Santé mentale des agents territoriaux: Une nouvelle enquête de la Mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriales (MNFCT)
La santé mentale a été désignée Grande cause nationale en 2025 et prolongée pour l'année 2026 sous le slogan « Parlons santé mentale ! »... le sujet est donc souvent mis en avant au travers de colloques, conférences et études diverses.
Plus de 6.500 agents territoriaux ont répondu entre mai et juillet dernier à une enquête en ligne conduite par la Mutuelle nationale des fonctionnaires des collectivités territoriales (MNFCT) et Idealco, plateforme collaborative et organisme de formation pour les agents territoriaux.
Les résultats du baromètre (*) initié également par Moodwork, entreprise spécialisée dans la prévention de la santé mentale au travail, viennent d'être publiés.
Ils apportent un éclairage complémentaire , mais confirment les fragilités de la santé mentale des agents de la fonction publique territoriale mise en avant par les organisations syndicales et de nombreux acteurs.
Les principaux éléments de constat:
- Une santé mentale des agents à risque:
45 % des agents se déclarent épuisés par leur travail au moins une fois par semaine ;
45 % ressentent une irritation régulière ;
35,6 % perçoivent un risque pour leur santé mentale sur leur lieu de travail.
- Une santé mentale qui se dégrade :
+ 3 points sur le niveau d’épuisement et d’irritation
+1,6 points sur le niveau de risque perçu depuis 2025
Les plus touchés : agents de catégorie C, encadrants et titulaires.
Les moins touchés : agents en CDD et de moins de 25 ans.
- Principales causes d'épuisement :
= charge de travail (40 % la jugent trop élevée régulièrement), incertitude de l'emploi (35 %), exigence émotionnelle (33,7 %).
= Incivilités et violences des usagers : 30 % des agents en subissent plusieurs fois par mois. Parmi les plus exposés, 43 % rapportent des troubles du sommeil quotidiens, contre 13 % chez les non-exposés.
- Les agents multiplient les actions pour leur santé mentale
76 % mettent en place au moins une action pour préserver leur santé mentale : activité physique (55 %), relaxation (33 %), accompagnement psychologique (27 %), traitement médical (20 %). 65 % déclarent un besoin d'accompagnement pour gérer leur santé mentale (davantage chez les catégories A et les agents en CDD).
Plus d'un agent sur dix déclare des comportements addictifs (alcool, drogues…) liés au travail plusieurs fois par mois ou plus — surreprésentation des hommes, des catégories C et des encadrants.
- Le sens au travail : une protection, mais ambivalente
71 % perçoivent du sens dans leur travail (-4 points par rapport à 2025). Utilité : 82 % ; importance : 80 % ; stimulation et développement des compétences : 55 % ; autonomie : 45 %.
Première source de sens : l'alignement des valeurs entre l'agent et sa collectivité.
Les facettes du sens sont fortement associées à la santé mentale (jusqu'à 52 % des écarts d'épuisement et 51 % de l'irritation).
Les leviers d'action prioritaires recommandés
- Cibler et accompagner les populations les plus fragilisées : catégories C, femmes, moins de 35 ans, et encadrants.
- Lever les freins financiers et géographiques à l'accès aux soins (aides, consultations à coût réduit, relais internes).
- Former systématiquement aux RPS dès la prise de poste, puis de façon régulière, et suivre l'efficacité des formations.
- Renforcer et piloter le soutien managérial et le rendre visible (qui contacter, pour quoi, en combien de temps).
- Déstigmatiser la prévention en santé mentale et les conduites addictives par un dialogue ouvert et des campagnes de proximité.
- Accroître le rayonnement et le partage de la multitude d'initiatives innovantes entre collectivités en faveur de la santé mentale
- Relations sociales
- Santé au travail parrainé par Groupe Technologia