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07 / 10 / 2026 | 5 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Site industriel de klégé : les salariés et le repreneur demandent des comptes à la région

Le carrossier frigorifique Klégé, installé à Bapaume (Pas-de-Calais) et placé en liquidation judiciaire en juin, fait l’objet d’une offre de reprise déposée le 7 octobre. Portée conjointement par les salariés, qui détiendraient 40 % du capital, et Ludwig Czelecz, qui en détiendrait 60 %, elle concerne une entreprise dont dépendent 74 familles, selon le collectif.

 

La semaine dernière à Arras, les salariés de Klégé ont manifesté en nombre leur colère contre l’absence de soutien tant financier qu’opérationnel de la Région des Hauts-de-France au projet de reprise de leur entreprise, alors que l'institution peut jouer un rôle décisif de facilitateur du projet.


Le collectif en appelle à l’État et à tous les élus qu’il invite le 16 octobre à 12h sur le site de Bapaume pour une conférence de presse et un débat sur la politique industrielle. 

 

Relevée en 2020 par les salariés de l’entreprise de carrosserie du groupe Delcroix située à Bapaume (62) et par l'ingénieur spécialiste de la décarbonation des véhicules Ludwig Czelecz, Klégé a subi de plein fouet la chute de son principal débiteur Durisotti, que l'entrepreneur avait d’ailleurs tenté de sauver en 2024 après une gestion catastrophique par la précédente équipe de direction.



En juin 2026, Klégé a été placée en liquidation judiciaire. Procédure poussée par la Région qui, après avoir promis d’apporter un concours financier et opérationnel au projet de reprise, a décidé de tourner le dos aux salariés de Klégé en refusant désormais de recevoir les repreneurs, alors que ceux-ci détiennent toutes les garanties financières personnelles sollicitées par la Région et ne demandent qu’à les présenter. Après des décennies de fermetures d'usines, la disparition de Klégé serait un coup de plus porté au Pas-de-Calais et aux 74 familles qui dépendent de ces emplois. Les équipes historiques de l’entreprise ont réaffirmé leur soutien au repreneur, prêts à relever ensemble le défi.

 

L’offre de reprise, déposée mercredi au Tribunal de commerce d’Arras, est portée par un actionnariat inédit constitué à 40% par le collectif des salariés et à 60% par Ludwig Czelecz. Ce projet assure la continuité industrielle de l’entreprise, sa diversification vers des secteurs stratégiques comme l’alimentaire, la défense et l’industrie, et le maintien des salariés. Et ce, porté par près de 6,1 millions d’euros de précommandes en portefeuille pour viser 12,3 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici fin 2027. Ce n'est donc pas le marché qui condamne Klégé, mais bien le revirement de la Région. 

 

“Comment croire que la Région soutient notre projet et serait d'accord pour prêter un million de fonds publics, alors qu'ils ne nous ont pas reçus ? Le sujet n’est pas l’argent, le sujet c’est l'accompagnement de salariés et le maintien d’une filière dans la région. 


La Région doit être un facilitateur des projets industriels, pas un obstacle ! Sans ce soutien politique, administratif et financier, nous ne pourrons pas attirer plus d’investisseurs privés et maintenir l’emploi à Bapaume. Nous avons besoin d’un engagement concret”, déclare Ludwig Czelecz. 

 

Décidés, salariés et repreneurs :

  • sollicitent auprès de la Région une réunion d’urgence avec l’ensemble des parties   prenantes : Préfecture, Bpifrance, élus, Inspection du travail, salariés et conseils ;
     
  • manifesteront à nouveau le 15 octobre à 14h à l’occasion de la commission permanente de la Région à Amiens ;
     
  • invitent le vendredi 16 octobre à 12h, à une conférence de presse suivie d'un débat sur la politique industrielle, les services de l’État et tous les élus des Hauts-de-France.
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