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Les prélèvements sur le travail, le capital et la consommation de 2016 à 2024
Les économistes distinguent souvent les prélèvements obligatoires (PO) sur la consommation et sur les deux facteurs de production que sont le travail et le capital. La ventilation des PO entre ces trois assiettes économiques pose des problèmes méthodologiques délicats qui sont présentés dans les fiches techniques de ce site relatives aux prélèvements sur le travail et sur le capital. Elle est néanmoins effectuée chaque année par la Commission européenne, dans le cadre de son rapport sur les tendances de la fiscalité dans l’Union européenne, et ce billet s’appuie sur les dernières statistiques qu’elle a mises en ligne. Il compare les PO en France, en Allemagne, dans la zone euro et l’Union européenne en 2016, juste avant le premier mandat présidentiel d’Emmanuel Macron, et en 2024, dernière année connue et dernière année d’une période de baisse des impôts.
Le taux des PO en France en 2024 est supérieur de 3,7 points de PIB à celui de la zone euro, de 4,1 points à celui de l’Union européenne et de 3,9 points à celui de l’Allemagne. La France est au deuxième rang de l’Union européenne derrière le Danemark, comme en 2016.
Le taux des prélèvements obligatoires a pourtant diminué de 2,2 points de PIB en France de 2016 à 2024, soit plus que la moyenne de la zone euro (0,3 point) et de l’Union européenne (0,4 point). Ce taux a augmenté de 0,4 point en Allemagne.
L’écart par rapport à la moyenne de l’Union européenne en 2024 résulte pour 2,1 points des prélèvements sur le travail et pour 1,8 point de ceux sur le capital. Les prélèvements sur la consommation ne sont que très légèrement plus élevés en France.
De 2016 à 2024, en pourcentage du PIB, les prélèvements sur le travail ont diminué en France alors qu’ils sont restés stables en moyenne dans l’Union européenne et ont augmenté en Allemagne. Malgré les dernières réformes fiscales, les prélèvements sur le capital sont identiques en pourcentage du PIB en 2016 et 2024 en France alors qu’ils ont légèrement augmenté en moyenne dans la zone euro ou l’Union européenne ainsi qu’en Allemagne. Les prélèvements sur la consommation ont diminué en France comme dans la moyenne des pays européens. Ils ont un peu plus baissé en Allemagne.
La France est passée du deuxième rang de l’Union européenne pour les prélèvements sur le travail en 2016 au cinquième en 2024, mais elle est restée au premier rang pour ceux qui sont à la charge des employeurs.
S’agissant des prélèvements sur le capital, la France est passée du troisième rang en 2016 au quatrième rang en 2024, mais reste loin devant l’Allemagne. Elle est au deuxième rang pour les impôts sur le stock de capital.
Elle est passée du 14ème rang en 2016 au 19ème en 2024 pour les prélèvements sur la consommation.
Si on examine la répartition des prélèvements obligatoires en pourcentage du total en 2024, il apparait que la part des prélèvements sur la consommation dans le total des PO en France est inférieure à la moyenne des pays européens. La part des prélèvements sur le travail est assez proche. La part des prélèvements sur le capital est plus élevée. En Allemagne, la part du travail est nettement plus forte qu’en France, la part de la consommation est quasiment la même et la part du capital est bien plus faible.
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