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Situation économique et financière de France Travail: un bilan sombre et alarmant
Consultés cette semaine en CSEC extraordinaire sur la Situation Économique et Financière (SEF) 2025 et les perspectives budgétaires 2026, les élus de notre syndicat dressent un bilan sombre et alarmant. Alors que la loi "Plein Emploi" impose l'inscription automatique de nouveaux publics (RSA, etc.) et fait exploser les flux d'entrées (passant de 571 000 début 2025 à plus de 916 000 au 1er trimestre 2026), la tutelle étatique applique une cure d'austérité sans précédent.
Désengagement massif de l'État : L'Unédic comme variable d'ajustement
- Chute des ressources globales : Une baisse de 103,9 M€ des produits en 2025, aggravée par un nouveau recul prévu au budget 2026 (-26 M€).
- Transfert de charge historique : L'État coupe dans ses subventions (-110,3 M€ en 2025, suite aux coupures budgétaires en cours d'exercice) et réduit massivement ses financements dédiés (PIC/Pactes).
- L'Unédic finance le Service Public de l'Emploi : La contribution de l'Unédic atteint le niveau record de 73,3 % de nos ressources en 2026 (contre seulement 16,1 % pour la subvention d'État). L'État fait porter le coût de ses politiques publiques sur l'Assurance Chômage !
Effondrement des moyens d'intervention auprès des usagers
- Moins d'aides et de formations : Les dépenses d'intervention chutent de 213,8 M€ en 2025 (-9,7 %), touchant de plein fouet l'aide au développement des compétences et les formations longues.
- Financement sur fonds propres : C'est désormais France Travail qui finance sur son propre budget les aides aux travailleurs privés d'emploi et verse plus de 193 M€ aux partenaires du Réseau Pour l'Emploi (Cap Emploi, Missions Locales, France Services), palliant la démission financière de l'État.
Pression accrue sur les agents : Baisse des effectifs et dérive du "ROI"
- Plafond d'emploi en recul : Une perte de 281 ETPT entre 2024 et 2025, accentuée par la fin programmée des contrats aidés (PEC) et une nouvelle baisse du plafond sous-plafond au budget 2026 (-515 ETP).
- Démarche "Efficience" et IA : Recherche de gains de productivité illusoires (objectif de suppression de postes support, réallocation vers le réseau, outils IA). Pour FO, la méthode de quantification des gains de temps est inadaptée aux activités de service et conduit à une intensification délétère du travail.
- La dérive comptable du "ROI" : L'abandon ou la réduction de prestations phares au nom d'un "retour sur investissement" financier immédiat méconnaît l'utilité humaine et sociale de l'accompagnement personnalisé.
L’ÉTAT PILOTE, SPOLIE ET ASSÈCHE NOS MOYENS !
Le gouvernement s'était engagé à verser 1,350 milliard d’euros de subvention annuellesur la période 2024-2027 dans le cadre de la convention tripartite.
Résultat ? La réalité des chiffres :
- 2025 :110 millions d’euros prélevéssur cette subvention.
- 2026 : Un premier coup de rabot de 225 millions d’euros, immédiatement suivi d’une coupe supplémentaire de 167 millions d’euros. Total ponctionné en 2026 :392 millions d’euros en moins !
Pour la première fois depuis la création de Pôle Emploi / France Travail, la subvention de l'État passe sous la barre du milliard d’euros.
L'ÉTAT : PREMIER DONNEUR D'ORDRE, DERNIER PAYEUR !
L'État ne finance plus que 13 % de nos ressources, contre 75,5 % pris en charge par la contribution Unédic.
Pour un établissement public à caractère administratif, il est inadmissible que l'État abandonne son rôle de premier financeur tout en dictant ses exigences.
L'État décide de tout, exige tout, mais ne paye plus !
LE DOUBLE DISCOURS : PLUS DE MISSIONS, MOINS DE MOYENS
Au total, le gouvernement impose la loi « Plein Emploi » tout en supprimant 1,3 milliard d’euros destinés à sa mise en œuvre :
- 800 millions d’euros en 3 ans sur le financement des prestations.
- 500 millions d’euros en 2 ans sur les subventions de l’État.
On demande toujours plus aux agents, avec de moins en moins de ressources et des conditions de travail dégradées. Cette casse organisée du service public de l'emploi doit cesser !
Nos revendications:
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- Le respect strict des engagements financiers de l’État prévus dans la convention tripartite (restitution des 500 M€ de subventions coupées).
- Un financement à la hauteur des missions confiées aux agents pour garantir un service public de qualité et de proximité.
- Une hausse tangible du plafond d'emploi dès 2027 à la hauteur de la hausse réelle de la charge de travail.
- Le réinvestissement massif dans les dépenses d'intervention (aides et formations).
- L'abandon du programme "Efficience" et de la logique purement comptable du ROI.
-L'arrêt du transfert du financement de l'État vers les caisses de l'Unédic : à l'État de financer l'Établissement public !
- La sauvegarde de nos conditions de travail et des moyens humains pour faire face à la charge de travail sans cesse alourdie.
- L’abrogation de la Loi Plein Emploi.