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10 / 07 / 2026 | 17 vues
Fabien Brisard / Abonné
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Les jeunes face à l’emploi

L’emploi des jeunes est une préoccupation à laquelle tous les gouvernements ont été confrontés depuis 50 ans. Au cours d’un dîner-débat du CRAPS, le président du Medef a mis l’accent sur la question de l’implication des jeunes dans le marché du travail. Il a notamment mentionné que les « NEETs » (Jeunes sans emploi, ni scolarisés, ni en formation) constituent une importante réserve de main-d’œuvre inactive et en marge du marché du travail, et souligné que si la plupart de ces jeunes étaient en emploi, le financement de la protection sociale ne poserait pas de problème.

 

Dans un  zoom sur l’emploi des jeunes, Bruno Coquet, Président de UNO – Études & Conseil, économiste et membre du comité directeur du CRAPS (*), fait un point sur la situation de l’ensemble des jeunes de 15 à 29 ans sur le marché du travail, de manière à bien mettre en évidence l’enjeu que représente l’insertion en emploi de ces jeunes NEETs.

 

On dénombre actuellement 12,1 millions de jeunes de 15 à 29 ans. Parmi eux, environ 5,3 millions sont encore en formation initiale, dont 3 millions d’étudiants dans l’enseignement supérieur ; 1,6 million de ces jeunes cumulent scolarité et emploi, dont 1 million en apprentissage, si bien que tous les autres (3,7 millions) suivent un cursus sans travailler, et sont ainsi classés comme « inactifs » dans les statistiques.

 

Seulement 7,5 % des jeunes sortent prématurément du système scolaire avec, au maximum, le brevet des collèges (environ 60 000) par an, moitié moins qu’au début des années 2000. Et 52 % des jeunes qui sortent actuellement de formation initiale sont diplômés de l’enseignement supérieur.

 

Les jeunes entrent sur le marché du travail à 22 ans et demi en moyenne, si bien qu’un peu moins de 50 % des 15 à 29 ans sont en emploi, soit 5,7 millions (Graphique 1). Ce taux est de 34 % pour les moins de 25 ans puis se normalise au fur et à mesure que l’on s’élève dans les tranches d’âge, pour atteindre 78 % pour les 25-29 ans.

 

Le rebond récent de cet indicateur vient du fait que les apprentis sont à la fois comptés comme salariés à temps plein et comme étudiants. Le boom de l’apprentissage ayant pour l’essentiel fait préférer cette voie de formation en alternance à une scolarité classique, son effet statistique a été de transformer des étudiants inactifs en salariés actifs. Or, sans la hausse de l’apprentissage (+600 000 en 5 ans), le taux d’emploi des jeunes serait resté à son étiage. En outre, il faut souligner que la manière dont cette politique a été paramétrée n’a pas fait baisser le nombre absolu de jeunes chômeurs, car ce ne sont pas les plus à risque de chômage qui ont suivi ces formations en alternance.

 

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En effet, les jeunes qui entrent le plus tôt en activité sont à la fois peu nombreux et plus difficilement employables car peu ou pas diplômés : les chômeurs sont donc proportionnellement nombreux au sein de cette population active réduite. Le taux de chômage étant le ratio de ces deux ensembles, il est donc très élevé touchant 27 % des jeunes de 15 à 19 ans et 16,3 % des 15-24 ans. Les jeunes plus employables sont ceux qui ont poursuivi leurs études avec succès, qui trouvent un emploi rapidement dès lors qu’ils se présentent sur le marché du travail : quasi simultanément actifs et en emploi, leur taux de chômage est plus faible (9,9 % pour les 25-29 ans).

 

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Jusque dans les années 1990, ce choix de l’inactivité pouvait être attribué à un découragement à se porter sur le marché du travail alors que le chômage était très élevé (ce que l’on appelle un effet de flexion) : il était difficile de faire sa place, les emplois étant rares et les générations nombreuses. Le ralentissement de la population active qui engendre des difficultés de recrutement aurait pu inverser cet effet, mais cette inactivité s’est au contraire accrue (+240 000 jeunes en 20 ans)

 

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(*) Le Cercle de Recherche et d'Analyse sur la Protection Sociale

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