Organisations
La sobriété en santé : vers une stratégie européenne de discernement
Entre l’hypermédicalisation américaine et la santé instrumentalisée comme puissance en Chine, l’Europe peut-elle inventer une troisième voie ? Florent Parmentier, Secrétaire général du CEVIPOF dans une récente note pour le CRAPS (le Cercle de Recherche et d'Analyse sur la Protection Sociale) livre ses réflexions ...
Pour lui: "Osons un paradoxe : la sobriété, loin d’être un euphémisme pour l’austérité, pourrait devenir le fondement d’une nouvelle géopolitique sanitaire européenne, capable de conjuguer autonomie, soutenabilité et rayonnement international."
Dans le contexte géopolitique actuel, au-delà de l’éthique individuelle, la sobriété en santé devient un enjeu crucial de la compétition des modèles de société../..
../..Face à l’inflation des besoins contemporains, à la multiplication des actes médicaux et à l’escalade technologique, la sobriété redevient une question de discernement collectif..../..
.../.. Une stratégie de sobriété — entendue comme pertinence des actes, renforcement de la prévention et rationalisation des parcours de soins — ne constitue pas un renoncement, mais un investissement dans l’autonomie stratégique.
En réduisant les besoins superflus, en privilégiant les soins de premier recours et en développant une industrie pharmaceutique européenne axée sur les besoins essentiels, l’Europe peut faire de la sobriété un outil de souveraineté sanitaire..../..
Tiraillée entre l’attrait de l’innovation et la contrainte budgétaire, l'Europe risque de perdre son identité. Pourtant, elle dispose d’un atout majeur : une culture politique qui valorise l’équité, la solidarité et l’accès universel aux soins. En faisant de la sobriété non pas une résignation mais une ambition, l’Europe pourrait tracer une voie originale, articulant efficacité clinique, justice sociale et contraintes liées à l’Anthropocène..../...
- Protection sociale parrainé par MNH
- Relations sociales
Afficher les commentaires
La sobriété de notre système de santé n’est pas une utopie
Réflexions pour le Craps de Etienne Tichit, Directeur général de Novo Nordisk et Président de la FEFIS (la Fédération Française des Industries de Santé)...
En tant qu’entreprise de santé qui développe, produit et commercialise des médicaments innovants destinés à la prise en charge dans la durée des maladies chroniques, Novo Nordisk s’est très tôt senti concerné par l’impératif de sobriété et de décarbonation. Pour cause, selon le Shift Project, le système de santé français représente plus de 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, parmi lesquelles 50 % sont attribuables aux produits de santé, quand la demande en soins est croissante, avec une augmentation de la prévalence des maladies chroniques.
Si les dernières années ont montré un élan positif en faveur de la décarbonation du système de santé – de nombreux projets d’investissement ont vu le jour et de nombreuses entreprises ont pris des engagements – force est aujourd’hui de constater que le contexte géopolitique, couplé à l’instabilité politique française, pourraient perturber une dynamique forte.
Le constat est pourtant bien clair : il est impératif d’agir pour la sauvegarde de notre planète, des écosystèmes et des espèces. Tous les leviers doivent ici être activés, et c’est dans cette démarche que Novo Nordisk s’est positionné comme un pionnier industriel de la décarbonation du système de santé depuis plus d’une dizaine d’années. Chacune des étapes du cycle de vie de ses produits de santé a ainsi été repensée : une R&D plus verte, une production plus verte, des usages plus verts et une gestion de la fin de vie du produit plus verte. À titre d’exemple, Novo Nordisk a lancé la première solution de collecte et de recyclage des stylos injecteurs préremplis en France en 2022. Le comptage des émissions carbone est aussi clé pour accélérer la décarbonation du secteur ; le groupe Novo Nordisk a ainsi été l’un des premiers à publier ses analyses de cycle de vie pour chacun de ses médicaments en 2024.
Le défi est immense avec les besoins en traitements innovants, comme les nôtres, présentés sous forme injectable et conservés au frais, pour accompagner au quotidien les personnes touchées par le diabète, l’obésité, les troubles de la croissance et de l’hémostase. Déjà, chaque année, ce sont plus de 600 millions de stylos – soit 12 000 tonnes de plastique – qui sont distribués partout dans le monde. Demain, nous envisageons de pratiquement doubler nos capacités et de mettre l’accent sur des formulations à conservation à température ambiante et des formes galéniques sèches, telles que des comprimés..../...
Lire la suite: https://www.thinktankcraps.fr/la-sobrete-de-notre-systeme-n-est-pas-une-utopie/