Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics présentent l’apprentissage comme la réponse privilégiée aux difficultés d’insertion professionnelle. Derrière les chiffres record du nombre d’apprentis se cache pourtant une réalité plus contrastée, marquée par des tensions budgétaires croissantes, des inégalités territoriales et un désengagement progressif de l’État.
Retour sur l'audition du 24 mars de l’intersyndicale devant l’IGAS et l’IGESR dans le cadre d’une mission qui leur a été confiée par les ministres en charge de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et des comptes publics sur l’enseignement supérieur privé lucratif.
Le démantèlement de la voie professionnelle sous statut scolaire des lycées professionnels et « de ce qui fait leur force : « une formation aux métiers couplée au développement d’une citoyenneté́ ancrée dans le XXIe siècle » , se poursuit.
La formation professionnelle continue : victime des politiques d’austérité
A lors que le gouvernement s’attache à présenter la formation professionnelle continue comme le remède miracle aux maux de l’emploi, il ne cesse pourtant de réguler et de détourner le dispositif de son objectif originel, à savoir garantir la promotion professionnelle des actifs.
Chaque année, Malakoff Humanis se fixe comme objectif d’embaucher au moins 15% d’alternants ayant terminé leur cursus au sein du Groupe, sur l’ensemble de leurs recrutements externes.
Dans une nouvelle circulaire publiée le 10 mars dernier, la Première ministre, Élisabeth Borne, incite les employeurs publics à accélérer et renforcer le recrutement d’apprentis sur la période 2023-2026.
Cette hausse fait suite à une augmentation, déjà forte, en 2020 (+44 % par rapport à 2019). Cette dynamique est surtout portée par les apprentis de l’enseignement supérieur, du secteur tertiaire et employés par les entreprises de 10 salariés ou plus (...)