Finances publiques : faire des choix budgétaires à la hauteur des défis des 10 et 25 prochaines années ?
L'opération « France 2035, France 2050 », présentée par le Haut-commissariat à la stratégie et au plan (HCSP), comme s'inscrivant dans la lignée des travaux du Plan depuis Jean Monnet, a réuni, pendant dix mois, experts, personnalités du monde économique et social, représentants de l’administration et artistes, pour tracer un cap pour la France à l’horizon 2035 et 2050.
Cet exercice de prospective nationale (1) de moyen et long terme vient de se traduite par la publication d' une première note sur les finances publiques : « Faire des choix budgétaires à la hauteur des défis des 10 et 25 prochaines années ».
Alors que la France affiche une situation budgétaire dégradée, avec des marges de manœuvre désormais réduites, comment préparer les finances publiques aux grandes transformations des prochaines décennies ?
Vieillissement, transition écologique, mutations économiques, efforts de défense : notre société sera soumise à des pressions croissantes.
Ce Focus (2) analyse les choix budgétaires à faire pour anticiper ces transformations et préserver notre modèle social tout en maîtrisant nos finances publiques.
On pourra retenir que les auteurs de cette note mettent en avant trois propositions clés pour 2035 et 2050
- Pour éviter une dérive de la dette publique dans les dix et les vingt-cinq prochaines années, un redressement des finances publiques de 4,4 points du PIB d’ici 2031, soit environ 140 milliards d’euros de 2025, apparait nécessaire. Aucun levier isolé – baisse des dépenses, hausse des prélèvements ou réformes favorables à l’emploi et la productivité – ne suffira. Une combinaison sera indispensable, nécessitant de faire des choix démocratiques courageux et d’adopter des priorités claires.
- À cet effort s'ajouteront les engagements pris en matière de défense et de transition climatique. D’autres priorités pour préparer la France de demain – liées à l'éducation, la recherche ou la cohésion sociale – auraient un coût à court terme, et nécessiteraient des efforts supplémentaires. Ces investissements ciblés pourraient toutefois renforcer durablement la résilience du pays, sa croissance et la soutenabilité de ses finances publiques.
- Ces arbitrages supposent une gouvernance budgétaire renouvelée, davantage pluriannuelle, donnant plus de visibilité aux choix publics, et avec un rôle renforcé du Parlement. Les documents de programmation, notamment le Plan budgétaire et structurel à moyen terme (PSMT) prévu par le cadre européen, pourraient ainsi devenir des instruments centraux pour clarifier, débattre et sécuriser les grandes orientations budgétaires nationales.
Vaste sujet... qui mériterait un vrai débat à l'occasion des élections présidentielles ...mais faudra-t-il que le l'on sorte de bien des postures et des solutions populistes de tous bords... Espérons le vivement...mais rien n'est sûr, si l'on en juge les déclarations et comportements de nos parlementaires....depuis des mois!!
(1) Une démarche inédite de prospective nationale
(2) La note du HCSP: Télécharger le chapitre