Participatif
ACCÈS PUBLIC
27 / 10 / 2026 | 7 vues
FO France Travail / Abonné
Articles : 30
Inscrit(e) le 27 / 06 / 2026

France Travail: un bilan social 2025 qui traduit une détérioration profonde des conditions de travail

Lors du CSEC extraordinaire des 26 et 27 octobre 2026, l’analyse des bilans sociaux, de la formation et de la sécurité soumis à notre consultation pour l’année 2025 dresse un constat sans appel : la politique sociale de notre établissement est alarmante et met les personnels sous une tension intolérable.

 

Derrière les discours institutionnels sur la « transformation », le « réseau pour l’emploi » ou la démarche « Vision et Valeurs », la réalité quotidienne vécue par les agents dans les agences, les directions régionales et les services supports est celle du mal-être, de l'épuisement et de la précarité.

 

Dégradation de la santé des agents et explosion des RPS : L'alerte rouge est dépassée !

 

Les chiffres du Bilan Social 2025 sont terrifiants et traduisent une détérioration profonde des conditions de travail :

  • Un taux d'absentéisme global qui atteint 9 %, représentant plus de 1,21 million de jours d'absence.
  • Un absentéisme maladie de 7,33 %, soit une moyenne de 20,6 jours d'absence par agent.
  • Plus grave encore, les arrêts maladie de longue durée (plus de 240 jours) bondissent de plus de 33 % en un an, atteignant près de 290 000 jours ! Ce chiffre est la preuve indiscutable d'un épuisement professionnel généralisé et de burn-out à répétition générés par la pression du chiffre, la désorganisation et les réformes à marche forcée.
  • Le taux de fréquence des accidents du travail repasse la barre des 10,7 par million d'heures.
  • Dans le même temps, 272 agents ont été déclarés définitivement inaptes, mais la Direction n'en a reclassé que 14, préférant se séparer de 249 collègues par le licenciement pour inaptitude ! Pour la Cgt-FO, cette casse humaine est inacceptable.

 

 

Sûreté et sécurité : Les agents en première ligne sans moyens suffisants

 

En 2025, nous comptabilisons encore plus de 11 000 agressions et incivilités et plus de 3 000 expressions d'intention suicidaire d'usagers gérées au quotidien par les personnels. Les agents payent au prix fort le mécontentement et la détresse sociale engendrés par la complexité des règles d'assurance chômage et des sanctions associées. Sur le plan de la sécurité bâtimentaire, le bilan révèle que sur 3 302 réserves de sécurité identifiées, près de la moitié – dont des centaines nécessitant une intervention immédiate – n'ont toujours pas été levées à la fin de l'année. La Direction manque à son obligation légale de sécurité et de protection de la santé des salariés.

 

Emploi et gestion des effectifs : Précarité et fuite en avant

 

Alors que les besoins sur le terrain sont immenses pour accompagner la mise en œuvre de la loi Plein Emploi :

  • L'effectif moyen mensuel baisse de 1 %.
  • La Direction fait le choix de la précarité systématique : les contrats CDD explosent (+18,6 % de stock au 31 décembre, atteignant 4 750 agents) et le recours aux contrats d'intérim explose avec une dépense de 1,44 million d'euros (+80 % en un an).
  • Les jeunes sont sacrifiés : les moins de 25 ans ne représentent plus que 6,1 % des recrutements en CDI, les moins de 30 ans ne représentent plus que 5,3 % de l’effectif (-0,4 points).
  • Dans le même temps, la fuite des compétences se poursuit avec 923 départs à la retraite non compensés à la hauteur des besoins et des centaines de démissions et ruptures conventionnelles.

     

Formation et rémunération : Le pouvoir d'achat en berne

 

En matière de formation, l'activité a été saturée par l'accompagnement réglementaire des réformes (Convention d'Assurance Chômage), réduisant d'autant le nombre global de stagiaires formés (-16,8 %) et délaissant les parcours d'évolution professionnelle, notamment pour les fonctions support (-21 % de stagiaires).

 

Côté rémunération, l'échec de la NAO 2025 et le passage par décision unilatérale démontrent le refus d'accorder aux agents des revalorisations salariales à la hauteur de l'inflation et de la charge de travail. De surcroît, les écarts salariaux Femmes/Hommes demeurent scandaleusement ancrés à près de 19 % en faveur des hommes (soit 8 700 € d'écart moyen annuel).

Pas encore de commentaires