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27 / 03 / 2026 | 30 vues
Jean-Philippe Milesy / Membre
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Start-Up et philanthropie moderne

L’entrée fracassante de Kilian M’Bappé chez Alan, en image et en capital, me parait un moment important pour notre bataille pour une protection sociale, réellement sociale, démocratique et non-lucrative.



J’ai, dans de précédentes chroniques, alerté sur Alan, ce nouvel arrivant sur le marché des complémentaires. Le choix de celui-ci pour la PSC (protection sociale complémentaire) du ministère des Finance a été dénoncé par tous les syndicats, fort imprudents en la matière. Certains ont exercé des recours, rejetés comme il fallait s’y attendre : les OS avait signé cet accord, sans visiblement en considérer toutes les conséquences !


Aujourd’hui les OS sont plus prudentes s’agissant des fonctions publiques territoriale et hospitalière.

 

Alan a été créé pour cette nouvelle étape de la marchandisation de la protection sociale.

 

Il utilise les ressorts des start-up et comme tel il jouit d’une capitalisation boursière sans rapport avec ses résultats ; cinq ans après sa création Alan n’a connu que des pertes même si le choix du MINEFI lui ouvre quelques perspectives. Cerise sur le gâteau les services du premier ministre se sont donnés à Alan itou.
Aujourd’hui Kilian M’Bappé— dont il ne s'agit pas de contester, outre ses talents de footballeur et d’homme d’affaire, la sensibilité sociale— entre dans Alan pour « fournir une contribution active à l’expérience aux membres à travers les contenus et formats conçus pour inscrire la prévention dans la durée ».

 

Cela pourrait paraître farce si cela ne s’inscrivait pas profondément dans une marchandisation qui veut de l’image et des stars aux engagements philanthropiques.

 

Cette philanthropie « moderne », comme le soulignent les travaux de Jean-Louis Laville ( professeur du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris , où il est titulaire de la Chaire « Économie Solidaire »)  est aux antipodes de la solidarité, de la démocratie et de la non-lucrativité qui sont les principes fondateurs de la protection sociales dont les besoins se font chaque jour sentir plus pressants.



Dans les années 80 du siècle dernier, sûrs de leur puissance d’alors, des dirigeants mutualistes ont accepté à la fois les directives européennes Assurances et l’ouverture d’un marché des complémentaires et en ont loyalement joué le jeu malgré des règles biaisées.


Aujourd’hui la logique s’emballe.


Les mutuelles comme les IP se voient taxées et contraintes malgré leurs engagements solidaires et leur non-lucrativité.


Dans le même temps, elles sont en butte aux attaques des thuriféraires d’une Sécu à laquelle nous sommes bien évidemment attachés, mais qui est aujourd’hui étatisée et loin de l’idéal défini par Ambroise Croizat en 1946 quand il apporte des compléments révolutionnaires à l’ordonnance de 1945.

 

Dans ces conditions, Kilian M’Bappé risque bien de marquer contre son camps, celui qui semble pourtant être celui de son association « Inspired by KM ».
 

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