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27 / 02 / 2026 | 17 vues
Christine Fourage / Abonné
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Vol de photos à l'ENSBA : les modèles vivants protestent

Juin 2025, fin de saison à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris (ENSBA), établissement placé sous la tutelle du Ministère de la Culture, la NABA (Nouvelle Académie des Beaux-Arts) qui s’apprête à clore son cycle annuel de cours dédiés à un public d’amateurs quand des modèles de l’école découvrent qu’ils ont été photographiés à leur insu pendant les séances.

 

La prise de vue est strictement interdite lors des cours de modèle vivant, eton comprend immédiatement les risques encourus, dès lors que cette interdiction se trouve violée : usurpation d’identité, utilisation et diffusion de photos et/ou vidéos de nus sur internet, voire détournement vers des sites pornographiques.
 

Dans l’exercice de leur profession, les modèles vivants qui posent nus, se trouvent surexposés et particulièrement vulnérables, et comme tout employeur, l’ENSBA doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs, qui s’étend, selon les articles L4121-1 et suivants du Code du travail, à la protection de la dignité, la prévention des atteintes psychologiques ou sexuelles et engeger une action immédiate face à une atteinte dans ces domaines. En outre, la captation et la conservation d’images intimes sans accord des parties peuvent relever du harcèlement sexuel ou de l’atteinte à l’intimité de la vie privée (Code pénal, art. 226-1 et suivants), dans ce cas, l’infraction relève alors du droit pénal.
 

Suite à cet incident, les modèles concernés, s’appuyant notamment sur l’article 9 du Code civil relatif au respect de la vie privée, sont plusieurs à déposer plainte au commissariat de Paris pour « voyeurisme aggravé », violation de droit d’image et exposition des parties intimes d’une personne nue. Ils ignorent toujours ce sont devenues ces photos/vidéos.
 

Quelle a été la réaction de l’ENSBA à l’égard de ces photos volées ?
 

À ce jour, l’auteur-e de ces vols d’images et de vidéos semble ne plus être inscrit-e à l’ENSBA, pour autant, les modèles font face au silence et à l’inaction de l’employeur, qui s’était engagé au mois de juillet 2025 à les informer des suites données à cette affaire.
 

  • Il a l’obligation de réagir pour protéger ses salariés. L’a-t-il fait ?
  • Il a l’obligation de constater les faits, en recueillant des témoignages, en vérifiant si les photos existent toujours, en demandant leur suppression expresse. L’a-t-il fait ?
  • Il devrait saisir le procureur. L’a-t-il fait ?
  • Il a le devoir moral d’accompagner les victimes dans leur plainte et de leur proposer un accompagnement (médecine du travail, soutien psychologique). L’a-t-il fait ?
     

Cette affaire avilissante entache la réputation de l’École des Beaux-arts de Paris, dont la responsabilité est engagée, puisque les modèles n’ont pas été protégés dans le cadre de leur travail, c’est pourquoi le SNPEFP-CGT, premier syndicat des modèles vivants, lui demande d’être tenu informer des suites de son enquête et de son action judiciaire.
 

Pour tout contact : secretariat.modeles@efp-cgt.org
Camille Brighton
Pour le Collectif des modèles vivants du SNPEFP-CGT

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