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01 / 06 / 2026 | 41 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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La situation de crise à la MMJ devient hautement préoccupante

La situation de crise que traverse actuellement la MMJ atteint désormais un niveau particulièrement alarmant et soulève de graves interrogations sur les conditions de gouvernance de la mutuelle, le rôle joué par le groupe AÉSIO ainsi que sur l’avenir des adhérents et des salariés.

 

 

Depuis la perte du marché de la PSC, aucune véritable stratégie de transformation ou de relance de la MMJ n’a finalement pu être  mise en œuvre. Au contraire, pour un certain nombre de militants, le groupe AÉSIO semble avoir méthodiquement écarté les projets d’adaptation initiés par l’ancienne direction de la mutuelle, tout en préparant progressivement le transfert du portefeuille santé vers le groupe.

 

 

Depuis décembre 2025, la MMJ a visiblement connu une explosion des dépenses liées par  le recrutement de plusieurs « managers de transition » pendant que plusieurs salariés historiques étaient évincés, poussés vers la sortie ou licenciés. Cette politique a profondément désorganisé la mutuelle et détruit une partie essentielle de ses compétences internes.

 

 

Dans le même temps, pour certains, AÉSIO ne s’est distingué ni par un soutien fort à la candidature de la MMJ dans le cadre de l’appel d’offres PSC du ministère, ni par des mesures concrètes destinées à préserver l’autonomie et le modèle mutualiste de la MMJ et tout se passe comme si l’objectif réel consistait moins à sauver la mutuelle qu’à organiser l’absorption de son portefeuille santé et de ses fonds propres.

 

Mais, en tout état de cause, la situation institutionnelle est désormais devenue totalement ubuesque depuis la tenue de deux Assemblées générales le 5 Mai dernier et des problèmes de mise en œuvre des décisions prises.

 

En effet, alors que le Président Anfray avait pris la décision de convier les délégués à une AG en début d’après-midi pour révoquer le Conseil d’Administration, une majorité d’administrateurs, en désaccord  avec les méthodes de gestion du Président et son absence de transparence  sur  le dossier, a pris l’initiative de convoquer une AG en fin de matinée pour révoquer le Président Anfray.  Dans le prolongement de cette AG, Frédéric Haupais  a été élu comme nouveau Président de la MMJ mais il s’est vu refusé l’entrée des locaux  de la Mutuelle, alors que  le président révoqué ainsi que la Directrice Générale ont continué à exercer de fait des fonctions de direction sans aucune légitimité statutaire, avec le soutien implicite ou explicite du groupe AÉSIO.

 

Depuis  plusieurs mois, les instances sont paralysées, les décisions reportées et les salariés maintenus dans une situation d’incertitude permanente. De nombreux témoignages internes dénoncent une pression devenue insupportable ainsi qu’un climat social extrêmement dégradé.

 

Le 20 mai 2026, la crise a franchi un nouveau seuil

 

Même si l’Assemblée générale du 5 mai 2026 avait déjà révoqué le président Jean Yves Anfray et le Conseil d’administration suspendu de ses fonctions et délégations à titre conservatoire Madame Clara Pollart-Morlat, selon un communiqué de la MMJ, un conseil d'administration, réuni ce mercredi 20 mai par le Président révoqué, « a décidé de mettre fin aux fonctions de Clara Pollart-Morlat, jusqu'alors Directrice Générale de la MMJ, avec effet immédiat.

 

Et…pour  assurer la continuité opérationnelle de la mutuelle dans cette période de transition, le conseil d'administration a confié la fonction de Directeur général par intérim à Olivier Brenza, Directeur Général de l'UMG Aésio.», cette nomination  illustrant un niveau inédit de confusion institutionnelle et de crise de gouvernance au sein de la mutuelle et soulevant  une question majeure de légitimité.

 

En effet, dans un entretien accordé à L’Argus de l’assurance le 16 mars 2026, il était explicitement indiqué que Clara Pollart-Morlat, présentée comme spécialiste du management de transition, intervenait à la MMJ « sous la responsabilité du directeur général de l’UMG Aésio, Olivier Brenza », avec pour mission de « dresser un bilan de la situation ». Dans ces conditions, le voir aujourd’hui  prendre immédiatement la tête de la MMJ interroge et apparaît comme la continuité directe d’une stratégie de reprise en main engagée depuis décembre 2025 par AÉSIO. Cette nomination interpelle nombreux militants de la Mutuelle et apparaît d’autant plus contestable que ce dernier est directement associé aux choix de gouvernance opérés depuis fin 2025,

 

En effet  Clara Pollart-Morlat avait été missionnée puis imposée à la MMJ comme manager de transition sous son autorité directe, avant d’être soutenue dans son accession aux fonctions de Directrice Générale. Cette désignation soulève une question évidente de légitimité et d’impartialité et cette situation nourrit désormais un profond sentiment de confiscation de la gouvernance mutualiste de la MMJ au profit du groupe AÉSIO qui privilégie les contacts avec un Président révoqué.

 

Selon plusieurs sources internes, les salariés auraient été informés que l’ACPR exigerait un transfert du portefeuille d’adhérents vers AÉSIO au 1er janvier 2027 et que la MMJ ne porterait désormais plus le risque assurance santé…mais qu’en est-il vraiment ?

 

Si ces éléments se vérifiaient, ils  confirmeraient les craintes grandissantes des salariés, des élus et des adhérents : la disparition progressive de l’autonomie de la MMJ semble désormais actée, sans véritable débat transparent sur l’avenir de la mutuelle, sur le devenir des salariés ni sur les garanties offertes aux adhérents.

 

Aucune assurance n’est aujourd’hui apportée concernant :

 

  • le maintien des niveaux de cotisations historiquement modérés de la MMJ ;
  • la préservation des garanties prévoyance et dépendance ;
  • ou encore le devenir des fonds propres constitués par les adhérents de la mutuelle.

 

Au regard de la gravité des faits, une question centrale demeure désormais posée :qui gouverne réellement la MMJ aujourd’hui, et dans l’intérêt de qui ?

 

Il serait urgent que la justice (saisie en référé par le Président Haupais) tranche la question de la légitimité de la gouvernance  qui doit être reconnue et clarifie les choses à partir des règles et principes en vigueur dans le monde mutualiste.

 

En attendant…quel spectacle affligeant !

 

 

 

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