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30 / 05 / 2026 | 10 vues
Cécile Pugniere / Membre
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Le corps des géomètres n’a aucune idée de son devenir, et du devenir de son cœur de métier

La vacance d’emploi s’élevait au moment de l’élaboration du mouvement à 119 emplois de géomètres du cadastre contre 105 en 2025. A l’issue de ce mouvement de mutations et premières affectations , bon nombre de directions sont restées fermées, avec des agents prioritaires en attente et il reste 95 ETP vacants.

 

Au fil des ans, la saignée est très importante chez les géomètres : si la population est composée de 879 emplois, ce corps a perdu 10 emplois en 2026. Or 25 suppressions d’emplois avaient déjà été actées pour 2025 et 50 pour 2024.

 

Vacances et fluidité du mouvement sont donc en lien évident !

 

85 demandes d’affectation ont été formulées dans ce mouvement : 49 en mutations et 36 en premières affectations. 67 demandes ont pu être satisfaites (dont 8 ont pu faire valoir leur priorité de rapprochement de conjoint), soit 78,82 % de taux de satisfaction sur ce mouvement. 31 agents ont pu valider au moins une priorité et 13 d’entre eux ont eu satisfaction, soit 42% des agents.
 

Cela représente une baisse de 13 points par rapport à 2025 où sur 25 agents invoquant une priorité, 56% d’entre eux avaient eu satisfaction.

 

Concernant les critères supplémentaires, 6 collègues ont demandé leur prise en compte et 4 dossiers ont pu être validés. 49 demandes ont été déposées au titre de la convenance personnelle et 63,26% d’entre elles ont été satisfaites.

 

Ce chiffre est stable par rapport à 2025 ou 63,16% des demandes avaient été satisfaites. 38 agents sur les 67 mutés ou primo-affectés ont eu leur premier vœu soit 56,71% ; et 51% ont eu l’un de leurs trois premiers vœux, soit 76,11% contre 93,33 % en 2025. Il n’y a eu aucune affectation d’office.

 

MISSION IMPOSSIBLE

 

Ce  mouvement explique les difficultés d’exercice du métier de géomètre et le ressenti de nos collègues dans l’exercice de leurs missions.

 

La note de juillet 2024, remplaçant les PACD (Plan d’Actions Cadastrales Départemental), donnait une programmation des travaux avant, pendant et après traitement par l’intelligence artificielle des photos aériennes de l’Institut Géographique National. La note de décembre 2024 présentant un point de situation, indiquait que les modalités de retour au terrain seraient précisées ultérieurement.

 

 Or la note de juillet leur indiquait déjà la marche à suivre : « la vérification et la validation des documents d’arpentage venant modifier le parcellaire cadastral demeure une activité centrale des services fonciers et tout particulièrement des géomètres cadastreurs. Il est essentiel que les documents d’arpentage soient vérifiés systématiquement et avec la plus grande attention. »


Au-delà de ce constats , il convient de  dénoncer l’absence de communication de l’administration à destination des géomètres qui sont totalement perdus et ont le sentiment de travailler à l’aveugle.

 

Notre organisation syndicale  regrette le retardement de l’envoi des géomètres sur le terrain, voire l’absence totale de retour au terrain, au prétexte du recours au Foncier Innovant !

 

Deux ans déjà que certains collègues ne sont pas sortis sur le terrain alors que c’est leur cœur de métier. Et les collègues de la première vague depuis encore plus longtemps.

 

PAS UN BON PLAN

 

L’administration demande de plus aux géomètres le remaniement du plan, mais quand on est en sous-effectif, il est impossible d’en faire plus en service ! les géomètres n’ont plus les moyens d’effectuer leurs missions. La situation est telle que certains départements recrutent des géomètres contractuels pour faire face à la charge de travail de plus en plus compliquée quand personne n’arrive en mutation et première affectation.

Ainsi en 2025, 21 candidatures ont été retenues lors de la deuxième vague de recrutement des contractuels.

 

Notre syndicat  rappelle son opposition au tout intelligence artificielle qui détruit le corps des géomètres du cadastre. Les conséquences de cet abandon se font déjà sentir. Les notaires de certains départements n’hésitent plus à indiquer dans les actes que les bâtiments sont présents sur le terrain mais non représentés au plan qui n’est pas mis à jour.

 

A titre d’exemple, le Système d’Information Géographique de la communauté urbaine d’Alencon prévient lui-même que « les objets bâtiments sont très peu ou pas du tout mis à jour. Contact pris avec les services cadastraux de l’Orne et de la Sarthe, la mise à jour du bâti est en phase d’expérimentation. En effet, celle-ci est opérée par l’Intelligence Artificielle et n’est pas encore opérationnelle ».

 

Pour compenser la perte d’attractivité du métier de géomètre, l’administration envisage notamment une réforme des épreuves de recrutement comme cela est le cas pour les épreuves des concours commun d’agent administratif ou de contrôleur externe.

 

Nous n’avons pas manqué de rappeler également qu’un seul centre sur toute la France pour les épreuves écrites du concours ne facilite pas la motivation des collègues qui font face à des frais importants et espérons que d’autres centres seront mis à disposition des candidats aux concours.

 

Aujourd’hui, le corps des géomètres n’a aucune idée de son devenir, et du devenir de son cœur de métier.
 

Ils naviguent à l’aveugle depuis au moins deux ans, sans cap, sans nouvelle, sans retour. Pour F.O.-DGFiP chaque mission compte et doit être exercée avec les moyens nécessaires à son bon fonctionnement. F.O.-DGFiP continuera à porter la voix de nos collègues géomètres pour défendre leur métier essentiel à l’établissement des bases des impôts locaux et à la bonne tenue du plan.

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