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03 / 11 / 2026 | 12 vues
CGT Macif UES SAM / Membre
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Macif : pourquoi réduire les moyens syndicaux au moment où les métiers vont être profondément transformés ?

Depuis plusieurs mois, les négociations s’enchaînent à la Macif à un rythme rarement vu.


D’abord la dénonciation par la Direction des accords qui encadrent les moyens syndicaux et le fonctionnement des CSE. Puis une négociation sur la valorisation des parcours syndicaux. Et maintenant un accord consacré à l’intelligence artificielle et à l’accompagnement des transformations pour la période 2027-2030.


Pris séparément, chacun de ces sujets est important. Mais à force de les négocier les uns après les autres, une question finit forcément par se poser : pourquoi tout cela maintenant ?


Des moyens syndicaux fortement réduits

Sur le droit syndical, les choses sont désormais claires.


La Direction a fait le choix de réduire fortement les moyens existants. Sur Macif SAM, les représentants de proximité passeraient notamment de 330 à 104. Les commissions métiers disparaîtraient, tout comme les animateurs syndicaux. Plusieurs moyens collectifs seraient fortement réduits ou supprimés sous leur forme actuelle.


La Direction met en avant le fait que la Macif resterait au-dessus du Code du travail et de la moyenne du secteur.Ce n’est pas notre façon de regarder les choses. Pour savoir si les salariés gagnent ou perdent des droits, il faut comparer la situation de demain avec celle qu’ils connaissent aujourd’hui, pas avec le minimum prévu par la loi. Et cette comparaison est sans appel : les moyens permettant d’aller sur le terrain, de rencontrer les salariés, de faire remonter leurs difficultés et de les défendre vont fortement diminuer. C’est un choix de la Direction. Nous le contestons.

Et que deviennent les permanents ?

Cette réduction aura aussi des conséquences très concrètes pour des militants syndicaux. Certains exercent leurs mandats à temps plein depuis plusieurs années. La diminution des moyens pourrait conduire une partie d’entre eux à devoir reprendre une activité professionnelle dès la prochaine mandature.


Cela donne une importance particulière à une autre négociation actuellement en cours : celle sur la valorisation du parcours syndical.


La Direction propose de reconnaître les compétences acquises pendant les mandats : négociation, droit du travail, prévention des risques professionnels, communication, organisation, gestion de situations conflictuelles, conduite de projets… Très bien. Mais reconnaître des compétences sur le papier ne suffit pas.


Pour les permanents qui risquent d’être directement concernés dès 2027, les mesures transitoires présentées jusqu’ici restent insuffisantes au regard de l’ampleur du changement.


Quelques semaines de priorité sur certains postes proches du métier d’origine, des formations d’adaptation et un accompagnement RH ne peuvent pas constituer à eux seuls une réponse pour des salariés qui ont parfois consacré de nombreuses années à leurs responsabilités syndicales.


Il faut leur permettre de construire un véritable projet professionnel, y compris vers un autre métier, reconnaître réellement les compétences acquises, garantir la rémunération et financer les formations nécessaires.


Plusieurs organisations syndicales ont d’ailleurs fait savoir à la Direction que les mesures proposées devaient être revues.

Pendant ce temps, la Macif prépare l’arrivée massive de l’IA

Une troisième négociation est engagée. Elle porte sur l’intelligence artificielle pour les années 2027 à 2030. Et il ne s’agit pas simplement de définir quelques règles éthiques d’utilisation de l’IA.


Les documents de négociation parlent de transformation des métiers, des compétences et de l’organisation. Ils prévoient un suivi des projets IA et identifient différentes catégories de métiers pouvant être concernés, dont des métiers qualifiés de « fragilisés ».


Pour les salariés concernés, plusieurs dispositifs sont envisagés : formation, accompagnement RH, repositionnement, nouvelle affectation, mobilité géographique et, dans certaines situations, mobilité externe.

 

Nous avons donc posé une question simple à la Direction : peut-elle s’engager à ce que l’utilisation de l’intelligence artificielle ne conduise pas à des suppressions d’emplois ? Nous n’avons pas obtenu cet engagement. Au cours des échanges, lorsque nous avons interrogé la Direction sur ce qu’elle mettait derrière la notion de compétitivité croissance, productivité, maîtrise des coûts, masse salariale  il nous a été répondu que la Macif ne devait « rien s’interdire ». Ce refus de garantir l’emploi ne signifie pas qu’un plan de suppressions d’emplois existe. Nous ne prétendons pas savoir ce qui ne nous a pas été présenté. Mais il serait tout aussi irresponsable de faire comme si cette réponse n’avait aucune importance.

2027 en ligne de mire

Un autre élément nous interpelle.


Lors de la dernière négociation sur les moyens syndicaux, la Direction nous a expliqué son souhait de tenir un calendrier resserré en indiquant notamment que le début de l’année 2027 serait consacré au plan stratégique. Voilà donc où nous en sommes. Avant 2027, la Macif veut avoir profondément revu les moyens dont disposent les organisations syndicales. Elle négocie parallèlement la manière dont seront accompagnés les permanents syndicaux qui pourraient être directement touchés par cette réduction. Et elle prépare pour 2027-2030 un accord destiné à encadrer et accompagner les transformations des métiers liées notamment à l’intelligence artificielle. Puis viendra le nouveau plan stratégique.


Nous n’affirmons pas que tout est écrit à l’avance. Mais nous refusons de regarder chacun de ces dossiers dans son coin en faisant semblant de ne pas voir le calendrier d’ensemble. Moins de représentants au moment où les métiers vont bouger ? C’est finalement cette contradiction qui nous préoccupe le plus.


La Direction nous explique elle-même que l’intelligence artificielle va transformer les métiers, les compétences et l’organisation du travail.
Elle prévoit des dispositifs particuliers pour les métiers qui pourraient être fragilisés.


Dans une période comme celle-là, les salariés auront besoin de représentants présents sur le terrain, capables de mesurer concrètement les conséquences des transformations, d’alerter et de les défendre. Or c’est précisément à ce moment que la Direction choisit de réduire fortement les moyens de cette représentation.


Pour la CGT Macif, ce n’est pas acceptable.


Nous ne sommes pas opposés aux nouvelles technologies. Nous sommes en revanche déterminés à savoir ce qu’elles vont changer dans le travail, quels gains de productivité elles vont générer et surtout à qui profiteront ces gains.


Ils peuvent servir à réduire la charge de travail, améliorer les conditions de travail, développer les compétences, améliorer le service rendu aux sociétaires et mieux partager les richesses produites.


Ils peuvent aussi servir à faire le même travail avec moins de salariés. C’est précisément pour cela qu’il faut des droits collectifs solides et des organisations syndicales capables d’exercer pleinement leur rôle. Les transformations de la Macif ne peuvent pas se construire en affaiblissant ceux qui défendent les salariés.


À l’approche de 2027, la CGT Macif sera donc particulièrement attentive au prochain plan stratégique et à ses conséquences sur l’emploi, les métiers et les conditions de travail. Et nous continuerons à poser les questions, y compris celles auxquelles la Direction préférerait peut-être ne pas avoir à répondre.

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