Egalité professionnelle dans la gouvernance de la fonction publique : quels leviers pour accélérer l'accès des femmes?
Dans le prolongement de la Journée internationale des droits des femmes, Administration Moderne et l'ensemble des réseaux féminins du secteur public ont organisé le 13 mars une journée de réflexion consacrée à l'égalité professionnelle dans la gouvernance de la fonction publique.
Pour les organisateurs de cet évènement: "L’égalité entre les femmes et les hommes constitue une exigence démocratique majeure et un principe structurant de l’action publique. Elle engage non seulement la justice sociale, mais également la capacité de la fonction publique à incarner les valeurs qu’elle porte et à répondre, avec efficacité et légitimité, aux attentes des citoyens."
La parité dans la gouvernance de la fonction publique progresse, mais reste insuffisante.
Un impératif donc: Faire progresser durablement l’égalité entre les femmes et les hommes au cœur de la gouvernance publique.
La parité dans la gouvernance de la fonction publique progresse, mais reste insuffisante.
: c'est un des principaux enseignements à retenir de la publication de la deuxième édition du baromètre de la gouvernance publique dévoilé par l’association Administration moderne, qui présente un état des lieux assez détaillé par secteur et par ministères dans la Fonction Publique .(*)
Elaboré en s'appuyant sur les données issues du rapport annuel sur l’état de la fonction publique et enrichi par la contribution croissante des associations et des réseaux engagés au sein des administrations, il offre une analyse approfondie des évolutions à l’œuvre.
L’ensemble des présidentes des associations et réseaux professionnels mobilisés en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes y ont apporté leurs contributions.
Par leurs analyses, leurs retours d’expérience et leurs propositions, elles peuvent nourrir utilement les réflexions pour faire évoluer les pratiques de gouvernance et promouvoir une représentation plus équilibrée dans les instances de décision publique.
L’analyse s’appuie également sur les travaux approfondis conduits par les équipes de l’iaelyon School of Management de l’Université Jean Moulin Lyon 3, dont les recherches apportent un éclairage scientifique précieux pour comprendre les dynamiques à l’œuvre.
Que retenir?
Entre 2025 et 2026, on observe une amélioration sensible de la parité dans la gouvernance effective des ministères.
En 2025, aucun ministère n’atteignait strictement le score de 100 %, même si certains se situaient dans la zone dite « équilibrée » (entre 80 % et 120 %), comme le ministère de la Justice (109,5 %) ou celui des Affaires sociales (111,5 %).
En 2026, la situation progresse puisqu’un ministère atteint exactement la parité (ministère de l’Armée, 100,7 %) et plusieurs autres se maintiennent dans la zone d’équilibre avec des scores resserrés autour de 100 % (justice à 102,1 %, intérieur à 90,7 % et transition écologique à 84,1 %).
La dynamique montre donc un recentrage global vers la zone d’équilibre et une diminution des écarts extrêmes dans le haut du classement. En revanche, la gouvernance administrative demeure marquée par des déséquilibres structurels, même si l’ampleur varie.
En 2025, de nombreux ministères se situaient très en dessous du seuil légal de 40 % pour l’un des deux sexes (Intérieur à 23,4 %, Conseil d’État à 31,6 %, Europe et Affaires étrangères à 43,5 %). En 2026, certains progrès sont visibles (par exemple le ministère de l’Europe et les Affaires étrangères remonte à 42,5 %, la Caisse des Dépôts à 77,3 %), mais plusieurs administrations restent nettement en situation de sousreprésentation (Banque de France à 48,5 %, Conseil d’État à 31,3 %, ministère de l’économie et des finances à 51,6 %).
Globalement, si 2026 traduit un effort réel vers la parité dans les cabinets ministériels et les fonctions politiques, l’équilibre dans la haute administration reste plus fragile et hétérogène, révélant un décalage persistant entre sphère politique et sphère administrative
(*) L'étude complète: