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26 / 06 / 2026 | 7 vues
Eric Gautron / Abonné
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Arrêts de travail et santé mentale : l’urgence d’un renforcement de la prévention

Alors que le gouvernement a présenté en avril dernier son plan d’action national contre l’absentéisme, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 43% des salariés ayant eu un arrêt de travail dans l’année déclarent une cause psychologique (totale ou partielle)[1].

 

Selon Santé Publique France, 10% des suicides seraient liés au travail. Aujourd’hui, la santé mentale constitue la deuxième cause d’arrêt de travail et la première cause des arrêts de travail longs. Ce phénomène touche particulièrement, les jeunes, les femmes, les cadres (54% se disent en situation d’épuisement) et les personnes exerçant dans des métiers à forte pression.


Parmi les arrêts de travail liés à un problème de santé mentale, un sondage récent[2] révèle que 34% d’entre eux sont directement liés au travail, mais le pourcentage monte à 57% chez les actifs qui ne parviennent pas à faire face à leur charge de travail. Outre la charge de travail, le manque de reconnaissance, les pratiques managériales, les comportements toxiques individuels ou en groupe, ainsi que les tensions liées à l’organisation du travail pèsent sur la santé psychologique des salariés (intensification du travail, sous-effectif chronique...) expliquent ces problèmes de santé mentale.


Certains secteurs sont davantage concernés. Il s’agit de la santé, du social, de l’éducation, mais également des transports et de la logistique, ainsi que du commerce, de la Fonction publique et du BTP. Ces secteurs ont en commun la conjugaison d’une forte pression (temps, objectifs, responsabilités), une charge émotionnelle et relationnelle élevée, mais aussi une organisation du travail dégradée. Même si le sujet de la santé mentale est de plus en plus abordé, la pression est encore trop souvent banalisée dans les
entreprises.


Bien que la santé mentale ait été décrétée comme priorité nationale en 2025, les réponses apportées ne sont pas à la hauteur des enjeux. Dans ces conditions, renforcer la prévention en matière de santé mentale au travail apparaît comme une nécessité.


D’emblée, il s’agit de mieux intégrer les risques psychosociaux dans le DUERP. Ils n’y figurent que rarement.

Or, il s’agit d’un outil essentiel en matière de prévention, y compris du point de vue de la santé mentale.


En matière de représentation du personnel, la suppression des CHSCT, instance spécialisée, a porté un coup sérieux à la prévention. La dilution de la santé dans les multiples sujets abordés au CSE fragilise la problématique de la santé et de la prévention. C’est pourquoi le rétablissement des CHSCT est réclamé par notre organisation syndicale.


La prévention des problématiques de santé mentale au travail passe également par une plus grande sensibilisation des acteurs dans l’entreprise, mais suppose également de lever le tabou de la toxicité de certaines formes de management.


Autre condition essentielle pour agir sur la prévention en matière de santé mentale : la revalorisation de la médecine du travail, parent pauvre du système et la garantie d’un meilleur accès aux soins dans le cadre de la médecine de ville.



[1] Chiffres Workplace Options, IPSOS/BVA, 2026.
[2] Sondage préc.

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