Remise en cause de la rémunération des fonctionnaires en arrêt maladie: Les employeurs territoriaux et hospitaliers font de la résistance
Le Conseil Commun de la Fonction Publique a été reconvoqué à la Suite au vote unanimement défavorable des organisations syndicales sur les 2 des projets de textes proposés lors du Conseil Commun de la Fonction Publique du 11 février 2025, un nouveau CCFP le 19 février...(*)
Les OS présentes ont tenue à continuer d’exprimer très officiellement leur opposition sur ces textes, mis en place par le gouvernement Bayrou dans la continuité des précédents. Car, même si les 3 jours de carence initialement prévus ne seront pas finalement été , la volonté de baisse de rémunération est bien actée dans les textes proposés.
Cette décision, basée sur le postulat mensonger d’un absentéisme trop important dans la Fonction publique par rapport au secteur privé, est à l'évidence injuste et injustifiée, comme l'ont démontré de récentes études évoquées dans ces colonnes ces dernières mois.(https://www.miroirsocial.com/node/72070)
Rappelons que les derniers chiffres connus (2023) indiquent que, tous versants confondus, on comptabilise 12 jours d’arrêt maladie dans la Fonction publique contre 10,3 dans le privé ; la différence donc est loin d’être aussi importante ; elle est même en faveur des fonctionnaires si l’on ne regarde que les chiffres de l’Etat : 8.4 (hors enseignants) et 9,3 pour les enseignants. Il est, de plus, peu pertinent de comparer 2 populations disparates aussi bien dans leur moyenne d’âge, leur seuil de pénibilité et leurs différences de missions.
De son côté FO a tenu à rappeler qu'elle a refusé de signer l’accord « prévoyance » du 23 octobre 2023, estimant qu’il s’agissait d’une remise en cause de l’égalité des droits et garanties pour tous les fonctionnaires et contractuels.
De plus, cet accord, même s’il améliorait le Congé Longue Maladie (CLM), ne faisait pas évoluer le Congé Maladie Ordinaire (CMO) ni le Congé Longue Durée (CLD).
Or, à travers la baisse de 10% de l'indemnisation des arrêts maladie, c’est bien le CMO, congé qui concerne le plus d'agents, qui est aujourd’hui à nouveau attaqué.
A l'occasion de ce Conseil Commun , seul l'Etat employeur a voté pour les textes proposés.... qui se sont traduits ( c'est à noter ) par un votre contre unanime des O.S présentes, des employeurs territoriaux et hospitaliers !
Certes l'avis de cette instance est purement consultatif et ne lie pas l'administration, mais la baisse de l'indemnisation des arrêts maladie suscite d'ores et déjà bien des remous et la contestation semble vive notamment chez les employeurs territoriaux qui mettent avant le principe de libre administration des collectivités territoriales .
Comme Philippe Laurent, porte-parole de la Coordination des employeurs territoriaux (CET) (**) ,a pu l'indiquer à Acteurs Publics ces jours-ci , il n'est pas interdit qu'un certain nombre de collectivités délibère pour maintenir le dispositif actuel et ne pas appliquer à leurs agents la baisse de l'indemnisation des arrêts maladie....à suivre..... car si tel est le cas ce sera à la justice de trancher..?
(*) Pour information: La CFE-CGC, la CGT, la FSU et Solidaires étaient absentes. Etaient présentes pour réaffirmer leur opposition et acter les choses par leur vote : FO, CFDT, UNSA, FA-FPL.
(**) AMF – Départements de France - Régions de France – Intercommunalités de France - France urbaine - Villes de France - APVF - AMRF - CNFPT - FNCDG - Collège employeurs du CSFPT
Dernière heure:
Les deux décrets viennent d'être publiés !
Ils précisent les modalités de mise en oeuvre à compter du 1er Mars 2025...tant sur le traitement indiciaire que sur les volets indemnitaires..
- Décret n° 2025-197 du 27 février 2025 relatif aux règles de rémunération de certains agents publics placés en congé de maladie ordinaire ou en congé de maladie.
Ce décret a pour objet d’établir à 90 % le taux de remplacement du traitement pour les périodes de congé de maladie ordinaire pour lesquelles le traitement était maintenu intégralement avant la publication de ce texte.
- Décret no 2025-198 du 27 février 2025 relatif à la rémunération maintenue en congé de maladie pour certains agents publics.
Ce décret a pour objet principal d’établir à 90 % le taux de remplacement du traitement ou d’autres éléments de rémunération pour les périodes de congé de maladie ordinaire pour lesquelles ce traitement ou ces autres éléments de rémunération étaient maintenus intégralement avant la publication de ce texte.
Il rend également applicables, au bénéfice d’agents contractuels enseignants relevant des ministères chargés de l’éducation nationale et de l’agriculture, les articles 2 et 12 à 18 du décret no 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l’État (congés pour raisons de santé).
Qu'en est-il sur les volets indemnitaires?
La baisse à 90 % de l'indemnisation des fonctionnaires ne concernera pas seulement le traitement indiciaire.
Si la réforme n’a aucune incidence sur le supplément familial de traitement (SFT) ou l’indemnité de résidence (IR) qui seront maintenus dans leur totalité en cas d’arrêt maladie de courte durée, le taux de 90% s'appliquera bien à la nouvelle bonification indiciaire (NBI) ainsi qu’au complément de traitement indiciaire (CTI) .
Les régimes indemnitaires de la fonction publique suivront également le sort du traitement indiciaire en cas d’arrêt maladie. Ainsi, l’indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise (IFSE), l’indemnité compensatrice de la hausse de la CSG seront également réduites dans les mêmes proportions.
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Arrêts maladie: une stigmatisation inacceptable
Indemnisation des arrêts maladie Une stigmatisation inacceptable !
Après l'article 189 de la loi de finances 2025 qui indiquait :
L'article L. 822-3 du code général de la fonction publique est ainsi modifié : « Au 1°, les mots : « l'intégralité » sont remplacés par le taux : 90 % » et le décret n° 2025-197 du 27 février 2025 relatif aux règles de rémunération de certains agents publics placés en congé de maladie ordinaire ou en congé de maladie, les fonctionnaires et agents publics perdent 10 % de leur rémunération en cas de congé pour maladie ordinaire.
De fait, les congés longue maladie et longue durée ne sont pas concernés par cet abattement.
Si la loi de finances dans son article 189 parle de réduire à 90 % le traitement indiciaire, il s'avère que c'est bien l'ensemble de la rémunération traitement et primes qui est impacté par une réduction de 10 %.
En effet, l'article 1 du décret n° 2010-997 du 26 août 2010 relatif au régime de maintien des primes et indemnités des agents publics de l'État et des magistrats de l'ordre judiciaire dans certaines situations de congés indique que les primes sont maintenues dans les mêmes proportions que le traitement.
La NBI, nouvelle bonification indiciaire est également réduite de 10 %.
Seuls, le supplément familial de traitement et l'indemnité de résidence continuent d'être versés à hauteur de 100 %.
Pour la FGF-FO, cette baisse de 10 % de rémunération en cas de congé pour maladie ordinaire ne luttera en rien contre le soi-disant absentéisme plus élevé dans la fonction publique que dans le secteur privé. Ces chiffres sur l'absentéisme ont servi de prétexte à l'éphémère ministre de la Fonction publique G. KASBARIAN, mais ont été vite contredits par le rapport annuel de la DGAFP dès novembre 2024.
En réalité, le nombre de jours d'arrêt maladie en 2023 dans le privé est 10,3 par salarié contre 8,9 jours dans la fonction publique de l'État.
Si on prend l'ensemble de la fonction publique (État, territoriale et hospitalière), c'est 12 jours par an.
Il est donc évident que cette mesure du Gouvernement BAYROU n'est qu'une énième mesure budgétaire pour accroître une politique d'austérité de plus en plus agressive avec le gel du point d'indice, la smicardisation des grilles indiciaires et la suppression de la GIPA.
Cette nouvelle mesure est à nouveau une décision politique de considérer les agents de la fonction publique comme simple variable d’ajustement budgétaire. Celle-ci va continuer à réduire le pouvoir d’achat des agents de la fonction publique, participer à la détérioration de leurs conditions de vie et continuer à les paupériser.
A la suite de l'allocution du président de la République, la FGF-FO s'inscrit dans la déclaration suivante de notre confédération : « FO ne veut participer ni à l'instrumentalisation ni à l'intégration des organisations syndicales de salariés dans une économie de guerre synonyme de renoncement et d'abandon des revendications des travailleurs ».
C'est pourquoi, la FGF-FO n'acceptera jamais que les services publics et les agents soient les premières
victimes d’une politique qui se retournera immanquablement contre les travailleurs.