Lutter contre la « dérosion » des services publics et poser les jalons permettant le déploiement d’un « Etat-plateforme »
Dans le cadre de l' exercice de prospective lancé en octobre dernier« France 2035, France 2050 » et que j'ai déjà eu l'occasion d'évoquer, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (HCSP) vient de publier ces jours-ci un nouveau Focus consacré à l’administration et aux services publics, intitulé "Administration et services publics : des services publics renouvelés pour mieux faire société" (1)
Les constats du HCSP
La numérisation a facilité les démarches, transformé l’organisation des services publics et amélioré leur qualité et leur efficience, mais a aussi nourri un sentiment d’éloignement et créé de nouveaux enjeux d’accessibilité et de souveraineté.
Alors qu’un Français sur quatre déclare rencontrer des difficultés d’accès aux services publics, tandis que 40 % ont le sentiment de vivre dans un territoire délaissé, la cohésion sociale est aujourd’hui fragilisée par un décalage croissant entre les attentes des citoyens et leur perception de l’efficacité de l’État. Comment garantir des services publics accessibles, performants et modernes dans un monde en mutation et avec des capacités budgétaires réduites ?
Ce Focus piloté par Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, identifie les arbitrages structurants d’ici 2050 afin de retrouver la confiance des citoyens et reconstruire un service public modernisé.
Cela nécessite, durant la décennie à venir, de prioriser la qualité de la relation avec les usagers, d’investir dans les services publics au cœur du pacte social français - l’éducation, la santé, la justice - de lutter contre la « dérosion » des services publics et de poser les jalons permettant le déploiement d’un « Etat-plateforme » mettant la technologie au service des usagers de demain.
Cela permettra de bâtir d’ici 2050 un service public renouvelé. Il s’organisera autour de services essentiels moins nombreux mais garantis pour tous et de services adaptés aux besoins locaux. Il sera doté d’un cadre garantissant la protection des données et la souveraineté numérique et assuré par des agents formés aux nouvelles compétences pour répondre à leurs missions et éviter une dépendance à l’IA. »
Les trois propositions clés du HCSP :
- Mettre en place un socle universel de services publics et admettre un principe de différenciation pour les autres services publics selon les besoins des territoires et des individus.
- Refonder l’action publique sur la responsabilité, l’évaluation et la participation. Face aux contraintes démographiques, écologiques et budgétaires, faire des choix explicites sur les priorités du service public, piloter les politiques par les résultats, déconcentrer les responsabilités et associer les citoyens à leur gouvernance.
- Déployer avec l’ensemble des collectivités publiques un « État-plateforme » fondé sur des infrastructures numériques communes, des données protégées en Europe et une IA de confiance, tout en renforçant le rôle des agents publics comme garants de la qualité, de la relation humaine, de l’équité et de la confiance.
(1) Administration et services publics : des services publics renouvelés pour mieux faire société