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La Fondation MNH se penche sur les « coûts cachés » de l’absentéisme
La Fondation MNH (1) organisait mardi dernier un webinaire consacré à l’impact économique de l'absentéisme, du présentéisme et leurs effets sur la productivité
et la qualité des soins. Les premiers résultats d’une étude conduite par une équipe de recherche l'Ecole des hautes études de santé publiques (EHESP) ont été présentés.
«On s'est rendu compte que le coût de la mauvaise santé était un sujet qui n’était pas connu, aussi bien dans les établissements sanitaires que médico-sociaux et aussi bien dans les secteurs privés lucratifs, non lucratifs et publics », a observé le Dr Philippe Denormandie, un des auteurs du rapport sur la santé des soignants d'octobre 2023 et délégué général de la Fondation MNH
Les travaux conduits s’appuient sur 1 400 réponses à un questionnaire apportées par des cadres de santé (principalement d’établissements publics). Les premiers résultats
étaient présentés mardi dernier.
«Lorsqu’ un infirmier est absent une journée, la production de l’équipe est affectée à tel point que le coût n’est pas simplement celui d’un salaire perdu mais de 1,59 fois le salaire perdu. Il y a donc un effet d’environ 60% de coûts supplémentaires», a observé Nicolas Sirven, professeur de sciences économiques à l’EHESP.
Selon ces travaux, le coût total de l’absentéisme pour 100 jours dépasse les 46 000 €. A la perte salariale de 16 000 € s’ajoutent les pertes en termes de qualité de
soins (affectée par la présence moindre de personnel), soit 20 640 €, et de productivité, soit 25 440 €.
Les coûts grimpent encore en prenant en compte le présentéisme.
Par exemple, pour un infirmier de retour au travail après un burn-out et qui n’est «pas en capacité complète d'effectuer son métier dans la totalité des charges qui lui incombent», a précisé Nicolas Sirven. Dans ce cas, l’impact pour 300 jours est évalué à 69 120 €, soit un total de 115 000 €, un coût presque 8 fois supérieur à la mesure usuelle des
services RH. Un guide pratique sera mis à disposition des établissements qui pourront ainsi faire leurs propres calculs avec l’ensemble des unités médicales et métiers concernés.
«Notre travail permet de mettre en perspective l'ensemble des coûts cachés que peuvent avoir des phénomènes tels que l'absentéisme ou le présentéisme pour raison de santé», a précisé Nicolas Sirven. Il permettra concrètement de conduire les directeurs d’établissements à s’interroger sur l’intérêt d’investir ou non dans un programme d’amélioration de la santé des soignants, en intégrant bien toutes les données.
L’étude a désormais vocation à être reproduite pour le secteur médico-social à partir d’un questionnaire travaillé en vue de répondre à ses spécificités.
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