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26 / 10 / 2026 | 13 vues
Valentin Rodriguez / Abonné
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Industrie: le constat partagé d'un déclin choisi et la volonté de l'inverser

Syndicalistes, dirigeants d’entreprise, experts, élus et représentant de l’État se sont retrouvés le 8 octobre, à l’invitation de FO, pour une journée consacrée à l’industrie.  Un constat s’est largement imposé : la désindustrialisation française n’a rien d’une fatalité. Elle procède d’une longue succession de choix, d’absences de décision et de renoncements.


Déclin subi ou choisi ? La question a traversé toutes les tables rondes : la France a-t-elle perdu son industrie malgré elle, ou l’a-t-elle abandonnée ? Pour plusieurs intervenants, le choix et le renoncement sont les deux faces d’une même logique.


Les participants ont aussi partagé une conviction optimiste : les solutions existent, à condition de les inscrire dans la durée et de les construire avec tous les acteurs du territoire.

 

Retour sur cette journée en détail dans notre dernière publication...

 

Lire le journal

 

UN MANIFESTE POUR UNE RENAISSANCE INDUSTRIELLE


Olivier Lluansi, professeur au CNAM, ancien conseiller à l’Elysée sur l’Industrie, est venu présenter le fruit d’un travail de réflexion mené par un collectif de syndicalistes, de chefs d’entreprise, d’économistes et d’élus locaux autour de la réindustrialisation en France.

 

Leur ambition ? Faire de la réindustrialisation une question centrale à l’occasion de la présidentielle 2027 et, au-delà, proposer des pistes pour en faire une réalité.


Du choix de la désindustrialisation après le premier choc pétrolier aux Etats Généraux de l’Industrie en 2009, que le chemin de la prise de conscience aura été long !

 

Combien d’années supplémentaires faudra-t-il avant de passer réellement à l’action ?

 

Avec son manifeste pour une renaissance industrielle, Olivier Lluansi espère bien en réduire le nombre. Car malgré le léger rebond post Covid, tout reste à faire.

Pour l’expert, les causes du mal sont multiples, d’une pensée économique trop étriquée à un centralisme qui cannibalise tout, sans oublier une absence de vision et de connaissance de l’industrie de la part des cénacles politiques.

Rappelant que le potentiel d’industrialisation réside davantage dans le développement de l’existant que dans la création pure de sites, il a défendu la nécessité d’un appareil productif en France pour « garantir notre souveraineté, pour renforcer notre cohésion sociale, car l’industrie crée des emplois à haute valeur ajoutée dans les territoires, sans oublier que cela conditionne aussi la maîtrise de notre transition environnementale, qui restera sinon entre les mains de la Chine ».

 

Que propose le manifeste pour changer la donne ?

 

Remettre l’industrie au service d’un projet de société par un acte politique en neuf propositions, répond Olivier Lluansi.

Qu’il s’agisse de donner une dimension plus patriotique à la commande publique ou de flécher davantage l’épargne des Français vers l’industrie, tout est réalisable, à condition de le vouloir.

 

Pas d’illusions à se faire cependant, « il faudra du temps pour effacer les effets de 40 années de destruction de l’industrie ».

 

Pour commencer, il faudrait s’attaquer à la concurrence déloyale de la Chine, « qui subventionne son industrie huit fois plus que l’Europe la sienne, car il ne peut y avoir de libre-échange dans de telles conditions ».

 

L’expert a conclu en rappelant que l’industrie avait été le creuset de notre pacte social, en voie d’essoufflement.

« Avec notre manifeste, nous proposons un pari : celui du dialogue social industriel pour favoriser les projets collectifs comme cadre de réinvention de ce pacte », a-t-il lancé, pour résumer l’ambition de l’initiative

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