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14 / 09 / 2026 | 7 vues
Jean-Philippe Milesy / Membre
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Une invitation à "sortir des passions tristes"

Une intervention de la Fondation «Ceci n’est pas une crise » (1) est toujours un moment fort dans les réflexions, les combats pour une société d’égalité, de solidarité et de fraternité pour reprendre le triptyque émancipateur repris par Jean-Pascal Labille dans une de ses dernières prises de parole à Mons, le 5 septembre.

 

Car nous nous trouvons en Belgique : c’est à Bruxelles en 2013 que le caricaturiste Pierre Kroll et Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris (Mutualités socialistes belges) mais qui est alors ministre fédéral (PS) des Entreprises publiques, de la Coopération au Développement et de la Politique des Grandes Villes refusant le concept de crise qui habille de manière trompeuse la mise en place d’un nouvel ordre public libéral créent la Fondation au nom explicite.

 

« Ceci n’est pas un crise » est un refus de la fatalité, telle qu’elle est trop souvent présentée à une opinion désorientée. Il n’y a pas de fatalité au développement des inégalités, à la dislocation de la société, aux replis identitaires et à l’ » agonisme » (2) qui nourrissent les populismes. Il n’y a là que les effets de ce nouvel ordre du monde à l’heure du capitalisme financier.

 

L’ouvrage présenté cette année par la Fondation porte lui aussi un titre explicite : « Sortir des passions tristes ».(3) 

 

À partir d’une enquête sociologique approfondie de la société belge — mais qui serait pour l’essentielle identique si elle était conduite en France—, Benoît Scheuer, relève cinq de ces passions tristes qui minent la société :

 

  • en premier lieu l’impuissance,
  • en second lieu le ressentiment, la frustration et la colère,
  • en troisième lieu l’absence de reconnaissance social,
  • en quatrième lieu le repli, l’isolement et le désengagement
  • et enfin le désespoir et les peurs existentielles.

 

Le tableau, fortement argumenté, est assez noir.

 

Et à ces passions tristes, les réponses que semblent vouloir leur apporter, au-delà des libéraux à la Hayek, les « Lumières sombres » les Peter Thiel ou Curtis Yarvin pousseraient à un pessimisme total.

 

Mais l’ouvrage ne saurait s’en tenir à ce triste constat et il propose cinq leviers pour réduire ces passions tristes, pour sortir du monde où elles nous plongent.

 

  • Il y a la compréhension et le sens avec pour ressort « l’éducation populaire comme émancipation ».
  •  Il y a le développement d’une capacité d’agir et la participation.
  • Il y a une reconnaissance et une considération nouvelles « de la dignité ouvrière à la lutte contre le mépris social ».
  • Il y a lé rétablissement du lien social et du sentiment d’appartenance.
  • Il y a enfin la promotion d’une mutualisation élargie avec pour ressort le développement des coopératives.

 

« Comprendre notre époque, ouvrir l’horizon « se propose en sous-titre l’ouvrage de Benoît Sheuer. Il contribue de fait à refuser la fatalité de la crise contre laquelle s’élève la Fondation.

 

(1) https://cecinestpasunecrise.org/la-fondation/

(2) qualifie un comportement ou un ensemble d'actions liées à la lutte et à la compétition (affrontements, postures de menace ou de soumission) entre des animaux ou des humains pour l'accès à une ressource ou à un territoire.

(3) Benoît Scheuer, « Sortir des passions tristes »  (éd. Luc Pire, 2026)

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