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13 / 03 / 2025 | 74 vues
Valérie Forgeront / Membre
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Fonction publique : à quand des moyens pour reconstruire « l’attractivité »

"L'attractivité" » de la fonction publique ( on cne esse d'en parler depuis des mois) doit être améliorée, affirme depuis sa nomination en décembre le ministre du secteur, Laurent Marcangeli....lui aussi !..mais....

 

Le même mois, un rapport de France Stratégie dédié au « défi » à relever afin de redorer le blason des carrières publiques, a souligné la crise actuelle, chiffres à l’appui. L’organisme vient aussi de publier en février une note d’analyse intitulée « Entrer et progresser dans la fonction publique ».

 

Un focus qui illustre le rôle d’ascenseur social que peut avoir encore la fonction publique républicaine, vers laquelle se tournent davantage les personnes des milieux les plus modestes.

 

Quoi qu’il en soit, l’attractivité reste à reconstruire.

 

« 15% des postes offerts aux concours de la fonction publique d’État non pourvus en 2022, 21% des lits de l’AP-HP fermés la même année, dont 70% par manque de personnel, 64% des collectivités territoriales indiquant au moins un champ professionnel en tension en 2023 », rappelle France Stratégie, s’arrêtant sur le désamour envers les concours : « Là où douze candidats se présentaient pour un poste offert aux concours de la fonction publique d’État dans les années 2000, ils ne sont plus que quatre aujourd’hui. »

 

Le ministre assure actuellement vouloir lancer un chantier sur « l’accessibilité » aux concours.


Mais avec quelle perspective de carrière ?

 

La solution majeure : la hausse des salaires!

 

La dégradation de l’attractivité, analyse France Stratégie, a débuté il y a une quinzaine d’années...Autrement dit, dans les années 2010, marquées par des réformes (dont la RGPP) supprimant les effectifs, par l’entrée dans l’austérité salariale et dans une contractualisation de l’emploi, consacrée en 2019 par la loi de Transformation.

 

Or, les « recrutements de contractuels ne compensent pas la pénurie », laquelle menace d’impacter le remplacement des départs en retraite, souligne encore le rapport. Il faudrait donc actionner des leviers, entre autres pour la progression dans la carrière et pour le pouvoir d’achat. Bref, en finir avec le « déclassement » salarial du public.

 

Pour France Stratégie, toutefois, « la complexité du système de rémunération participe vraisemblablement au manque de lisibilité des perspectives salariales, et ce faisant, à la perte d’attractivité ».

 

Le refrain est connu.

 

Il était même envisagé en 2024 de supprimer les catégories A, B et C ! De son côté, FO-Fonction publique, qui a combattu cette attaque du statut, ne cesse de rappeler que l’attractivité passe d’abord par la revalorisation du point d’indice, le rattrapage du pouvoir d’achat et l’amélioration des grilles. 

 

Or, la loi de finances pour 2025 va dans le sens contraire avec des mesures telles que le gel du point, le non-versement de la Gipa ou encore la baisse de l’indemnisation maladie. Et c’est donc « sur la base » d’un tel texte « que le gouvernement Bayrou va parler d’attractivité de l’emploi public »,....

 

NDLR: chacun sera à même de juger à défaut de comprende !

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Tandis que le nouveau ministre, Laurent Marcangeli dit souhaiter que la Fonction publique retrouve de l’attractivité, France stratégie pointe une situation de désamour inquiétante et souligne par un rapport et une note d’analyse tout le « défi » à relever. Reste que le gouvernement n’actionne toujours pas le levier salarial, essentiel cependant pour rendre de nouveau les carrières publiques attractives.

 

« L’attractivité » de la fonction publique semble pour le ministre du secteur, Laurent Marcangeli une sorte de leitmotiv. En décembre, lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Guillaume Kasbarian (dont les propos et méthodes hérissaient les syndicats dont FO Fonction publique, et qui venait d’essuyer une grève le 5 du même mois), le nouveau ministre déclarait sa flamme aux fonctionnaires. Je vous aime et je crois en vous. Suffisant ? Pas sûr.

 

Car en décembre dernier encore, par un rapport de France Stratégie consacré au « défi de l’attractivité de la fonction publique », chacun pouvait mesurer combien le défi en question allait être difficile à relever, avec le même niveau de moyens, en berne. Depuis, le 13 février, l’organisme a publié une note d’analyse intitulée « Entrer et progresser dans la fonction publique ». Un focus qui illustre le rôle d’ascenseur social que peut avoir encore la fonction publique républicaine, et vers laquelle se tournent davantage les personnes des milieux les plus modestes. Quoi qu’il en soit, l’attractivité reste à reconstruire.

 

Quelques chiffres suffisent à le montrer.  15 % des postes offerts aux concours de la fonction publique d’État non pourvus en 2022, 21 % des lits de l’AP-HP fermés la même année, dont 70 % par manque de personnel, 64% des collectivités territoriales indiquant au moins un champ professionnel en tension en 2023 rappelle France Stratégie. Et de préciser que cette situation a des conséquences concrètes sur la vie des français : absences de professeurs non remplacés, (…) difficultés d’accès aux soins de santé dans certains territoires, (…) dégradation des conditions d’accueil de la petite enfance comme des plus âgés, allongement des délais d’obtention de rendez-vous dans les mairies et préfectures, etc.

 

Des réformes... et des dégradations

 

Tandis que Laurent Marcangeli affirme vouloir lancer un chantier sur « l’accessibilité » aux concours – mais avec quelle perspective de carrière ?- –, le constat de France Stratégie montre là encore une situation plus qu’inquiétante, touchant tous les ministères, tous les versants de la fonction publique, et quasiment tous les « métiers ». Ainsi, 12 candidats se présentaient pour un poste offert aux concours de la fonction publique d’État dans les années 2000 : ils ne sont plus que 4 aujourd’hui. Si les tensions sur les recrutements d’enseignants et de soignants sont bien connues, la crise affecte l’ensemble des ministères (Intérieur, Finances, Justice, armées notamment) comme les fonctions publiques territoriales et hospitalière... Ces difficultés touchent aussi bien les métiers à vocation que les fonctions support, l’administration générale et les métiers très qualifiés (notamment les spécialistes du numérique). Le rapport indique en toute logique que si rien n’est fait ces difficultés devraient perdurer voire s’aggraver pour certains métiers, (…) alors que les besoins de recrutement resteront importants, notamment pour remplacer les départs en retraite. Or, entre 2014 et 2022, le nombre des départs, autres qu’en retraite, ont nettement augmenté, de 47%.

 

La dégradation de l’attractivité a commencé il y a une quinzaine d’années…, ce qui renvoie aux années 2010, marquées par l’entrée dans diverses réformes (dont la RGPP) supprimant des effectifs (et donc augmentant la charge de travail de ceux qui restent en poste), marquée aussi par l’entrée dans une austérité salariale avec le gel du point d’indice et l’absence d’écoute ministérielle sur la demande syndicale d’une amélioration en profondeur de la grille. Depuis ces années aussi, s’est engagée le mouvement de contractualisation de l’emploi, consacré en 2019 par la loi de Transformation. Or constate France Stratégie : Le recours accru aux contrats peut aussi conduire à fragiliser l’attractivité du statut lui-même et les recrutements de contractuels ne compensent pas la pénurie.

 

La solution majeure : la hausse des salaires !

 

Pour améliorer l’attractivité, et alors que de nombreux jeunes – de moins en moins sensibles à une notion de « garantie de l’emploi » – préfèrent s’orienter vers le secteur privé et ses salaires plus attractifs, les leviers à actionner serait notamment la progression de carrière pour l’instant « en demi-teinte », et le pouvoir d’achat, pour l’instant en berne. Alors que France Stratégie rappelle par sa note d’analyse de février que  La fonction publique demeure un débouché important pour les classes populaires, le rapport en décembre évoquait toutefois un déclassement salarial du public.  L’évolution de la rémunération moyenne des personnes en place (RMPP) a ainsi été inférieure à celle du privé tous les ans entre 2011 et 2020, et cela ne signifie pas que les choses se soient ensuite améliorées. Le rapport souligne particulièrement le tassement des positions salariales chez les jeunes agents publics.

 

Il faudrait donc des perspectives d’évolution et de progression dans les carrières estime France Stratégie. Mais l’organisme estime dans le même temps que  la complexité du système de rémunération participe vraisemblablement au manque de lisibilité des perspectives salariales, et ce faisant, à la perte d’attractivité. Le refrain est connu. Il était même envisagé en 2024 de supprimer les catégories A,B et C. FO Fonction publique qui a combattu cette tentative d’attaque du statut ne cesse de rappeler que l’attractivité passe d’abord par la revalorisation du point d’indice (de 10% minimum, alors que la perte de valeur du point depuis 2000 est de 31,5%), le rattrapage du pouvoir d’achat et l’amélioration des grilles, cela par l’ouverture de négociations.

 

Le gouvernement pour l’instant ne semble pas l’entendre, ce qu’a traduit la loi de finances pour 2025, portant des mesures sévères (baisse de l’indemnisation des arrêts maladie, gel du point, absence de versement de la Gipa…) qui vont à l’encontre d’un mouvement vers l’attractivité des salaires et des carrières. Les fonctionnaires et agents publics subissent une politique d’austérité, sans précédent (…) à nouveau ils sont la variable d’ajustement d’économies drastiques en totale contradiction avec les discours hypocrites des différents ministres lorsqu’ils reçoivent les organisations syndicales réagissait FO Fonction publique en février.

Et  c’est donc sur la base de ce texte budgétaire que le gouvernement Bayrou va parler d’attractivité de l’emploi public, de la qualité de vie et des conditions de travail et d’efficacité du service public fustigeait l’Union fédérale FO.