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11 / 02 / 2026 | 10 vues
Marion Lelouvier / Abonné
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L'autre visage de la recherche : quand les femmes font avancer la science

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science le 11 février, la Fondation de l’Avenir met en lumière celles qui font progresser la recherche médicale au quotidien. Des femmes scientifiques engagées dans des domaines complexes, exigeants, parfois peu visibles, mais essentiels pour améliorer la compréhension des maladies et la qualité des soins.

 

Parmi elles, la Professeure Sandra Vukusic, neurologue et cheffe du service de sclérose en plaques au CHU de Lyon, incarne une recherche rigoureuse, collective et profondément tournée vers les patients. Coordinatrice de l’Observatoire Français de la Sclérose en Plaques (OFSEP), elle pilote le projet EuCoMS-France, soutenu par la Fondation de l’Avenir.

 

La sclérose en plaques touche près de 120 000 personnes en France et demeure la première cause de handicap non traumatique chez les jeunes adultes. Longtemps considérée comme une maladie isolée du système nerveux central, elle s’inscrit en réalité dans une trajectoire de santé plus large. De nombreuses personnes atteintes développent, au fil du temps, d’autres pathologies chroniques – cardiovasculaires, métaboliques ou psychiques – qui influencent l’évolution de la maladie et les parcours de soins.

 

Mieux comprendre les comorbidités associées à cette maladie chronique, c’est précisément ce que le projet EuCoMS-France cherche à documenter. En s’appuyant sur les données cliniques, biologiques et IRM collectées de manière anonyme par l’OFSEP, qui suit plus de 80 000 patients dans toute la France, ce programme de recherche vise à cartographier ces interactions entre maladies afin d’améliorer le diagnostic, la prise en charge et, à terme, la prévention
 

 

Cette approche marque une évolution majeure : elle fait passer la recherche d’une logique centrée sur une pathologie à une médecine de la personne, attentive aux parcours de vie et aux déterminants globaux de la santé.

 

Au cœur de ce travail se trouve la donnée de santé, structurée, sécurisée et analysée dans un cadre éthique exigeant. Ce programme est intégré dans une logique européenne, afin que la portée des travaux soit encore plus significative. Loin d’une recherche abstraite ou isolée, les résultats permettront de mieux comprendre la maladie, d’anticiper certaines complications et de personnaliser les traitements.

 

Cette démarche illustre pleinement la mission de la Fondation de l’Avenir : soutenir une recherche appliquée, utile, ouverte et connectée aux patients.

 

La Fondation de l’Avenir souhaite rappeler combien les femmes occupent une place centrale dans cette recherche médicale. En soutenant des voix au début ou à d’autres moments clés de leurs trajectoires, elle réaffirme sa conviction : le progrès médical repose avant tout sur des femmes et des hommes engagés, capables de relier la science, la société et la santé de demain et ces personnes qui dédient leur quotidien à l’intérêt général ont besoin d’être valorisées.

 

Un parcours inspirant

 

Sandra Vukusic a réalisé la majeure partie de ses études et de sa carrière à Lyon. Au cours de sa formation, elle s’est rapidement spécialisée en épidémiologie, santé publique et statistiques. Elle a reçu en 2005 le Premier Prix en pédagogie à l’Université de Lyon 1 et y est responsable de l’enseignement en neurologie depuis 2009.

 

Elle a été nommée Professeure des Universités 10 ans après la fin de son internat.

 

Depuis 2013, elle dirige le service de neurologie - sclérose en plaques, pathologies de la myéline et neuro-inflammation au sein des Hospices Civils de Lyon, service qui a été labellisé Centre de Recherche, Ressources et Compétences Sclérose En Plaques (C2RC SEP) en 2018. Il déploie une activité clinique conséquente à l’Hôpital mais aussi en téléexpertise et améliore en continu ses pratiques, par exemple, en appuyant la prise en charge épidémiologique par un soutien psychologique et en promouvant une prise en charge globale et pluridisciplinaire de la SEP, aidé dans cet objectif par le Réseau Rhône-Alpes SEP.

 

La Professeure Sandra Vukusic a été investigatrice principale de plus de 30 essais cliniques et première auteure de nombreuses publications dans des revues d’envergure internationale. Elle est amenée à échanger avec une autre femme de science soutenue par la Fondation Matmut Paul Bennetot, la Professeure Emmanuelle Leray, qui dirige la Chaire INSPIRE (INégalités dans la Sclérose en Plaques : les Identifer pour y REmédier), dont des travaux ont été présentés à l’occasion du dernier Congrès de la Fondation de l’Avenir

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