L'ensemble des salariés du groupe Thales en France a reçu un message intersyndical les invitant à se prononcer sur la politique salariale. Si les syndicats n'ont officiellement aucun droit d'usage de la messagerie professionnelle, la direction autorise tacitement la pratique tant que les bornes ne sont pas dépassées. De quoi rendre les sanctions contestables...
Chez Orange, c'est par centaine que se comptent les permanents syndicaux qui prennent des congés, passent à temps partiel, se forment, déclarent des absences, obtiennent des augmentations salariales et des évolutions professionnelles, se déplacent avec des notes de frais à la clé. Autant d'informations que la direction refuse d'adresser à la CFE-CGC qui éprouve les limites du management par la confiance avec 320 permanents.
Comment la CGT de GMF gère les 900 salariés inscrits dans ses groupes WhatsApp ?
La CGT de la GMF continue de faire de l'animation de ses groupes WhatsApp créés au moment du premier confinement une priorité. C'est du temps et de l'organisation quand on retrouve 900 des 5400 salariés dans 45 groupes, dont un dédié aux cadres.
Les syndicats ayant construit avec les salariés de leurs entreprises des communautés sur des réseaux sociaux externes verraient plutôt comme un désavantage si les directions décidaient de leur ouvrir les portes du réseau interne. Un désavantage par rapport aux syndicats qui n'ont jusqu'alors rien fait sur les réseaux sociaux.
En contrepartie d'un droit d'usage de la messagerie à des fins d'information syndicale, des directions mettent dans la balance des concessions le droit de distribuer les tracts papiers "sur bureau" ou par la navette du courrier interne.
La part des directions qui interdisent encore l'usage de la messagerie professionnelle aux syndicats témoigne d'une capacité à ne pas voir la réalité des usages en face.
Un accord permettait aux syndicats d'utiliser assez librement la messagerie pour informer les 4000 salariés. Il n'a pas été reconduit après que l'intersyndicale ait envoyé en juin 2022 un message invitant les salariés à répondre à un sondage sur l'opportunité du recours à une grève. 25 % des salariés, les plus motivés, y avaient répondu et 400 s'étaient effectivement mis en grève lors du Black Friday
Le 5 mai dernier, Miroir social organisait avec Orseu Ethix un échange en ligne pour voir comment syndicats étaient susceptibles de négocier l'utilisation des outils d'information propriétés des employeurs.
Négociations du droit syndical chez Astek : une volonté de brider le syndicalisme
La direction qui a dénoncé le précédent accord en 2018 fait tout pour qu’il n’y ait pas de signature d’un accord permettant le bon fonctionnement du droit syndical et décourager l’existence de syndicats au sein de l’entreprise (...)