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19 / 10 / 2026 | 11 vues
géraldine Gomiz / Membre
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Le leader mondial de la manufacture de saxophones à bout de souffle

Leader mondial de la manufacture de saxophones, Selmer, à Mantes-La-Ville (Yvelines), vient de lancer un PSE concernant une soixantaine de postes. Au-delà de la situation préoccupante de l’entreprise, c’est aussi un nouveau coup porté à un bassin d’emploi fragile, s’inquiète la Fédération FO de la métallurgie.

 

Pour les amateurs de cuivre du monde entier, Selmer est plus qu’un nom : une légende. Mais depuis le 6 octobre, les mélomanes sont inquiets pour son devenir, car le fabricant d’instruments de musique traverse une mauvaise passe. La direction comme les syndicalistes espèrent que ces mesures seront les dernières du genre, mais rien n’est moins sûr, d’autant que notre syndicat  alerte depuis mai 2025 sur une trajectoire de chute.
 

« Outil de production non renouvelé, savoir-faire perdus à mesure des départs en retraite des anciens, sans compter la hausse des droits douaniers américains qui ont fait chuter de 40 % les ventes aux Etats-Unis, mauvaise prise en compte de la concurrence de Yamaha en Asie… voilà des mois que nous tirons la sonnette d’alarme. »: souligne  Brahim Aït-Athmane, secrétaire du syndicat FO des Métaux du Val de Seine
 

En 2025, la direction de l’usine, implantée à Mantes-La-Ville depuis plus d’un siècle, avait fait le choix de plusieurs semaines de chômage technique afin de pallier la baisse des commandes. Aujourd’hui, l’entreprise traîne un passif qui frôle les deux millions d’euros, de grosses difficultés de trésorerie, et voit ses projets de cession immobilière bloqués par un refus de financement bancaire. Même s’il n’est, pour l’heure, pas question de licenciements secs, les 395 salariés de Selmer retiennent leur souffle dans l’attente des modalités du PSE.

 

L’industrie en danger dans les Yvelines

 

Faut-il s’attendre au même scénario chez son voisin direct, le clarinettiste Buffet Crampon, qui a lui aussi demandé de l’activité partielle à une partie de ses 250 salariés et ne prévoit pas d’en sortir avant février prochain ? Derrière ces situations, c’est aussi celle du bassin d’emploi du Mantois dont s’inquiète notre organisation.

 

Notre syndicat  redoute surtout que ce PSE ne soit qu’une étape avant une inévitable fermeture du site, voire une délocalisation, et considère que la pression foncière dans ce territoire n’est pas étrangère à la situation. « Nous avons déjà subi la situation de Safran, et nous craignons de mauvaises surprises dans d’autres sites industriels du Mantois, confie Brahim Aït-Athmane. Avec Lixens qui connaît aussi des difficultés, mais aussi Stellantis-Poissy ou encore Renault-Flins qui sont à la peine, j’ai peur pour l’industrie dans les Yvelines. »

 

Négocier pour protéger les salariés

 

Alors que faire ? Mobiliser ? Notre organisation préfère négocier avec la direction un accompagnement supra-légal. « C’est actuellement ce que nous pouvons apporter de mieux aux salariés, car il n’est pas possible de relancer à nous seuls l’activité ou de sortir par notre seule volonté le site de l’ornière, assure le responsable syndical. Par contre, nous pouvons faire le maximum pour qu’ils ne soient pas seuls et dans la misère. »
 

Il a alerté, en lien avec notre Fédération, tous les acteurs publics et locaux sur le cas Selmer et, plus largement, sur la situation du bassin. Reste à voir si l’appel sera entendu.

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