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02 / 07 / 2026 | 30 vues
Jacky Lesueur / Abonné
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Le Groupe Matmut change de dimension

Beaucoup de changements  pour le Groupe Matmut au cours de l'année 2025  et également ceux qui se profilent pour 2026: Christophe Bourret Président de la Matmut et Nicolas Gomart, Directeur Général, ont bien voulu répondre à mes questions.

 

 

> Juin est traditionnellement la période des assemblées générales pour les mutuelles du Groupe Matmut. Au sortir de cette séquence, quel regard portez-vous sur la manière dont cette gouvernance démocratique s’exerce ?

 

Christophe Bourret : Depuis que je suis Président de la Matmut, j’ai le sentiment que chaque année est singulière, mais l’année 2026 occupera une place à part. Une fois n’est pas coutume, c’est à Rouen, le berceau de la Matmut, qui y est née en 1961,que nous avons tenu son assemblée générale, le 13 juin.


Une semaine plus tard, nouveau moment fort, au cœur d’un territoire important pour nous, Bordeaux, avec les assemblées générales de la Mutuelle Ociane Matmut et de la Mgéfi. Et je n’oublie pas, bien sûr, celles de Mutlog et d’AMF, deux entités affiliées à la SGAM Matmut.
 

Si chaque année est singulière, je ne peux que constater le fil rouge que constitue la vitalité de notre modèle de gouvernance démocratique. D’abord, les assemblées générales, dont le taux de participation de nos délégués progresse régulièrement, ne sont pas des rencontres « hors sol ».
 

Nous avons en plus, dans notre fonctionnement, une réunion nationale des délégués, qui s’est cette année déroulée le 2 avril, sur un format webinaire.
 

Puis, dans les semaines suivantes, nous sommes allés à la rencontre de nos délégués, à Paris, Bordeaux, Lyon et Marseille. Je retiens la richesse des échanges et des débats, qui témoignent d’une réalité et d’une modernité, tangibles, du modèle mutualiste.

 

> Le contenu de ces moments importants dans la vie démocratique mutualiste était-il particulièrement dense cette année ?
 

Nicolas Gomart : Il s’agit bien entendu, notamment, d’évoquer les résultats annuels de notre groupe. Pour l’exercice 2025, ils sont solides, avec un chiffre d’affaires global en augmentation de plus de 16%, à 3,7 milliards d’euros, un ratio de solvabilité en progression à 215% et un nombre de sociétaires et clients qui s’établit désormais à plus de 5 millions, en progression de plus de 9% sur un an.


L’année 2025 a marqué un tournant historique pour le Groupe Matmut avec l’acquisition de HSBC Assurances Vie (France), devenue KOREGE le 1er novembre, assureur patrimonial de référence.

 

Notre ambition de diversification se trouve largement réalisée avec une répartition désormais plus équilibrée de nos métiers. Soit, sur une base proforma intégrant 100% de l’activité de KOREGE, 47% pour l’assurance dommages, 36% pour l’activité épargne / prévoyance et 17% pour l’assurance santé.

 

Les échanges réguliers avec nos délégués des sociétaires, qu’évoquait Christophe, leur permettent d’être réellement au cœur de la stratégie de notre groupe et de participer réellement à l’avenir de leur mutuelle, à ses grandes orientations. J’insiste par ailleurs sur le fait que l’information est à double sens. Les délégués nous remontent des informations « du terrain », relaient la parole de toutes celles et ceux qui nous font confiance et nous permettent ainsi de toujours adapter au mieux nos offres et nos services ainsi que nos décisions.

 

> Vous le souligniez, la journée du 20 juin a eu une saveur toute spéciale ?

 

CB :En effet, ce fut une journée particulière dans l’histoire du groupe, avec les AG des mutuelles Ociane Matmut et Mgéfi. A l’ordre du jour, la mise sur les rails de la mutuelle Matmut Santé Prévoyance, qui a également tenu son AG le 20 juin et qui est le fruit de la fusion des deux mutuelles.

 

Sous réserve de l’accord de l’ACPR et dans le respect des prérogatives des instances de représentation du personnel, Matmut Santé Prévoyance, à compter du 1er janvier 2027, portera les ambitions du groupe en assurance complémentaire santé et en prévoyance, sur tous les segments du marché, actifs, retraités, entreprises, agents de la fonction publique…

 

Ce projet, mené avec un grand sens des responsabilités de la part de tous,est la conséquence de la perte par la Mgéfi de l’appel d’offres pour la Protection sociale complémentaire (PSC) des 134 000 agents du ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique (MEFSIN).

 

Je suis impressionné par l’engagement des délégués des différentes entités, je suis confiant en l’avenir, avec le savoir-faire « historique » des équipes, et je suis fier de notre action en faveur de la préservation de l’intégralité des emplois.

 

> Justement, dans quelle mesure la dimension sociale est-elle prégnante, dans le contexte de transformation importante du groupe ?

 

NG : Il importe surtout d’être à l’écoute des besoins et de nous adapter, en fonction des situations rencontrées, qui sont très souvent la conséquence de facteurs exogènes. Je prendrais un exemple, tout récent, lié à la crise des carburants découlant de la crise au Moyen-Orient. Dans ce contexte, il nous est apparu important de donner un coup de pouce à nos collaborateurs.

 

Concrètement, pendant six mois, les collaborateurs de l'UES Matmut non équipés d’un véhicule de fonction avec carte carburant bénéficient d’une prime mensuelle exceptionnelle de 25 euros brut. Cette action concrète en termes de pouvoir d’achat représente un effort global de 1,6 million d’euros pour notre entreprise.

 

J’évoquais les résultats solides du groupe sur l’exercice 2025. Ils nous ont permis de procéder à une dotation exceptionnelle à l’intéressement au profit des collaborateurs. Le montant total, intéressement et participation, progresse de 45% à 24,9 M€. Il est important, lorsque les années sont denses et les projets nombreux, de reconnaître l’engagement de nos équipes et de le récompenser.

 

> Sur la dimension employeur, quels défis vous paraissent les plus importants, compte tenu de la croissance du Groupe Matmut ?

 

NG : Une première chose, un groupe qui développe ses activités, qui fait croître son chiffre d’affaires, ce sont aussi bien sûr des effectifs qui grossissent. Aujourd’hui, les différentes entités de la SGAM Matmut emploient plus de 7 000 personnes, avec un volume de recrutements annuels d’un millier, globalement, tous types de contrats confondus.

 

Il était question de la préservation des emplois au sujet de Matmut Santé Prévoyance. Je souligne également que dans le cadre de la création de KOREGE, l’intégralité des équipes sont conservées. Leur expertise est un atout stratégique pour le groupe.

 

Ensuite, plus que jamais, dans le contexte actuel, entre problématiques liées au dérèglement climatique et défis relatifs aux transitions démographiques et technologiques, je veux rappeler à quel point les métiers assurantiels ont du sens. Les différentes campagnes de marque employeur Matmut, #pasjusteunmétier le soulignent. Elles nous permettent de valoriser les parcours professionnels qui allient sens et performance et de booster la notoriété de notre groupe auprès de nouveaux candidats.


Sur un marché de l’emploi lui aussi en pleine mutation, cela est indispensable.

 

CB : Quelques chiffres, en outre, qui, précisément, ne sont « pas juste quelques chiffres », tout comme travailler dans le secteur de l’assurance n’est « pas juste un métier ». 

 

L’inclusion est au cœur de notre fonctionnement et avec un taux d’emploi de travailleurs handicapés au-dessus de 10%, nous affirmons quelque chose de ce fonctionnement. Celui qui se construit sur un temps long, dans la gestion des parcours, et n’est surtout pas remis en question par la dynamique de transformation et de performance de nos entreprises.

 

98, enfin. Sur 100, c’est le score pour l’index égalité femmes-hommes sur 2025. C’est un indicateur, très positif, certes, mais il ne doit pas masquer les efforts qu’il nous reste à accomplir dans ce domaine. Je salue donc en particulier des programmes internes comme « Pluri’elles », qui a déjà permis l’accompagnement de 100 collaboratrices en matière de leadership féminin, et plus récemment « Tous alliés », dans un bel élan collectif et bien dans l’esprit de l’accord d’entreprise triennal sur l'égalité femmes-hommes actuellement en vigueur.

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