Organisations
Salaires: Quand le patronat organise le blocage des négociations
Le patronat se serre les coudes, bloque les négociations salariales dans les branches professionnelles et fait monter la pression....
Chaque revalorisation du SMIC impose aux branches professionnelles de revoir leurs minima conventionnels lorsque ceux-ci passent sous le salaire minimum légal. Jamais à court d’excuses pour ne pas augmenter les salaires, le patronat fait le choix de pourrir les négociations à coup de :
- L’engagement de la négociation est obligatoire du fait de l’augmentation du SMIC mais ils ne sont pas en mesure de négocier avant la rentrée.
- Certaines fédérations patronales expliquent que les négociations se passent en entreprises.
- La négociation ne devrait porter que sur les minima sous le SMIC et non l’ensemble de la grille si un accord a été signé avant l’augmentation.
- Le SMIC, censé être un minimum vital, est considéré comme le premier niveau de la grille. Pire ! Il y en a qui arrivent avec une proposition de baisse des minima qui seraient, selon eux, un frein à l’embauche car au-dessus du marché !
- La protection sociale en France repose uniquement sur le travail, cela ne peut plus durer…
- C'est la faute aux 35 heures ! Alors que des milliers de salariés du commerce subissent encore un temps partiel non choisi !
- Le SMIC a augmenté de 16 % en 4 ans, les entreprises ne peuvent plus suivre…
Des grilles salariales progressivement vidées de leur sens
Au fil des revalorisations du SMIC, les écarts entre les différents niveaux de qualification se réduisent.
Certaines organisations patronales vont même jusqu'à considérer le SMIC comme le premier niveau normal de rémunération. Plus préoccupant encore, certaines proposent de diminuer certains minima conventionnels, estimant qu'ils constitueraient un frein aux embauches parce qu'ils seraient « au-dessus du marché ».
Cette logique conduit à un tassement des grilles salariales et remet en cause la reconnaissance des qualifications, de l'expérience et des parcours professionnels. Et alors que dans de nombreux secteurs, les employeurs dénoncent des difficultés de recrutement, une question mérite d'être posée : à quoi
sert de promouvoir les métiers, les compétences et la formation dans les conventions collectives si l'on refuse de discuter d'une rémunération permettant de vivre dignement de son travail ??
Une stratégie qui pèse directement sur le pouvoir d'achat des salariés
Pendant ce temps, dans les magasins, les conditions de travail se dégradent. Les effectifs fondent comme neige au soleil, les accidents du travail et les arrêts de longue maladie explosent, les ruptures de stock se multiplient et les travailleuses et les travailleurs sont à bout de souffle.
Malgré leur engagement quotidien, nombre d'entre eux n'arrivent plus à vivre de leur travail.
Si le patronat avait entendu les revendications salariales portées depuis des années par notre Section Fédérale, il ne serait pas aujourd’hui aussi fortement impacté par les revalorisations successives du SMIC liées à l’inflation.
En refusant d'engager de véritables négociations sur les salaires conventionnels, il s'est lui-même placé dans une situation où les augmentations du SMIC rattrapent régulièrement les minima de branche, fragilisant ainsi la grille des classifications et la reconnaissance des qualifications.
Notre Section Fédérale appelle l'ensemble de nos militants à organiser des assemblées avec les salariés afin d'ouvrir le débat sur les revendications et de construire le rapport de force indispensable pour faire plier le patronat.
Celui-ci continue de bénéficier, chaque année, de plus de 211 milliards d'euros d'aides publiques versées par l'État, sans véritables contreparties. Ce montant en fait l'un des premiers postes de dépenses publiques, devant le budget de l'Éducation nationale
Les travailleurs et les travailleuses, qui créent les richesses, sont en droit d’exiger que ces aides servent à l’emploi, aux salaires et à l’amélioration des conditions de travail, plutôt qu’à alimenter les dividendes.