prix, ce qui permettrait aux collectivités locales de capter une partie des rentes foncières induites par l’amélioration des services publics.
Les taxes foncières sont toutefois assises dans de nombreux pays, comme en France, sur des valeurs administratives obsolètes et leurs bonnes propriétés économiques sont de ce fait fortement limitées.
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(1) pour lire la note complète: