La communication prend le pas sur le politique et la petite phrase ou la « punch line » sert de marqueur.
Cette rentrée post estivale sonne le lancement de la campagne électorale de la Présidentielle. Les annonces, le concours Lépine des mesures, les candidatures, les sondages commencent à emplir les media et réseaux sociaux. Souvent la communication prend le pas sur le politique et la petite phrase ou la « punch line » sert de marqueur.
Pour le moment on attend encore la vision des candidats pour l’avenir à moyen/long terme du pays, le chemin à emprunter, les objectifs à respecter. De fait le néolibéralisme et le capitalisme financier se sont imposés en France comme ailleurs, affaiblissant le rôle de l’Etat et des services publics, accroissant les inégalités sociales. Alors que cela nécessiterait aujourd’hui des réformes structurelles sources d’équité et de progrès économique et social, on en reste trop souvent aux questions d’économies comptables, de coût trop élevé de la protection sociale, d’âge de la retraite, de rabot.
Parmi les réformes nécessaires figure notamment une réforme fiscale d’ensemble qui doit être conduite avec un triple objectif : être compréhensible, assurer l’équité et permettre de répondre aux besoins publics tout en favorisant la croissance. Dans la même logique l’ensemble des aides doivent être évaluées notamment au regard des contreparties.
Autre réforme : alors qu’historiquement la France a fonctionné avec un Etat fort et un régime démocratique, le tout sous couvert des valeurs républicaines et de leur universalité, l’abandon du centralisme au profit d’un ersatz de décentralisation a tout chamboulé. On a assisté à un affaiblissement de l’Etat compensé (pour exister) par une inflation tous azimuts de normes dont l’empilement est souvent autobloquant.
Pour sortir de cet imbroglio il n’y a aujourd’hui qu’une solution - sachant qu’un retour au centralisme n’est guère envisageable politiquement et sociologiquement –il faut décentraliser clairement des responsabilités tout en simplifiant le millefeuille. Ce serait facteur de compréhension, de responsabilité et d’efficacité.
Il convient aussi de retravailler le financement de la protection sociale en garantissant la cotisation sociale sur le contributif et la fiscalité sur le non contributif, dossier en lien avec la réforme fiscale. Au passage le recours à la TVA n’est pas une bonne idée car cet impôt est injuste et son rendement fluctuant, ce qui fragiliserait la protection sociale.
Certes toutes ces réformes ne se font pas en un mois. D’où l’idée de mettre en place une structure temporaire jouant le rôle du CNR après la guerre, idée émise par le think tank Synopia et détournée par l’Elysée avec un conseil national de la refondation qui a fait pschitt.
Il va de soi que pendant la campagne la vie continue ! C’est pourquoi il serait ici et maintenant plus que nécessaire que les interlocuteurs sociaux ouvrent de grands thèmes de négociation et s’emparent de dossiers tels que l’organisation du travail et l’IA. Il s’agit de tenir compte des attentes et de préparer l’avenir sans tout attendre du politique, en s’imposant comme incontournables, visionnaires et réalistes.
Ce sont là certaines des conditions qui permettraient de passer de la défiance à la confiance en évitant les cases extrêmes sources de malheurs.