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Les comptes de 2025 de l'Etat en comptabilité générale
L’État a trois comptabilités : budgétaire, générale et nationale. Bien moins connue et utilisée que les deux autres, la comptabilité générale est plus proche d’une comptabilité d’entreprise. Elle permet notamment de connaître précisément le patrimoine de l’État et elle est certifiée par la Cour des comptes. Cette note présente le compte de résultat, le bilan et les engagements hors bilan de l’État en comptabilité générale pour 2025.
Les opérations de l’exercice 2025 se soldent en comptabilité générale par un déficit de 129,5 Md€, qui a augmenté par rapport à celui de 2024 (122,4 Md€) alors qu’il a diminué en comptabilité budgétaire et en comptabilité nationale. Les charges nettes ont augmenté de 5,2 %, soit de 2,2 % pour les charges de fonctionnement nettes, de 8,8 % pour les charges d’intervention nettes et de 8,7 % pour les charges financières nettes. Les produits régaliens nets se sont accrus de 5,4 % (4,8 % pour les produits fiscaux).
Le bilan au 31 décembre 2025 est caractérisé par des actifs nets de 1 326 Md€ (en hausse de 19 Md€ par rapport à fin 2024) et un passif de 3 442 Md€ (en hausse de 136 Md€). Les dettes financières s’élèvent à 2 787 Md€, en hausse de 139 Md€. La situation nette s’est dégradée de 116 Md€ en 2025 et elle est fortement négative (- 2 116 Md€ fin 2025).
Une société présentant un tel bilan serait obligée de le déposer au tribunal de commerce, mais l’État dispose d’un actif très particulier et non comptabilisé qui assure en principe sa pérennité : sa capacité à lever l’impôt et à en augmenter le taux. Cette capacité n’est toutefois pas infinie, ce qui rend la dégradation de ce bilan inquiétante pour l’avenir.
L’Insee publie le patrimoine de l’ensemble des administrations publiques et leur situation nette est encore positive, mais l’essentiel de leurs immobilisations se trouvent à l’actif des collectivités locales. Leur autonomie étant garantie par la Constitution, l’Etat ne peut pas compter sur leurs biens pour assurer sa solvabilité.
Les engagements hors bilan de l’État sont hétérogènes et incomplets. Leur addition a donc une signification limitée. Les plus importants, parmi ceux qui sont recensés, sont les engagements au titre de la retraite de ses fonctionnaires civils et des militaires (1 283 Md€ fin 2025, mais ce montant est très dépendant du taux d’actualisation retenu) et au titre de la garantie des dépôts sur les livrets d’épargne réglementés (699 Md€).
Ces comptes sont certifiés par la Cour des comptes sous réserve des incidences de quatre anomalies significatives concernant les matériels militaires, la participation de l’État dans la Caisse des dépôts et consignations, les engagements pris pour garantir la dette de BPI et les engagements pris en faveur de l’Union européenne. La Cour note également une insuffisance d’éléments probants pour une douzaine de postes
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