Organisations
Une rentrée scolaire sous tension
Alors que la fin d’année scolaire a été marquée par de nombreuses mobilisation locales dans les écoles, les collèges et les lycées, FO se situant toujours dans le cadre de ce mouvement a décidé de prolonger le préavis de grève jusqu’au 17 octobre.
La FNEC FP-FO invite ainsi à se mobiliser partout où c’est possible alors qu’un mouvement national est attendu pour le 9 septembre.
Pour la rentrée scolaire 2026, la FNEC a prolongé son préavis de grève jusqu’au mois d’octobre. Cette décision a été prise durant les derniers jours de cours, explique Clément Poullet. On a constaté que, durant le mois de juin, il n’y avait pas eu une seule journée sans mobilisations, que celles-ci soient sous forme de rassemblement, de grève des enseignants ou d’occupation d’école par les parents.
Pour le secrétaire général de la fédération , ces mobilisations expriment une accumulation de colères sur les moyens et surtout le refus des personnels de subir les conséquences des axes budgétaires. Fermeture de classes, suppression de postes d’enseignants, comment faire la rentrée dans de bonnes conditions dans cette situation ? Le militant dénonce des décisions budgétaires prises au détriment de l’éducation.
Urgence d’investir dans la rénovation du bâti scolaire
Alors que le budget 2026 a acté la suppression de 4 000 postes d’enseignants, les fermetures de classes ont été brutalement annoncées avant l’été. Pour les enseignants comme pour les élèves, c’est avant tout une dégradation des conditions de travail et d’apprentissage puisque cela augmente le nombre d’élèves par classe. On a vu au niveau local, des mobilisations d’enseignants et de parents d’élèves protester contre ces fermetures, souligne Clément Poullet. C’est le cas dans la Haute-Loire où, dans un collège, la fermeture de classes a mobilisé un nombre important de familles. Il a été décidé de se retrouver à la rentrée pour voir si le rectorat maintient la fermeture. Si c’est le cas, la mobilisation se poursuivra.
Autre élément qui a alimenté cette mobilisation : les récents épisodes caniculaires. Les parents ont constaté, s’ils ne l’avaient pas déjà fait, que leurs enfants étudiaient dans des passoires thermiques, sous des températures dépassant parfois les 40°. Il y a urgence à investir dans la rénovation du bâti scolaire. On ne peut pas bien apprendre dans ces conditions.
Une inclusion scolaire au rabais
L’inclusion scolaire fait quant à elle aussi les frais d’une politique d’austérité budgétaire. Alors que les instituts spécialisés dans l’accueil des élèves en situations de handicap ferment leurs portes, l’école demeure sous-dotée pour prendre en charge ces élèves. On a le cas en Seine-Maritime où une école doit fusionner avec un IME. Sauf qu’aucun poste d’enseignant spécialisé n’a été acté, s’indigne Clément Poullet. Suite à la mobilisation, le rectorat a accordé un demi-poste, largement insuffisant pour les équipes pédagogiques. Idem, le rendez-vous est pris pour la rentrée afin de continuer le rapport de force.
C’est donc pour soutenir et conforter ces mobilisations locales que la FNEC FP-FO a prolongé son préavis de grève jusqu’au 17 octobre 2026. Il faut tout faire pour que les revendications soient satisfaites, se mobiliser là où c’est possible, dans l’unité si c’est possible, analyse le militant. Le gouvernement est fébrile. La preuve, on a vu des rectorats reculer sur des fermetures de classes ou revenir sur des suppressions de postes.
Les laissés-pour-compte de Parcoursup et MonMaster
Rendez-vous est déjà pris le 9 septembre. Et cette journée de mobilisation visera notamment à évoquer et dénoncer, le sort, des jeunes laissés sans solution sur Parcoursup. À la fin de la phase complémentaire de la procédure, ils étaient encore 126 000 candidats sans affectation dans l’enseignement supérieur. Et 37 000 avaient quitté la plateforme. En tout, cela représente 1 % de jeunes laissés sur le carreau, parmi lesquels des lycéens et des étudiants en réorientation, explique Clément Poullet. La conséquence, encore une fois, de la politique d’austérité sur la dépense publique. Manquant de financement, les universités ont dû supprimer des places, notamment en licence et en master.
La situation est similaire pour MonMaster, la plateforme d’affectation en master, où les chiffres sont biaisés à la base. En 2026, on compte 151 000 places disponibles pour 270 000 candidats. Cela veut dire qu’on va éjecter près d’un étudiant sur deux !
Pour dénoncer cette situation, la fédération avait organisé des rassemblements devant plusieurs académies le 24 juin. Pour ne pas lâcher ces jeunes auxquels on refuse le droit d’étudier, la FNEC appelle à une nouvelle mobilisation le 9 septembre, devant le ministère de l’Enseignement supérieur et les rectorats. Il sera notamment revendiqué l’inscription des candidats laissés sur le carreau dans la formation de leur choix. Et l’abrogation de ces procédures qui ne sont que des machines à broyer la jeunesse.
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Une rentrée scolaire en mode toujours plus dégradée
Alors que cette semaine est marquée par le retour des élèves sur les bancs de l’école, les personnels de l’éducation nationale font face à de nombreuses difficultés pour assurer leur mission de service public. Si la cyberattaque a désorganisé cette rentrée scolaire, des problèmes plus structurels ne cessent de peser sur l’école publique.
Une bonne rentrée en mode dégradée, annonçait le syndicat Id-FO (personnels de direction) dans un récent communiqué de presse. Il faut dire que pour les personnels de l’éducation nationale, cette rentrée s’annonce encore plus compliquée que les précédentes. Et la cyberattaque cet été des systèmes informatiques du ministère qui a permis le vol de 43 Go de données risque de peser. À titre préventif, le ministère a suspendu, durant un temps, l’accès aux applications métiers pour certaines académies.
Sur le terrain, c’est dans les académies de Nantes et de Toulouse que la situation est la plus préoccupante. Il y a des problèmes pour gérer les factures, les affectations des élèves, les bourses et les fiches de paie du mois à venir, témoigne Philippe Beaufort, secrétaire général du Spaseen-FO, syndicat des personnels administratifs de l’Education nationale. Des complications que confirme Clément Poullet de la FNEC FP-FO, Fédération nationale de l’enseignement : Les affectations des nouveaux personnels, notamment des contractuels, des stagiaires ou encore de ceux prévus pour des remplacements sont rendues difficiles. On a des enseignants qui ne peuvent contacter leur nouvel établissement pour avoir les informations sur la rentrée, explique le secrétaire général de la Fédération. On sait déjà que ceux-ci ne pourront être devant les élèves le jour de la rentrée., indiquait-il fin août.
Une plateformisation à marche forcée
Alors que la rentrée s’en retrouve profondément désorganisée, les militants FO de la FNEC FP-FO craignent une charge de travail accrue pour les professionnels après cette période charnière. Ne pas avancer sur ces sujets début septembre, cela implique de les traiter plus tard, lorsque l’on aura accès aux outils nécessaires, explique le militant du SPASEEN-FO. De son côté, Clément Poullet pointe une inquiétude de taille : les personnels pourront-ils être payés en septembre ?
ID-FO interroge quant à elle : de quoi cette fuite de données est-elle le nom ? Il s’agit d’une conséquence de la plateformisation qui se fait à marche forcée dans l’Éducation nationale, dénonce Agnès Andersen. La secrétaire générale du syndicat constate en effet une inflation de la collecte des données. Voilà plusieurs années que le ministère a fait le choix du pilotage par les données, par le tout numérique, sans répondre aux questions de liberté et de sécurité que cela pose. Alors que le manque de sécurité des systèmes informatiques n’est plus à prouver, quels seront les moyens dédiés à son renforcement ?
Des postes qui manquent dans les établissements
Cette dégradation dans la préparation et le déroulé de la rentrée 2026 n’est pas uniquement le fait de la cyberattaque. Il y a malheureusement des problématiques que nous ne connaissons que trop bien qui perdurent par manque de solutions, principalement au plan des moyens qui font toujours défaut, déplore le SPASEEN-FO. Clément Poullet évoque aussi la suppression de 4 000 postes et les fermetures de classes qui en découlent : cela a pour conséquences des classes en sureffectifs, jusqu’à 37 élèves dans certains lycées. Comment apprendre et travailler dans ces conditions ?
Le manque de personnels ne concerne pas seulement les enseignants. Infirmières et psychologues scolaires, assistants sociaux, personnels administratifs … Ce sont autant de professionnels essentiels au fonctionnement de l’établissement qui manquent, énumère Agnès Andersen. Et ce manque vient notamment des problèmes de recrutements dus à la perte d’attractivité des carrières, entre autres cela du fait de salaires indiciaires gelés depuis des années. On a des personnels qui, lorsqu’ils revendiquent des primes ou une reconnaissance financière, se voient rétorquer que l’on ne choisit pas l’Education nationale pour faire de l’argent, témoigne Philippe Beaufort. Face à ce qui est vécu comme du mépris, les agents finissent par quitter cette administration pour aller dans une autre où ils espèrent être davantage reconnus. Face à ces situations, les personnels de direction se retrouvent, eux, en première ligne pour chercher des solutions, faire en sorte de pallier ces absences, cela parfois au détriment de leur santé, déplore Agnès Andersen.
Une charge de travail toujours plus lourde
À ces styles de difficultés qui menacent qui menacent chaque jour d’induire des dysfonctionnements, s’ajoutent les conséquences des multiples réformes et effets annonces …. Soit toujours du travail supplémentaire pour les personnels. Illustration avec la dernière innovation en date, l’interdiction des téléphones portables dans l’enceinte des collèges et des lycées. Il s’agissait d’une consigne présidentielle, rappelle la secrétaire générale d’ID-FO.
Quid de son application officielle ?
Quant à l’annonce du ministre que cette interdiction entrera en vigueur au 1er septembre, Clément Poullet n’y voit qu’un effet de communication. Il faudra que les établissements fassent évoluer leur règlement intérieur, ce qui implique une réunion du conseil d’administration de l’établissement, pas avant octobre vu le chantier de la rentrée.
De même, la publication, à quelques jours de la rentrée, d’une circulaire annonçant la mise en place d’une cérémonie commémorative le 11 novembre. Ce sera à nouveau du travail supplémentaire, note Agnès Andersen. Et puis, n’y avait-il pas plus urgent ? interrogent les militants FO.
Dans ce contexte d’une rentrée à l’évidence difficile, la FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève qui court jusqu’au 17 octobre. Nous appelons nos militants à tenir des réunions sur le terrain pour faire remonter les difficultés locales, explique Clément Poullet indiquant que la période n’est plus à une journée d’action. Initiatives et mobilisations locales seront à scruter en cette rentrée où le mécontentement des personnels est encore monté d’un cran.