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Mettre en œuvre une autre économie politique, plus partageuse et plus respectueuse du vivant et de son milieu naturel.
L’année 2025 s’est achevée, vive 2026 ? C’est bien entendu le cri d’espoir que l’on doit lancer en ce début de nouvelle année, tant 2025 aura été éprouvante et angoissante, en laissant de nombreuses incertitudes et beaucoup d’inquiétude pour l’avenir de nos sociétés démocratiques.
Nous sommes toujours dans un contexte de crises, économique, sociale, environnementale et désormais politique et géopolitique, avec des conséquences de plus en plus néfastes pour la majeure partie de la population et catastrophiques pour les plus défavorisés.
Les pouvoirs publics sont contraints d’accumuler les mesures de court terme pour endiguer les déficits et pour tenter de réparer les fractures causées par l’incurie des politiques passées, sans donner de la visibilité au futur ni de l’espoir pour redonner confiance.
Au contraire les vieux démons ressurgissent et sans surprise, les solutions technocratiques continuent de prendre le pas sur la pensée politique héritée de la philosophie des Lumières.
Nous venons de le voir dans les désastreuses discussions budgétaires à l’Assemblée Nationale, où les idées les plus saugrenues fusent dans les propositions de certains parlementaires qui manifestement ne voient pas le monde qui vient. Ceci n’améliore pas la qualité des débats démocratiques que l’on serait en droit d’attendre de la part des représentants des citoyens, dans un contexte global qui nécessite sérieux et responsabilité. Cette absence de hauteur de vue et de sérénité ne peut que conduire aux mauvaises solutions et donc aux déceptions, au désenchantement et au rejet des institutions.
Il nous faut donc amplifier nos efforts pour convaincre qu’il est indispensable de changer de paradigme économique et de rompre avec un système spéculatif qui crée de plus en plus d’inégalités dans le monde, en mettant en œuvre une autre économie politique, plus partageuse et plus respectueuse du vivant et de son milieu naturel.
Les nombreuses initiatives prises sur le terrain, les deux évènements majeurs organisés à Bordeaux, la 10ème conférence internationale de recherche du CIRIEC et le Forum mondial de l'économie sociale, la 10ème édition des Journées de l’économie autrement à Dijon, ne peuvent que renforcer notre détermination à travailler ensemble pour promouvoir les principes et les valeurs de cette forme d'économie qui seule peut répondre aux enjeux de ce monde en transition, aux côtés de l'action publique qu'il est plus que jamais nécessaire de soutenir car elle est garante de notre pacte républicain fondé sur l’Etat de droit, la solidarité et la justice sociale. Elle est aussi garante de notre liberté qui pourrait être compromise par les velléités expansionnistes des autocrates qui s’affirment à l’Est et à l’Ouest.
Pour sa modeste part, le CIRIEC-France s’engage, avec le CIRIEC International, à développer plus que jamais la recherche scientifique et l’information sur une économie différente qui serve l’intérêt général, qui crée de la valeur collective, et qui finalement mette le pouvoir d’agir des individus et leur bonheur au cœur de ses finalités.
C’était la volonté du professeur Edgard Milhaud lorsqu’il fonda le CIRIEC en 1947, et qui enseignait que promouvoir une économie d’intérêt collectif, était l’un des moyens d’émancipation des peuples et de préservation de la démocratie et de la paix.
En ce début d’année, je formule donc un triple vœu :
- que cessent les conflits meurtriers en Europe et dans le monde ;
- que la raison du collectif fondé sur la coopération, la mutualisation, l’association, la coconstruction, l'emporte sur la déraison de l'individualisme, du chacun pour soi, de la xénophobie ;
- que l’action publique soit à la hauteur des grands enjeux du devenir de notre humanité, déjà en prenant conscience de la nécessité de changer de modèle économique pour apporter des réponses appropriées aux défis mondiaux qui sont face à nous.
« Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remord pour le présent, et une confiance inébranlable pour l’avenir »: Jean Jaurès