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09 / 10 / 2026 | 17 vues
Mireille Herriberry / Membre
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Résultats bancaires: Quand les marges reviennent...le partage doit revenir avec elles...

Les résultats du deuxième trimestre 2026 des grandes banques françaises sont particulièrement solides. BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE affichent des bénéfices élevés, parfois records. Mais surtout, la banque de détail retrouve des couleurs.


Et les salariés ?

 

Les publications financières du deuxième trimestre 2026 montrent que les grandes banques françaises vont bien, et même très bien. BNP Paribas affiche un résultat net de 4,35 milliards d’euros, en progression de 33 % sur un an. Société Générale atteint un bénéfice trimestriel record de 1,79 milliard d’euros, en hausse de 23 %. Crédit Agricole Groupe dégage 2,7 milliards d’euros et BPCE annonce 1,3 milliard d’euros, soit une progression de 38 %.


À eux seuls, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole Groupe et BPCE représentent ainsi plus de 10 milliards d’euros de bénéfices sur trois mois.


Certes, les périmètres et les modèles économiques sont différents et les comparaisons doivent être maniées avec précaution. Mais la tendance générale est claire : la rentabilité est au rendez-vous.


La banque de détail retrouve ses marges


Ces dernières années, les banques ont régulièrment invoqué la compression des marges dans les réseaux, l’environnement de taux, la concurrence ou l’augmentation des coûts pour justifier leur maîtrise des dépenses. Or, au deuxième trimestre 2026, le retournement est particulièrement visible. Chez Société Générale, la reprise de la banque de détail française contribue directement au résultat trimestriel record. La marge nette d’intérêt de cette activité progresse de près de 15 %. Chez BPCE, le produit net bancaire de la banque de proximité en France atteint environ 4,25 milliards d’euros au deuxième trimestre, en hausse de 13 %.



Dans le même temps, les frais de gestion de cette activité n’augmentent que de 1 %. Son résultat brut d’exploitation bondit ainsi de 36 %. Crédit Agricole bénéficie également de la progression de ses activités de banque de détail, tandis que BNP Paribas souligne le rebond de ses activités commerciales parmi les moteurs de ses résultats.


Le sujet n’est donc plus seulement celui des performances des salles de marché ou de la banque de financement et d’investissement. Les réseaux contribuent de nouveau fortement à la création de richesse.

 

Et derrière les « réseaux », il y a des salariés.


Toujours plus de résultats… et toujours la maîtrise des coûts


C’est ici que le discours devient difficile à entendre pour les salariés. Alors que les revenus et les résultats progressent, la maîtrise des coûts reste présentée comme une priorité stratégique.

 


LES CHIFFRES À RETENIR
 

Plus de 10 milliards d’euros « Résultats nets cumulés au T2 2026 de BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole Groupe et BPCE. »

 

Société Générale en fournit une illustration particulièrement frappante. Le groupe réalise un bénéfice trimestriel record de 1,79 milliard d’euros et continue parallèlement de mettre en avant sa discipline de gestion et ses objectifs de réduction des coûts. BPCE souligne de son côté une très bonne maîtrise des charges.


Cette recherche permanente d’efficacité opérationnelle n’est évidemment pas neutre. Derrière les coefficients d’exploitation, les effets de ciseaux et les objectifs de productivité se trouvent les organisations du travail, les effectifs, les objectifs commerciaux, les restructurations, les fermetures ou les transformations d’agences, les mutualisations, l’automatisation et désormais l’intelligence artificielle.


Les salariés connaissent la traduction de ces politiques.

 


La question du partage de la valeur

 


Il ne s’agit pas de prétendre que l’évolution des salaires doit mécaniquement suivre celle du bénéfice trimestriel.
Mais il est tout aussi difficile d’accepter que les résultats servent à satisfaire les actionnaires lorsque les périodes favorables reviennent, tandis que les salariés resteraient durablement soumis à la modération.


Chez Société Générale, par exemple, le bénéfice trimestriel record s’accompagne de l’annonce d’un programme de rachat d’actions de 1,5 milliard d’euros, auquel s’ajoute un acompte sur  dividende. La question du partage de la valeur n’est donc pas théorique. Elle consiste simplement à déterminer qui bénéficie de la richesse créée.


À l’heure des négociations, les chiffres seront sur la table


Les directions aiment rappeler les contraintes économiques lorsque vient le temps des négociations salariales. Nous saurons leur rappeler leurs résultats. Le deuxième trimestre 2026 montre que les marges reviennent, que les revenus progressent et que la banque de détail contribue pleinement à cette dynamique.


Il serait donc difficilement compréhensible que les salariés soient une nouvelle fois appelés à se satisfaire d’augmentations minimales pendant que les objetifs de rentabilité sont relevés et que des milliards d’euros sont dégagés. Quand les marges reviennent, le partage doit revenir avec elle

 

Les  prochains rendez-vous salariaux devront donc poser clairement la question : quelle part de ces performances reviendra à celles et ceux qui les rendent possibles ?

 

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