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04 / 06 / 2026 | 28 vues
Alexandre Beau / Membre
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Vers une dégradation du déficit des retraites plus importante que prévu à partir de 2045

Le rapport annuel du COR a été rendu public la semaine dernière...(*)

 

Les grandes lignes à retenir:

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D’après l’instance indépendante, le déficit du système de retraite (régimes de base et complémentaire) devrait s'approcher des 6,8 Mds € en 2030, représentant 0,2% du PIB, une estimation proche de celle de son précédent rapport. Il atteindrait ensuite 0,9 point de PIB en 2045, mais se creuserait pour atteindre 2,4% du PIB, 25 ans plus tard (contre 1,4 point prévu dans la précédente estimation).

 

Ces projections plus alarmantes intègrent les nouvelles estimations de population établies par l'Insee (voir ci-dessous). L’indicateur conjoncturel de fécondité poursuivrait sa baisse et se stabiliserait à 1,45 enfant par femme à partir de 2028 (contre 1,8 auparavant), avec des répercussions sur le nombre de travailleurs. Les perspectives concernant le solde migratoire sont, quant à elles, revues à la hausse avec désormais 150 000 personnes supplémentaires attendues par an (après une hypothèse précédente de 70 000). A la clé, une hausse du nombre d'actifs et donc plus de cotisations. Par ailleurs, l’augmentation de l’espérance de vie devrait être finalement moins rapide qu’anticipé.

 

Les effets attendus de ces deux derniers points pourront, en partie, amortir l’impact de la crise au Moyen-Orient, et de la suspension de la réforme de 2023. Le coût de cette dernière est ainsi estimé à 1,8 Md € en moyenne en année pleine jusqu’en 2032.

 

Le COR examine par ailleurs, comme dans les éditions précédentes, plusieurs leviers pour redresser les comptes : diminution des dépenses, hausse des cotisations, recul de l’âge de départ. Il rappelle toutefois que seule cette dernière voie est «expansionniste». Dans le scénario de référence, en misant sur le seul «levier de l’âge», la piste d’un relèvement progressif est évoquée : 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et enfin 67,6 ans en 2070. Dans son précédent rapport, l'instance tablait alors sur 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070. 

 

Des conclusions qui ne manqueront pas de relancer le débat, à moins d’un an de la présidentielle de 2027…

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Le rapport annuel et sa synthèse

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Pour Force Ouvrière, le rapport 2026 du COR confirme que les déséquilibres du système de retraite relèvent d’un problème de financement, et non d’un excès de dépenses.

 

Loin des discours alarmistes cherchant à justifier de nouvelles réformes, les dépenses de retraite restent stables sur le long terme, passant de 14,1% du PIB en 2025 à 14,2% en 2045. En revanche, si les dépenses restent globalement maîtrisées, les ressources diminuent progressivement dans les projections du COR.

 

Le véritable enjeu est celui du financement : il s’agit de garantir des recettes à la hauteur des besoins, et non de réduire les droits.

 

Près des deux tiers des ressources des régimes de retraite proviennent des cotisations sociales. À cet égard, le COR souligne que les exonérations et allègements de cotisations ne sont pas toujours intégralement compensés. L’absence de compensation coûtait ainsi 2,2 milliards d'euros en 2024 pour la branche vieillesse.

 

Dans ce contexte, FO s’oppose à toute nouvelle remise en cause des droits à la retraite et réaffirme sa revendication pour l’abrogation de la réforme de 2023 ! Pour FO, un nouveau recul de l'âge légal et de la durée de cotisations aurait des conséquences négatives sur les conditions de vie et la santé des travailleurs.

 

Le renforcement durable des ressources du système de retraite passe avant tout par une véritable politique de l'emploi : lutte contre le temps partiel subi, améliorer l’emploi des jeunes et des seniors, augmenter les salaires et donc l'assiette des cotisations sociales, atteindre l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

 

Pour FO, c’est par la négociation que nous pourrons trouver les réponses aux enjeux des retraites. Il appartient aux interlocuteurs sociaux d’en débattre, tant sur les choix de financement que sur la gouvernance.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) doit présenter son 13e rapport le 11 juin mais son contenu a déjà été rendu public par les médias. Selon ce document, les comptes du système de retraite pourraient se dégrader plus vite que prévu à long terme. La principale solution avancée serait un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070. 

 

Comment s’en étonner ? Depuis plus de trente ans, l’unique réponse apportée aux difficultés de financement des retraites est systématiquement la même : travailler plus longtemps ! Chaque réforme est présentée comme la solution permettant de garantir durablement l’équilibre du système, avant que quelques années plus tard un nouveau report soit à nouveau évoqué. 

 

Poussée à l’extrême, cette logique conduit à une absurdité évidente : sur le papier, fixer l’âge de départ à 80 ou 90 ans améliorerait considérablement les comptes. Mais un système de retraite ne se gère pas uniquement sur un tableau Excel. Il doit tenir compte de la réalité du travail, de la pénibilité des métiers, de l’état de santé des salariés et des perspectives d’emploi. Personne ne conteste les évolutions démographiques ni les enjeux économiques. Mais peut-on sérieusement considérer que le recul permanent de l’âge de départ constitue l’unique réponse possible ? 

 

Pour FO Métaux, il est temps de sortir de ce raisonnement fallacieux. La question n’est pas seulement de savoir combien de temps les Français doivent travailler. Elle est avant tout de savoir comment créer davantage d’emplois mieux rémunérés afin de financer durablement notre protection sociale. Un système de retraite solide repose avant tout sur un nombre suffisant de salariés en emploi et une industrie capable de produire sur notre territoire. Plutôt que de demander sans cesse aux salariés de prolonger leur maintien dans la vie active, nous devons agir sur l’emploi, la réindustrialisation, les salaires et la qualité de vie au travail. L’avenir des retraites mérite mieux qu’une approche exclusivement comptable. Il exige un débat de fond sur les choix économiques et sociaux pour notre pays. FO Métaux y prendra toute sa part. 

 

 

Que cela soit le dernier rapport du COR, lequel confirme le problème des ressources dans le cadre du financement des retraites ; que cela soit le plongeon constaté des minima de branche sous le Smic revalorisé ; que cela soit le gel persistant des salaires indiciaires dans le public et la demande sévère de nouveaux efforts d’économies aux administrations de l’État ; que cela soit l’attente pressée d’une loi sur la transparence salariale...

 

L’analyse de ces situations, et de bien d’autres, renvoie aux revendications de FO et à leur pertinence démontrée chaque jour. Pour combiner santé de l’économie et progrès social, il faut en effet, non pas de énièmes plans d’austérité mais une hausse des salaires avec une échelle mobile appliquée aux grilles, davantage d’actifs en emploi, notamment parmi les jeunes et les seniors, une conditionnalité des aides publiques aux entreprises, une réindustrialisation conduite par un État stratège... Et cette liste de revendications est loin d’être exhaustive.

 

Présenté aux interlocuteurs sociaux le 11 juin, le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites suscite de vives réserves. En se basant sur les hypothèses de baisse de la natalité tout juste réactualisées par l’Insee (un taux de fécondité de 1,45 enfant par femme à partir de 2028, contre 1,8 dans le précédent rapport) et des gains d’espérance de vie légèrement revus à la baisse, le COR estime que le taux de déficit du système des retraites restera stable jusqu’en 2045 (- 0,2 % du PIB en 2030 et - 0,9 % en 2045). Le déficit pourrait néanmoins se creuser et atteindre 2,4 % en 2070. Les dépenses de retraite rapportées au PIB demeureraient stables jusqu’en 2045 (14,1 % du PIB en 2025, 14,2 % en 2045), avant d’augmenter légèrement à l’horizon 2070 (15,3 % du PIB). Mais ce sont surtout les ressources qui baisseraient, passant de 13,9 % du PIB en 2025 à 12,9 % en 2070.

 

De nouvelles ressources par l’emploi et les salaires

 

 

 

 Ce que dit le rapport, c’est que le système de retraite est stable jusqu’en 2045. Le véritable enjeu reste celui du financement. Il manque des actifs. Pour nous, ça passe par une véritable politique de l’emploi des jeunes et des seniors. Il faut aussi augmenter les salaires pour avoir plus de cotisations, souligne Séverine Privat, secrétaire confédérale FO chargée des retraites. Si dans les scénarios étudiés pour rééquilibrer le système, le COR semble préférer un nouveau recul de l’âge légal de départ à la retraite (à 67 ans et six mois, indique-t-il), FO a rappelé son opposition totale à toute future réforme réduisant les droits des salariés et des retraités.