AT-MP : un constat alarmant
La Branche Accidents du Travail – Maladies Professionnelles vient de rendre public son rapport 2024. Les données publiées dressent un constat alarmant : le travail continue de tuer et de blesser massivement.
En 2024, 926 358 sinistres d’origine professionnelle ont été reconnus sur plus d’un million déclarés, parmi lesquels :
- 716 475 accidents du travail, dont 764 mortels ;
- 79 549 maladies professionnelles, dont 215 mortelles ;
- 130 334 accidents de trajet, dont 318 mortels.
Au total, 1 297 décès liés au travail ont été recensés, soit 10 de plus qu’en 2023. Cela signifie que le terrible chiffre de 25 morts par semaine n’a pas évolué à la baisse.
La dynamique est tout aussi préoccupante du côté des arrêts de travail : près de 79 millions de jours d’arrêt ont été indemnisés au titre de ces différents sinistres. Les dépenses de la Branche atteignent ainsi 10,533 milliards d’euros, englobant soins, indemnités journalières et indemnisations des séquelles.
Ces chiffres, déjà dramatiques, ne donnent pourtant qu’une image très partielle de la réalité. La sous-déclaration des accidents du travail et la sous-reconnaissance des maladies professionnelles restent majeures, et de nombreux sinistres échappent encore à la Sécurité sociale. Ces pratiques permettent de réduire artificiellement le coût pour les employeurs et de masquer l’ampleur réelle des risques professionnels. Cette invisibilisation statistique affaiblit la prévention et prive les travailleurs de leurs droits.
Image très partielle de la réalité aussi parce que ces chiffres ne tiennent pas compte ni de la fonction publique ni du monde agricole.
Rappelons enfin que derrière ces données se trouvent des vies bouleversées : des femmes et des hommes durablement atteints dans leur santé, des familles endeuillées, des projets anéantis, des parcours professionnels brisés.
Les victimes doivent trop souvent affronter un chemin administratif long et éprouvant, auquel s’ajoute une indemnisation insuffisante qui accentue encore leur fragilité économique et sociale. Chaque sinistre est une histoire humaine qui ne saurait être réduite à une ligne de tableau.
Ces éléments soulignent l’urgence de renforcer la prévention, de garantir une transparence statistique réelle, d’améliorer la reconnaissance des sinistres et d’assurer aux victimes un accès rapide, simple et équitable à leurs droits.
- Santé au travail parrainé par Groupe Technologia
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Des chiffres alarmants qui appellent une réaction urgente
Accidents du travail : des chiffres alarmants qui appellent une réaction urgente des pouvoirs publics
La FNATH dénonce avec force les données publiées dans le rapport annuel de l’Assurance maladie sur les risques professionnels. Elles révèlent une réalité dramatique : 764 personnes sont mortes en 2024 à la suite d’un accident du travail dans le secteur privé, soit un nouveau record depuis 2018. Cela représente plus de deux décès par jour.
Cette hausse survient alors même que le nombre total d’accidents du travail diminue. Plus de la moitié des décès sont liés à des malaises, et 24 % relèvent d’une origine professionnelle clairement identifiée, notamment des chutes ou des problèmes de manutention. Certains secteurs sont particulièrement touchés, comme l’alimentation, où les décès ont augmenté de plus de 20 % en un an.
Au total, 1 297 décès liés au travail ont été recensés en 2024, dont 318 accidents de trajet et 215 maladies professionnelles. Ces chiffres demeurent sous-estimés, puisqu’ils excluent les salariés agricoles, les fonctionnaires et de nombreux travailleurs indépendants.
La situation des jeunes travailleurs est tout aussi préoccupante : plus de 20 % des décès surviennent dans l’année suivant la prise de poste et, pour les moins de 25 ans, cette proportion atteint plus de la moitié. Comment ne pas y voir un lien avec le manque de prévention au sein des entreprises ?
La FNATH alerte également sur l’augmentation continue des maladies professionnelles : +6,7 % en 2024, avec des hausses particulièrement fortes concernant les troubles musculo-squelettiques (+6,6 %), les affections liées à l’amiante (+8,5 %) et les pathologies psychiques (+9 %). Les maladies psychiques ont même doublé depuis 2020, alors que leur sous-reconnaissance reste massive !
La FNATH réaffirme son engagement : continuer à se battre pour faire diminuer la sinistralité au travail, accompagner toutes les victimes de maladies afin que l’origine professionnelle de leur pathologie soit reconnue, et se tenir à la disposition de toutes les personnes touchées par un accident ou une maladie professionnelle.
Pour la FNATH, il est urgent d’agir afin que plus aucun travailleur ne perde la vie en raison de conditions de travail défaillantes !