Participatif
ACCÈS PUBLIC
08 / 04 / 2026 | 4 vues
Thierry Bouvines / Membre
Articles : 18
Inscrit(e) le 07 / 01 / 2025

PSE chez Erasteel : de meilleures conditions de départ grâce à la mobilisation

Par une mobilisation tenace pendant cinq mois dans le cadre de l’annonce d’un PSE, les salariés ont obtenu une indemnité supra-légale de 10 000 euros pour les 187 salariés d’Erasteel qui seront licenciés.

 

Après avoir mis la pression sur la direction de l’usine Erasteel, les syndicats ont finalement obtenu l’indemnité de licenciement supra-légale qu’ils espéraient pour les 187 salariés qui seront licenciés. Toutes les organisations syndicales de cette aciérie employant 235 salariés sur le site de Commentry, dans l’Allier, ont signé, le 1er avril, l’accord sur les mesures d’accompagnement du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).  Le jour du comité de groupe, nous avons menacé de refondre des lingots d’acier qui devaient être livrés aux clients, ça a dû aider pour obtenir l’indemnité supra-légale et le congé de reclassement, raconte Thierry Romand, représentant syndical FO au CSE.

 

Il aura fallu cinq mois depuis l’annonce des suppressions d’emplois par la direction, début novembre, pour parvenir à un accord. Dans l’intervalle, un premier accord contenant les mesures d’accompagnement des salariés licenciés a été retoqué par l’administration du Travail. Celle-ci a estimé que le PSE n’entrait pas dans le cadre applicable aux entreprises de moins de 1 000 salariés, dans lequel nous avions négocié, mais dans celui des entreprises de plus de 1 000 salariés, car il fallait prendre en compte le périmètre de Syntagma Capital, propriétaire de l’entreprise. Or ce n’est pas un détail dans l’économie générale des mesures d’accompagnement.

 

Contexte de renégociation moins favorable

 

Dans les entreprises de moins de 1 000 salariés, l’employeur doit proposer à ceux dont le licenciement est envisagé d’adhérer au contrat de sécurisation professionnelle, un dispositif d’accompagnement financé en partie par l’employeur et en partie par l’Unédic et France travail ; dans celles de plus de 1 000 salariés, l’employeur est tenu de proposer un congé de reclassement, qu’il finance. Après que le premier accord a été invalidé, les syndicats ont donc dû en renégocier un deuxième mais dans des conditions moins favorables puisque l’employeur devait supporter un coût plus important qu’initialement pour les mesures d’accompagnement.

 

Par la mobilisation, une indemnité supra-légale de 10 000 euros

 

 Les salariés avaient maintenu la production, comme c’était prévu initialement, ensuite, la direction a ajouté de nouvelles conditions à l’obtention de l’indemnité supra-légale, indique Thierry Romand. D’où le coup de pression des salariés et des syndicats. Finalement, les salariés concernés obtiennent, en plus de l’indemnité légale, une indemnité de licenciement de 10 000 euros par personne, à laquelle s’ajoutent 350 euros par année d’ancienneté, ainsi qu’un congé de reclassement rémunéré 75% du salaire brut (65% minimum dans le code du travail).

 

Ce succès de la mobilisation a toutefois un goût amer car à l’issue des licenciements, dont les premiers interviendront fin mai, 80% des effectifs auront disparu et il ne restera plus qu’une cinquantaine de salariés sur le site. Par ailleurs, huit salariés du siège doivent être licenciés. Étant donné qu’il n’y a pas eu d’offre de reprise, deux des trois activités de l’usine fermeront alors : la fabrication d’acier rapide conventionnel qui sert à fabriquer des outils coupants, et le recyclage de batterie et de catalyseurs pétroliers.

 

Les conséquences de la vente à Syntagma Capital

 

Ne resteront plus que les aciers rapides élaborés par métallurgie des poudres, dont la particularité est d’être plus résistants à l’usure. L’acier conventionnel et le recyclage perdaient de l’argent depuis des années, nous nous attendions à quelque chose parce qu’Erasteel avait été revendu en 2023 par Eramet à Syntagma Capital, un fonds d’investissement belge dont la pratique est de restructurer les entreprises et de les revendre en faisant une plus-value à court terme, mais nous ne pensions pas que deux activités fermeraient, déclare Thierry Romand. Maintenant, tout le monde a hâte que cela se termine.

 

Un cabinet de reclassement doit soutenir les salariés dans leur recherche d’un nouveau travail. Thierry Romandse montre optimiste en ce qui concerne cette recherche. Il y a des possibilités d’embauche dans la région, indique-t-il, notamment chez Safran et au sein du groupe Aubert et Duval.

 

Pas encore de commentaires