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15 / 04 / 2026 | 12 vues
François Ecalle / Membre
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Choc pétrolier et finances publiques

Cette note examine les conséquences d’un choc pétrolier durable sur les finances publiques et les risques présentés par l’augmentation de la dette publique française.

 

Un choc pétrolier, plus généralement un choc sur le prix des matières premières importées, se traduit par une hausse des prix qui a d’abord un impact favorable sur les recettes publiques, notamment sur le produit de la TVA. Dans un deuxième temps, les dépenses publiques augmentent parce qu’elles sont indexées de droit ou de fait sur les prix. En outre, un tel choc a un effet négatif sur l’activité économique, ce qui contribue à réduire le produit des prélèvements obligatoires. Au total, l’impact sur le solde public primaire devient rapidement négatif. Le déficit public total peut en outre s’accroitre du fait de l’augmentation de la charge d’intérêts.

 

Un choc inflationniste contribue à réduire le rapport de la dette publique au PIB en raison de l’augmentation de son dénominateur (le PIB en valeur). Si le taux d’inflation reste durablement plus élevé et si le taux d’intérêt de la dette augmente d’autant, ce ratio finit toutefois par remonter. L’inflation n’est pas une bonne solution pour réduire l’endettement public.

 

Les baisses d’impôts et les dépenses nouvelles visant à soutenir le pouvoir d’achat des ménages et les résultats des entreprises ne peuvent qu’augmenter le déficit et la dette publics.

 

De telles mesures pourraient néanmoins être financées par l’emprunt sans difficulté car la prime de risque sur les obligations du trésor français reste limitée bien que la dette publique devienne hors de contrôle. Les acteurs des marchés financiers semblent en effet considérer que la Banque Centrale Européenne (BCE) interviendra toujours pour éviter un défaut de paiement ou une restructuration de la dette française « whatever it takes », surtout dans le contexte géopolitique actuel.

 

Ils pourraient toutefois réaliser un jour que la BCE ne peut pas laisser la France s’endetter indéfiniment. La prime de risque sur les obligations du trésor augmenterait alors très fortement et notre avenir dépendrait de décisions prises à Francfort. Pour éviter ce scénario, il faudrait rapidement reprendre le contrôle de notre dette.

Plus nous attendrons, plus l’effort nécessaire sera important.

 

Dans ces conditions, les mesures visant à soutenir les ménages et entreprises face au choc pétrolier qui a commencé doivent rester très limitées, ciblées et temporaires.

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