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08 / 09 / 2026 | 4 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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« Privilégier la finalité plutôt que l’institution. » - Serge Brichet, Président de la Mutualité Fonction Publique (MFP):

Serge Brichet, Président de la Mutualité Fonction Publique (MFP) a bien voulu faire le point sur les évolutions qui vont marquer l'organisation et a répondu à mes questions...



Vous avez tenu, il y a quelques semaines, l’Assemblée générale  de la MFP. Elle s’est déroulée dans un contexte particulier au regard des profondes évolutions qui se dessinent. Qu’en retenez-vous ?

 

L’histoire du mouvement mutualiste est une histoire de changements ! La MFP n’échappe pas à la règle et, dès ma prise de fonction en 2014, je savais, au regard d’un contexte prégnant, que notre Fédération serait confrontée à de grands bouleversements induits, notamment, par la réforme de la protection sociale complémentaire des agents publics et la recomposition du paysage mutualiste.

 

En décidant de se rapprocher de la Mutualité Française et de faire perdurer l’activité conventionnement hospitalier dans une structure adaptée, la MFP a « joué » la carte du« bon sens », propre à garantir le renforcement du mouvement, la pérennité des missions et des valeurs.

 

Les décisions prises lors de notre Assemblée générale le 24 juin dernier illustrent cette démarche qui devra être confirmée à l’occasion d’une seconde AG, le 25 septembre prochain. De son coté, parallélisme des formes oblige, la FNMF prend des décisions similaires.

 

Comment tout cela se concrétisera ?
 

Au 1er octobre prochain, la MFP transférera son activité« influence », ainsi que les équipes dédiées, à la FNMF. Cette dernière portera désormais, au nom de toutes les mutuelles concernées, le dossier PSC, dont nous savons bien qu’il demeure particulièrement sensible encore pour les versants territorial et hospitalier et mérite aussi toute notre attention pour la FPE, même si les choses sont actées.

 

Je dois souligner que depuis plusieurs mois déjà le dossier PSC a été géré conjointement par les deux fédérations dans le cadre d’une coopération renforcée. L’évolution à venir ne fera que concrétiser le travail en commun et optimiser l’interlocution auprès des pouvoirs publics, sous l’impulsion experte du président de la FNMF.

 

En parallèle à ce transfert d’activité, la MFP mettra à profit le dernier quadrimestre de l’année pour préparer sa transformation en UGM, en vue de poursuivre l’activité conventionnement. L’ambition est de continuer à faire vivre un dispositif acceptable par les parties prenantes (adhérents/ mutuelles/ établissements hospitaliers) concernant la prise en charge des dépenses en matière d’hospitalisation et les services rendus.

 

Dans ce domaine, la MFP dispose d’un savoir-faire et d’une expertise, confortés par l’engagement des militants en territoire, tout en sachant qu’une profonde réflexion devra rapidement s’opérer quant au contenu des accords conventionnels, afin de prendre en compte les évolutions liées à ce secteur de la santé.

 

Dans quel état d’esprit les mutuelles adhérentes abordent elles ces évolutions ?

 

Ces changements majeurs sont en gestation depuis plusieurs années et n’ont pu être engagés qu’avec l’aval des mutuelles de la MFP. Elles ont, au fil des mois, participé à l’élaboration des solutions retenues et la force du vote en AG confirme cette appropriation collective.

 

Bien que responsables et nécessaires, ces décisions marquent néanmoins un virage réel dans la représentation des mutuelles de fonctionnaires. Comme je l’indiquais précédemment, elle sera désormais assurée par la FNMF, via, notamment, un « Cercle des mutuelles protégeant les agents publics »où seront traitées toutes les questions liées à la protection sociale de ces derniers. Il est à noter que toutes les mutuelles y seront présentes alors que jusqu’à présent elles se répartissaient, au gré de l’histoire, entre MFP et Mutualité Française. Une unification gage d’efficience à n’en pas douter !

 

 La MFP entretenait une relation constante avec les Fédérations Syndicales de la Fonction publique. Qu’en sera-t-il de cette démarche ?

 

Je pourrai vous dire que la question ne se pose même pas tant la réponse est évidente. Cette relation doit perdurer. Elle est essentielle pour assurer la meilleure dynamique possible dans l’interlocution avec les pouvoirs publics. Je veux à cette occasion souligner le travail réalisé durant toutes ces années avec ces Fédérations et la qualité des relations entretenues, dans le respect des champs de compétence respectifs. Le président de la FNMF est très largement convaincu de la pertinence de cette relation et l’expertise qui sera apportée sur ces sujets par les équipes MFP, qui seront transférées, doit être jugée comme un vrai plus. 

 

A ce propos, quel avenir pour l’ensemble des salariés de la MFP ?

 

vant toute chose, je veux saluer leur attitude dans une période où plein de questions sur leur avenir pouvaient se poser. Ils ont assumé avec professionnalisme et conviction leurs missions. Cela étant dit, la question sociale liée à ces évolutions a immédiatement été placée comme une priorité.

 

Même si plusieurs cas de figure existent, l’ambition est d’assurer un avenir professionnel à chacune et chacun de la vingtaine de salariés MFP. Le transfert de l’activité influence et la poursuite de la mission conventionnement emportent la reprise des salariés concernés par ces activités. Pour les autres, des engagements ont été pris notamment par MGEN et la MNT, qui présideront demain aux destinées de l’UGM MFP. Au 31/12/2026 au plus tard tous ces changements seront effectifs.

 

Au moment où, en lien avec ces évolutions, vous allez prochainement cesser vos fonctions de président de la MFP que ressentez-vous ?

 

J’ai toujours essayé de rester sur une double logique : garder du sens et placer la finalité au-dessus de l’institution.

 

Accompagné d’un collectif d’élus et de militants impliqués, j’ai le sentiment que l’on a œuvré au mieux pour la défense de la protection sociale des agents publics que je ne limite pas au seul dossier « PSC » mais dans laquelle j’englobe, évidemment, toutes les missions portées par la MFP à savoir, au-delà de l’influence, l’accompagnement social et le conventionnement.

 

En appui de ce collectif, j’associe l’ensemble des collaborateurs chargés de ces missions, y compris ceux des fonctions supports essentiels dans l’organisation.

 

Je n’aurai pas la prétention de croire que nous avons tout réussi mais j’ai la conviction que nous avons fait progresser le regard porté sur les agents publics, via la défense de leur protection sociale, en les identifiant comme des êtres indispensables à la défense de l’intérêt général. Notre slogan « la santé des agents publics, c’est la santé des services publics » évoque cette démarche.

 

Les sujets de la MFP seront demain portés ailleurs et autrement. A ma place, mon rôle aura été de contribuer à préparer et rendre possible ces évolutions et, en cela, ce fut un mandat plein et passionnant.

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