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31 / 08 / 2026 | 13 vues
Bruno Gasparini / Membre
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La prévention, enfin reconnue ? Les groupes de protection sociale (GPS) à la croisée des chemins

36,9% de nos concitoyens vivent aujourd'hui avec une pathologie chronique. Ils seront 43 % en 2035. Ces pathologies absorbent déjà 62 % des dépenses d'assurance maladie.

 

Derrière ces chiffres, une évidence que le SNFOCOS porte de longue date : un système qui produit « beaucoup de soins et peu de santé » n'est pas soutenable — ni financièrement, ni humainement. Le rapport sénatorial du 24 juin 2026 marque, de ce point de vue, un tournant.

 

Pour la première fois, un texte parlementaire propose de reconnaître les organismes complémentaires — et donc nos groupes de protection sociale (GPS° — comme des opérateurs de prévention à part entière.

 

Cette reconnaissance, les cadres des GPS l'ont construite sur le terrain, dans les branches, dans les entreprises, auprès des assurés. Elle valide leur expertise. Elle ne saurait pourtant nous faire baisser la garde.

 

Car le paradoxe est saisissant.

 

D'une main, l'État nous invite à investir davantage : un fléchage de 2 % des primes vers la prévention, soit environ 750 millions d'euros. De l'autre, il ponctionne un milliard d'euros via la contribution exceptionnelle de 2,05 % et gèle les cotisations pour 2026.

 

On ne bâtit pas une politique de prévention ambitieuse en asphyxiant ceux qui doivent la porter. Et l'on ne demande pas aux salariés des groupes de faire toujours plus quand les moyens, eux, se contractent.

 

Face à cette séquence décisive, notre syndicat  revendique :

 

- Une gouvernance réellement partagée. La coalition de prévention proposée par le Sénat ne doit pas être une chambre d'enregistrement. Les partenaires sociaux et les cadres qui font vivre le paritarisme doivent co-décider des priorités, des moyens et de l'évaluation — pas seulement financer.

- Des garanties éthiques intangibles sur les données de santé. Oui à une prévention ciblée et efficace, non à toute dérive vers la sélection des risques. La solidarité est notre identité ; elle n'est pas négociable.

- Des moyens pour ceux qui feront la prévention. Reconnaître les GPS comme acteurs de santé publique, c'est aussi reconnaître, former et valoriser leurs cadres, qui devront porter ces nouvelles missions sans que leur charge de travail devienne, elle-même, un risque pour leur santé.

 

L'entreprise peut devenir un véritable territoire de santé, et la prévention un champ renouvelé du dialogue social. C'est une chance historique pour le paritarisme — à condition que la reconnaissance annoncée donne un réel pouvoir d'agir, et non de nouvelles obligations sans contreparties.

 

Le  dossier que nous avons constitué (*) vous donne les clés de ce débat.

 

Notre syndicat sera présent à chaque étape des négociations à venir, pour que la prévention de demain soit à la fois efficace, solidaire et respectueuse de celles et ceux qui la mettront en œuvre.

 

(*) Le dossier complet: https://snfocos.org/wp-content/uploads/2026/08/DOSSIER-GPS-VF2-1.pdf

 

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