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22 / 04 / 2026 | 10 vues
Corinne Lefaucheux / Abonné
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4ème Baromètre « L’entreprise de Demain » : 91 % des salariés et 89 % des dirigeants appellent à un soutien public au développement des Scop

Résultats du 4ème Baromètre « L’entreprise de Demain » : Notoriété en progression, modèle plébiscité pour ses valeurs, performances reconnues et attractivité confirmée ... 91 % des salariés et 89 % des dirigeants appellent à un soutien public au développement des Scop

 


Malgré un climat économique incertain, les 4 583 sociétés coopératives confirment leur attractivité. La première vague de résultats de la 4e édition du baromètre « L’entreprise de demain », réalisé par OpinionWay pour la CG Scop, met en évidence une progression marquée de leur notoriété, ainsi qu’une reconnaissance croissante de leurs performances et de leurs valeurs.


Un paradoxe demeure toutefois : si des freins persistent du côté des dirigeants, un large consensus se dessine chez les Français, salariés comme dirigeants, en faveur d’un renforcement du soutien public au modèle coopératif.


Une notoriété en plein essor : le rôle clé des médias


Une progression fulgurante : la notoriété des Scop bondit de 17 points chez les dirigeants en moins de deux ans, atteignant désormais 74 %. 67 % des salariés sont eux aussi p us nombreux à en avoir entendu parler. Une montée en visibilité portée pour 52 % des salariés et des dirigeants par les médias. Cette médiatisation participe à faire émerger le modèle coopératif dans le débat public et à mettre en lumière des réussites économiques.


« La progression de la notoriété des Scop est une excellente nouvelle. Toutefois, revers de cette notoriété, lorsque les répondants connaissent les Scop, ils les associent majoritairement à une solution de reprise d’entreprises en difficulté pour 56 % des salariés et 75 % des dirigeants. Pourtant, en réalité seuls 7 % d’entre elles font l’objet d’une reprise à la barre. La très large majorité est issue de créations ou de transmissions d'entreprises performantes et en pleine croissance, bien loin de l’image d’Épinal du sauvetage industriel », déclare Cyril Zorman, président de la CG Scop.

 


Une attractivité confirmée pour ses valeurs positives


84 % des salariés et 73 % des dirigeants considèrent les Scop comme des entreprises d’avenir. Elles séduisent largement les salariés : 77 % d’entre eux se disent intéressés à l’idée de travailler dans une Scop et 47 % envisagent d’en créer une. Ce qui les attire, c’est un modèle qui associe performance économique et participation, partage des bénéfices (47 %), et implication dans les décisions (38 %), efficacité collective et dimension humaine (38 %).


Cette attractivité témoigne d’une aspiration croissante à des formes d’entreprise plus équilibrées, où la recherche de performance s’accompagne d’un partage plus juste de la valeur et du pouvoir. En comparaison, les dirigeants apparaissent plus réservés. 56 % se disent intéressés par le modèle, mais seuls 33 % envisagent de créer une Scop et 27 % de transformer leur entreprise existante, un chiffre en recul de 4 points.


Les freins identifiés sont principalement : une perception d’incompatibilité avec leur vision de l’entreprise (69 %), la complexité administrative et juridique (30 %), un manque d’information (24 %). Les incertitudes concernant le financement (14 %) et la crainte d’une baisse de rentabilité (12 %) restent minoritaires.

 


« Si les dirigeants apparaissent aujourd’hui plus mesurés, le potentiel est considérable. Si seulement 27 % du tissu économique français franchissait le pas, le nombre de Scop exploserait. À l’heure où près de 500 000 entreprises seront à transmettre dans les prochaines années, les Scop représentent une solution crédible, durable et encore largement sous-exploitée », décrypte Fatima Bellaredj, déléguée générale de la CG Scop.

 


Un modèle plébiscité pour sa compétitivité et sa capacité à créer des emplois


Au-delà de son attractivité, le modèle coopératif bénéficie d’une image solide, tant sur les valeurs qu’il incarne que les performances qu’il représente.


Ses valeurs humaines et culturelles arrivent en tête, citées par 78 % des salariés (+2 points) et 87 % des dirigeants. Les valeurs éthiques et sociales arrivent en second plan pour 57 % des salariés et 69 % des dirigeants (+5 points). Enfin, les dimensions liées à la performance et à la croissance sont moins mises en avant, avec respectivement 33 % salariés et 41 % des dirigeants (+4 points).


Sur le plan économique, les perceptions sont tout aussi favorables. Les Scop sont jugées compétitives par 80 % des salariés et 76 % des dirigeants, et tout autant considérées comme rentables. Leur capacité à durer dans le temps est également reconnue : 78 % des salariés et 77 % des dirigeants les jugent pérennes.

 

Elles sont par ailleurs perçues comme des acteurs majeurs de l’emploi : 90 % des salariés et 92 % des dirigeants estiment qu’elles préservent les emplois locaux, tandis que 86 % des salariés et 78 % des dirigeants les considèrent comme créatrices d’emplois en France.


Dans un contexte de réindustrialisation, leur rôle apparaît de plus en plus structurant.

 

Près d’un répondant sur deux met en avant la maîtrise des savoir-faire industriels (49 % des salariés, 53 % des dirigeants). Leur ancrage territorial est également cité (34 % et 36 %), tout comme leur contribution à la souveraineté industrielle (32 % et 39 %). Enfin, leur capacité d’innovation (29 % et 31 %) et d’investissement à long terme (30 % et 31 %) renforce cette perception.


L’appel des Français aux soutiens des banques et de l’Etat


Malgré une notoriété croissante, le modèle coopératif reste confronté à un déficit d’estime. Une large majorité de salariés et de dirigeants appelle à un soutien accru des pouvoirs publics (91 % / 89 %) et du secteur bancaire (90 % / 94 %), signe que son développement est perçu comme un enjeu stratégique.


Un paradoxe persiste toutefois : bien que positivement perçu, le modèle doit encore « faire ses preuves » (84 % / 88 %). Dans ce contexte, 86 % des salariés et 79 % des dirigeants souhaitent qu’il prenne davantage d’ampleur dans l’économie dans les années à venir.


« On demande encore aux Scop de « prouver » leur robustesse, alors même que leur taux de pérennité est supérieur de 10 points à celui des entreprises classiques. Le besoin de soutien, exprimé par une très large majorité de salariés et de dirigeants, reflète une réalité de terrain : les Scop n’ont pas toujours accès aux mêmes financements que les entreprises traditionnelles. Soutenir une Scop n’est pas plus risqué ; c’est investir dans la stabilité et la performance durable », conclut Cyril Zorman, président de la CG Scop.

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