Finances publiques : un goût d’inégalité dans la contribution aux efforts
Dans un rapport sur « la situation des finances publiques début 2026 », publié le 19 février, la Cour des comptes – qui a désormais à sa tête Amélie de Montchalin – estime que « le plus difficile reste (...) à accomplir », « l’ampleur de l’effort à réaliser [sur les finances publiques, NDLR] ne pourra pas faire l’impasse sur des mesures d’économie en dépense ».
Ce qui fait craindre la poursuite de politiques d’austérité, toujours douloureuses pour les plus modestes.
La Drees note ainsi dans un récent rapport que différentes mesures de déremboursement de soins (hausse des franchises, du ticket modérateur, des contrats des complémentaires...) auraient un coût deux fois plus élevé pour les ménages modestes que pour les autres.
Le 23 février, le gouvernement, visant une économie sur les dépenses de 450 millions pour la Sécu, a annoncé l’augmentation (dès mars et avril) de forfaits hospitaliers (pour un passage aux urgences ou une hospitalisation), certains de près d’une dizaine d’euros.
Ces hausses impacteront particulièrement les patients sans complémentaire santé (2,5 millions de personnes). Un manque à gagner certain pour l’État Contraste...
Mi-février était révélée une note du Sénat établissant – chiffres du ministère de l’Économie à l’appui – que 13335 foyers fiscaux redevables de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière, à partir de 1,3 million d’euros) ne payent pas d’impôt sur le revenu et pour certains bénéficient même de versements au titre de crédits d’impôts (un rapport sénatorial est annoncé d’ici l’été).
Parmi les 0,01% des ménages les plus riches, au patrimoine immobilier autour de 14 millions d’euros, 14,9% ne payent aucun impôt, remarque entre autres le Sénat.
Ce phénomène, induisant un manque à gagner en termes de recettes pour l’État, avait été indiqué à l’automne par l’ex-ministre de l’Économie, Éric Lombard, et contesté par Amélie de Montchalin, alors ministre des Comptes publics.