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08 / 04 / 2026 | 10 vues
Mireille Herriberry / Membre
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Secteur bancaire : l’IA accélère les suppressions d’emplois

Notre organisation syndicale exige des mesures sociales à la hauteur des profits


Les transformations en cours dans le secteur bancaire – automatisation, digitalisation et déploiement massif de l’intelligence artificielle – ont des conséquences directes sur l’emploi et les conditions de travail.


Ces derniers mois, les vagues de suppressions de postes se multiplient. L’intelligence artificielle permet désormais d’automatiser des fonctions entières, notamment dans les tâches administratives, la relation client ou encore l’analyse des opérations. En France comme en Europe, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui sont menacés à court et moyen terme.

 


Dans le même temps, les établissements bancaires enregistrent des niveaux de profits historiquement élevés. Ce contraste entre gains de productivité et destructions d’emplois est inacceptable.

 

Notre organisation syndicale alerte depuis plusieurs années sur la nécessité d’ouvrir une véritable négociation de branche sur l’impact de l’intelligence artificielle et des transformations numériques sur l’emploi.


À de multiples reprises, notre organisation a demandé l’ouverture d’un cadre de discussion permettant :

 

 

  • D’anticiper les évolutions des métiers,
  • D’évaluer les impacts réels sur les effectifs,
  • Et de négocier des mesures concrètes de protection et d’accompagnement des salariés.


Ces demandes sont restées sans réponse.

 

Le refus persistant de la profession d’aborder ce sujet pourtant central est inacceptable . Ce blocage empêche toute anticipation et conduit à une gestion brutale des transformations, au détriment des salariés.

 

Nos revendications :

 

 

  • L’ouverture immédiate de négociations de branche sur l’emploi et l’impact de l’IA
  • Un moratoire sur les suppressions de postes tant que ces négociations ne sont pas abouties
  • La mise en place de dispositifs ambitieux de formation et de reconversion pour tous les salariés concernés
  • Le maintien d’un réseau d’agences garantissant l’accès aux services bancaires pour tous

 


Pourquoi ne pas remettre en œuvre des dispositifs de départs anticipés volontaires, financés par les banques, qui en ont aujourd’hui pleinement la capacité ?


Ces mesures ont déjà existé. Dans les années 1990, lors des précédentes vagues de restructuration liées à l’informatisation du secteur bancaire, des dispositifs de préretraite et de cessation anticipée d’activité avaient été mis en place pour accompagner les salariés. Il est donc parfaitement possible d’agir autrement que par des suppressions de postes brutales.


Encore faut-il accepter d’en discuter. Notre fédération  dénonce le refus persistant de la profession d’ouvrir ce débat, préférant éviter le sujet plutôt que d’assumer ses responsabilités sociales.


Aujourd’hui, alors que les banques engrangent des milliards d’euros de bénéfices, il est inacceptable que l’ajustement repose uniquement sur les salariés.

 

Il convient de rappeler que le progrès technologique ne peut se faire au détriment de l’emploi et des droits sociaux.


Le secteur bancaire doit assumer ses responsabilités sociales, à la hauteur de ses moyens. C'est pourquoi  nous appelons  l’ensemble des acteurs – directions, pouvoirs publics et organisations syndicales – à ouvrir sans délai un cycle de négociations pour construire
un cadre social protecteur face aux mutations en cours.
 

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