L’ESS doit s’engager dans la bataille politique
Face au mouvement initié par Eric Maumy, (Président d’April), face à l’engagement des patrons dans le débat politique, l’ESS doit faire quelque chose !
Une pétition pour la défense des services publics ?
Une pétition de l’ESS pour l’exclusion des compagnies d’assurance de la protection sociale ? Chiche ! La participation à un mouvement pour la taxation des patrimoines des plus riches ?
L’intérêt des différentes prises de position des patrons dans le contexte actuel est de nous montrer que la bataille contre les acquis de l’après-guerre, l’Etat providence, les services publics, les droits sociaux,… est loin d’être terminée.
Eric Maumy, dont chacun sait que le principal titre de gloire est d’avoir valorisé les actions du groupe April, accessoirement construit par d’autres, est « pro-business » !
Il dit ne pas faire de politique, mais s’inscrit allègrement dans la tradition poujadiste des petits patrons et en reprend les codes : « trop, c’est trop ! », « tournée des parlementaires », etc …
Cette initiative, pour le moins surprenante, moins dans son contenu que par son émetteur, est-elle destinée à faire écho aux propos de Marine Le Pen qui, dans son ambition de se rapprocher des grands patrons, déclarait « si on arrive au pouvoir, on aura une politique pro-business »?
Face à cette vague populiste du patronat et dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, il ne serait pas inopportun de construire une véritable riposte politique de l’ESS.
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Et si l’ESS s’intéressait vraiment aux municipales ?
La campagne des municipales est lancée, plutôt de façon chaotique. Alliances, dé (mé)-salliances font la une. La sécurité, le logement, présents partout, différemment certes, mais partout sans grande capacité de rassurer.
Et nous mutualistes, acteurs de l’ESS, avons-nous quelque chose à dire, à faire (c’est notre objet !) dans ce cadre ?
Quelles seraient selon nous, selon moi, selon vous, des propositions, une méthode, des engagements pour cette élection, si tant est que nous considérons, comme nous l’affirmons régulièrement que le territoire est le lieu privilégié de la démocratie ?
De culture Mutualiste, je commencerai par la santé. Des propositions en vrac, toutes discutables, mais c’est bien cela LA METHODE !
D’abord, immédiatement : réunir les acteurs de la santé et la population qui veut bien s’y intéresser, organisée ou non, pour parler de santé, seulement en parler, et, au fur et à mesure des rencontres, se fixer un ou deux objectifs prioritaires, formalisés, susceptibles d’être évalués.
Et tout de suite quelques mesures qui ne coûtent rien ou pas grand chose : la création d’un poste de médiateur en santé (afin de réduire l’inégalité culturelle en santé), l’organisation avec les professionnels de santé de la commune « d’une garde » en consultations non programmées, (faire que chacun sache qu’en cas de besoin, il aura toujours accès à un médecin). Convoquer les organismes de couverture complémentaire présents sur la commune (locaux ou nationaux) et leur demander d’affecter 2% de leurs ressources à la prévention, dans le cadre de programmes prioritaires définis en commun.
Ne pas oublier la santé mentale, et notamment le dépistage dès l’école primaire de la maltraitance et du mal-être des enfants et l’obligation d’y affecter ou d’exiger quelques moyens.
Enfin, dans un temps plus lointain, se fixer l’objectif d’aborder l’organisation du système de santé local, associant, maison médicale ou de santé, établissements hospitaliers de proximité et offre numérique en santé.
Mais le local, c’est aussi le logement avec l’impérieuse nécessité de réunir les acteurs de la finance publique et de l’ESS afin de les impliquer dans la construction d’une offre de logements sociaux, y compris en direction des populations jeunes et seniors.
Le local, c’est aussi la formation avec d’abord la formation des élus locaux à l’ESS, à une nouvelle façon de faire de l’économie et de l’emploi. Et puis, c’est la formation dès le plus jeune âge aux mathématiques et au numérique. C’est aussi l’écologie, la souveraineté alimentaire, la lutte contre l’obésité,…
A vous, à nous, de compléter, de dire et de contredire, d’enrichir !
Sur chacun de ces thèmes, chacune de ces actions, et sur bien d’autres, l’ESS a la capacité d’apporter des idées, des solutions, des moyens, des militants.
C’est là que se joue en grande partie la bataille culturelle, la bataille des idées en cours.
Faisons du territoire le terrain privilégié de la transformation, « l’intellectuel organique » d’une société humaniste, apaisée, constructive, face aux tenants de l’exclusion, de la ségrégation et de l’affrontement, parce que c’est notre « mission » , et parce qu’il y va de notre survie.