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29 / 01 / 2026 | 10 vues
Eric Peres / Abonné
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Infrastructures et changement climatique: Les alertes et recommandations du CESE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse un panorama complet de la vulnérabilité des infrastructures françaises face au changement climatique et des leviers d’adaptation à mobiliser. Routes, ponts, réseaux ferroviaires, fluviaux, portuaires, énergétiques et d’eau sont concernés par des aléas de plus en plus fréquents et intenses, dans un contexte de sous-investissement ancien et de « dette grise » d’entretien.

 

Un patrimoine exposé à des aléas climatiques croissants

 

Le CESE rappelle que les infrastructures structurent l’activité économique et l’accès aux services essentiels, mais qu’elles sont déjà affectées par les vagues de chaleur, les inondations liées aux précipitations extrêmes, les mouvements de terrain, le retrait-gonflement des argiles ou encore la submersion marine. Ces phénomènes entraînent des dégradations accélérées et des coûts économiques, sociaux et environnementaux élevés. 

 

Cette vulnérabilité est renforcée par un déficit d’entretien accumulé sur plusieurs décennies. Ponts, réseaux routiers, ferroviaires, voies navigables ou réseaux d’eau présentent des fragilités structurelles qui, combinées au réchauffement, augmentent les risques de ruptures de service et de sinistralité. Le CESE insiste sur la nécessité de mieux connaître l’état du patrimoine, d’en cartographier l’exposition et de prioriser les actions selon une approche systémique et territorialisée. 

 

Adapter, financer, organiser : une stratégie en cinq axes

 

L’avis s’appuie sur la trajectoire de référence d’un réchauffement de +4 °C en France à l’horizon 2100 (TRACC) et sur le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). Il souligne toutefois que les moyens financiers et la gouvernance restent insuffisants au regard des besoins. Selon des estimations citées, les investissements additionnels pour l’adaptation des infrastructures se situent entre 1,5 et 2 Md€ par an, voire autour de 4,5 Md€ par an sur la période 2021-2050. 

 

Le CESE formule des préconisations structurées autour de cinq axes : meilleure connaissance des risques, gouvernance nationale et territoriale renforcée, politique d’investissement intégrant la résorption de la « dette grise », sécurisation des financements (programmation pluriannuelle, mobilisation de l’épargne, outils européens) et adaptation du système assurantiel. L’enjeu est d’intégrer l’anticipation climatique dès la conception et la gestion des ouvrages, de développer des solutions « sans regret » et fondées sur la nature, et de soutenir l’évolution des compétences dans les secteurs concernés, où l’adaptation est également identifiée comme un gisement d’emplois et de qualifications.

 

L’étude ici : urlr.me/E4YypB 

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