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16 / 01 / 2026 | 14 vues
Marie Terre / Membre
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Qualisocial présente le 3ème Baromètre Santé mentale & QVCT 2026 : La santé mentale des travailleurs s’améliore, mais les fractures s’installent

Alors que la santé mentale est à nouveau cause nationale, pour la première fois depuis la crise sanitaire, la santé mentale des travailleurs en France amorce une nette amélioration.


Selon la 3ème édition du Baromètre Santé mentale & QVCT réalisé par Qualisocial en partenariat avec Ipsos-BVA auprès de 3 000 travailleurs, 22 % des actifs, soit près de 6 millions de personnes, se déclarent en mauvaise santé mentale en 2026. C’est 3 points de moins (25% en 2025), confirmant un infléchissement attendu mais encore fragile.


Car derrière cette amélioration globale se dessine une réalité plus préoccupante : les écarts se creusent entre les populations, les secteurs et les organisations, et l’impact d’une mauvaise santé mentale sur le travail atteint un niveau inédit. Alors que 86 % des salariés bénéficiant d’un plan complet de prévention estiment qu’il a amélioré leur santé mentale, avec des effets positifs sur l’engagement, l’énergie et la satisfaction au travail. On relève que la prévention reste insuffisamment déployée, 44 % du panel déclare ne bénéficier d’aucune action de prévention en santé mentale.


Un mieux réel, mais encore loin du niveau d’avant-crise


Avec 22 % de travailleurs en mauvaise santé mentale, la situation reste très dégradée au regard de la période pré-Covid, où ce taux s’établissait autour de 17 %, soit 4,6 millions de personnes. Si la dynamique actuelle se poursuit, un retour à ce niveau pourrait être envisagé à l’horizon 2030.
L’amélioration observée en 2026 bénéficie davantage à certaines populations. Les femmes enregistrent une progression marquée, avec 25 % en mauvaise santé mentale, contre 29 % en 2025 (–535 000 femmes). Chez les hommes, le taux recule également, passant de 21 % à 19 % (–275 000).


« Le signal est clair : la santé mentale s’améliore enfin. Mais cette amélioration reste partielle et réversible. Nous n’avons pas encore effacé les effets de la crise, et surtout, tout le monde ne va pas mieux. » Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial


De fortes disparités selon les secteurs
Le baromètre met en évidence des écarts sectoriels marqués, révélateurs de conditions de travail très inégales.


Les secteurs les moins exposés à une mauvaise santé mentale :
 

  • Construction et BTP : 14 % de travailleurs en mauvaise santé mentale
  • Services aux entreprises : 18 %
  • Banque, assurance et activités immobilières : 19 %


Les secteurs les plus en difficulté : 
 

  • Hébergement médico-social et action sociale : 31 %
  • Commerce : 26 %
  • Enseignement et formation professionnelle : 25 %


Ces écarts traduisent une réalité persistante : l’amélioration globale masque une aggravation pour les collectifs déjà fragilisés, en particulier dans les métiers de service, du soin et de la relation.


Quand la santé mentale se dégrade, le travail décroche

L’édition 2026 confirme un lien de plus en plus fort entre santé mentale et performance au travail. Les travailleurs en mauvaise santé mentale affichent :

  •  – 33 % d’engagement
  •  – 45 % de propension à recommander leur employeur
     

Autrement dit, la santé mentale pèse directement sur l’engagement, l’énergie au travail et la marque employeur, avec un risque accru d’épuisement et de ruptures professionnelles.


« Ce que montre le baromètre, c’est que les organisations paient directement le prix de la dégradation de la santé mentale : désengagement, perte d’énergie, fragilisation de la relation au travail. » Camy Puech


Des causes majoritairement externes, mais un levier d’action pour les entreprises
En 2026, les facteurs de dégradation de la santé mentale sont d’abord extra-professionnels :
 

  • Facteurs individuels (manque de temps, difficultés économiques, santé, famille) : 38 %
  • Facteurs liés au contexte national (situation économique, politique et sociale) : 32 %


Les facteurs professionnels (conditions de travail, tensions relationnelles) représentent néanmoins 21 % des causes citées. Le travail n’est donc pas la cause unique, mais il reste un levier d’action central, sur lequel les employeurs peuvent agir concrètement.


Sécurité psychique et relations humaines : les nouvelles priorités au travail
Interrogés sur ce qui compte le plus dans leur travail, les salariés placent désormais en tête :
 

  • Les conditions de travail, la santé et la sécurité au travail : 25 %
  • Les relations au travail et l'ambiance de travail : 24 %
  • L’excellence opérationnelle (clarté des rôles, autonomie, organisation) : 17 %


Ces attentes confirment une transformation profonde du rapport au travail : la qualité des relations, le sentiment de sécurité et le cadre organisationnel deviennent des déterminants majeurs de la santé mentale.


Prévention : un retard persistant malgré des effets démontrés
Malgré ces constats, la prévention reste insuffisamment déployée. 44 % des salariés déclarent ne bénéficier d’aucune action de prévention en santé mentale, et seuls 21 % ont accès à un plan de prévention complet. Pourtant, lorsque ces dispositifs existent, leur efficacité est largement reconnue : 86 % des salariés bénéficiant d’un plan complet estiment qu’il a amélioré leur santé mentale, avec des effets positifs sur l’engagement, l’énergie et la satisfaction au travail.


« Les résultats sont sans ambiguïté : la prévention fonctionne. La question n’est plus de savoir s’il faut agir, mais pourquoi on n’agit pas davantage. » Camy Puech

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