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24 / 04 / 2026 | 18 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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L'ESS perd plus de 10 000 emplois en 2025

C'est ce qui ressort, entre autres, de la dernière note de conjoncture  sur l'emploi  publiée ces jours-ci  par l’Observatoire national de l’ESS (1)

 

Sur un an, à fin décembre 2025 , on note  un solde net  de  - 10 447 emplois, ce qui  marque un tournant préoccupant pour les effectifs de l’ESS.

 

Alors que le secteur n’avait plus connu de pertes nettes d’emplois depuis le cœur de la pandémie en 2020, la tendance s’est inversée : en effet, au recul de - 0,15 % enregistré au troisième trimestre a succédé une baisse plus marquée de - 0,46 % en fin d’année, prolongeant et aggravant le ralentissement déjà amorcé.

 

Au regard de la diversité des situations que retenir?

 

- L’érosion du parc d’établissements de l’ESS se poursuit avec un recul de - 0,19 %.

Cette tendance est particulièrement marquée chez les coopératives (- 1,68 %) et les mutuelles (- 1,52 %). À contre-courant, les fondations confirment leur solide dynamique : leur mouvement de création, ininterrompu depuis 2014, se maintient avec une hausse de + 3,09 % au quatrième trimestre 2025. 

 

- Le recul de l’emploi associatif s’accentue en fin d’année 2025, marqué par une baisse de - 0,68 % au quatrième trimestre.

Ce repli est porté par des pertes massives dans les services d’information, qui voient leurs effectifs fondre de plus d’un tiers (- 37,4 %), ainsi que dans la mise à disposition de ressources humaines.

Quelques secteurs font exception, comme les activités juridiques ou d’assurance, mais leur apport reste insuffisant pour inverser la tendance globale.


Le constat est tout aussi préoccupant pour les mutuelles, dont la chute s’accélère à - 1,95 % au 4ème trimestre , frappant directement leur cœur de métier.


Le secteur coopératif présente une situation plus nuancée : le recul dans la finance est partiellement
compensé par de légers gains dans la construction et l’ingénierie.


Seules les fondations parviennent à maintenir le cap avec une croissance dépassant les 2,5 % au second semestre. Cependant, même pour ce pilier de l’ESS, l’heure est à la décélération, confirmant un essoufflement généralisé de ce mode d’entreprendre.

 

Pour Benoit Hamon, Président d'ESS France :

"Cette note de conjoncture confirme, hélas, les signaux d’alerte que nous relayons depuis plusieurs mois : le retournement de tendance amorcé en début d’année est désormais acté.  L’ESS, traditionnellement résiliente face aux crises, a détruit des emplois au cours du second semestre 2025. Les perspectives ne sont guère plus encourageantes : le monde mutualiste anticipe une année 2026 plus difficile encore, tandis que le secteur associatif subit de plein fouet l’incertitude des finances publiques. Derrière le recul de l’emploi dans la culture, l’action sociale ou l’aide à domicile, se profile un risque majeur de disparition de services essentiels.  Si le monde lucratif grignote des parts de marché dans l’enseignement, ailleurs, c’est bien la présence territoriale et la qualité de l’accompagnement qui vacillent.  Au-delà des statistiques, c’est la cohésion sociale qui est fragilisée. Plus que jamais, la mobilisation est une nécessité pour préserver ce précieux rempart de solidarité. »

 

(1) pour Télécharger la publication

 

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