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02 / 06 / 2026 | 134 vues
Isabelle Menil / Membre
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L'inquiétude croissante des salariés du Groupe Editis et Inteforum

Trois ans après la mise en place de la nouvelle gouvernance, salariés et représentants du personnel d’Editis et d’Interforum disent constater une détérioration du climat social, des inquiétudes sur les conditions de travail et une situation économique qu’ils jugent préoccupante. À travers cette tribune ouverte adressée à Daniel Křetínský, nous demandons des réponses sur la stratégie mise en œuvre et ses conséquences humaines et financière.

 

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Lettre ouverte  à l’attention de Monsieur Daniel Křetínský, actionnaire du groupe Editis

 

Les salariés et représentants du personnel FO du groupe Editis et plus particulièrement d’Interforum, ont  choisi de prendre publiquement la parole. Cette démarche n’est ni un geste de circonstance ni une posture. Elle résulte d’un constat partagé sur le terrain avec nos experts : celui d’une inquiétude croissante face à l’évolution de notre entreprise depuis la mise en place de la nouvelle gouvernance il y a trois ans.

 

Depuis cette période, beaucoup de salariés expriment le sentiment d’un recul du dialogue social, d’une perte d’écoute et d’une prise en compte insuffisante des réalités quotidiennes du travail.

 

Les questions liées aux bas salaires, aux conditions de travail et à l’amélioration du quotidien des équipes semblent aujourd’hui sans réponse concrète à la hauteur des attentes exprimées. À cela s’ajoutent des préoccupations répétées concernant les conditions de travail. Des représentants du personnel FO ont exercé des droits d’alerte et signalé différentes situations préoccupantes. Les salariés attendent des réponses concrètes et des actions visibles permettant de prévenir durablement les risques professionnels, que la Direction change de culture et se remette en cause.

 

Au-delà de ces questions sociales, une autre interrogation majeure existe : celle des résultats de la stratégie engagée. Lors du changement de gouvernance, l’ambition affichée était claire : améliorer les performances et redresser la situation du groupe. Or, trois ans plus tard, beaucoup de salariés ont le sentiment que les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous et que la situation économique apparaît plus fragile qu’espérée. Pour la première fois depuis 30 ans, les salariés n’ont perçu ni intéressement ni participation !

 

Cette perception suscite des interrogations légitimes :

- Quels objectifs ont été atteints ?

- Quelles orientations ont porté leurs fruits ?

- Quels ajustements sont envisagés si les résultats ne correspondent pas aux attentes initiales ?

 

De nombreux salariés expriment également le sentiment d’une rupture dans la manière de gérer l’entreprise. Sans idéaliser le passé, certains considèrent que sous la direction de Madame Michèle Benbunan, le dialogue avec les équipes et la compréhension du terrain apparaissaient plus présents.

 

Dans cette lettre ouverte, ils ne contestent pas  pas la nécessité pour une entreprise d’évoluer ou d’adapter sa stratégie dans un contexte économique exigeant. Mais une stratégie ne peut se mesurer uniquement à travers des tableaux financiers. Une entreprise tient aussi par celles et ceux qui la font vivre chaque jour.

 

Lorsque les salariés alertent sur leurs conditions de travail, leur sécurité ou la perte de sens dans leur activité, ces signaux ne devraient jamais être considérés comme secondaires !

 

A cette dégradation du climat social s’ajoute une autre source majeure d’inquiétude : La qualité même du dialogue entre la Direction et les représentants des salariés. Depuis l’arrivée de la nouvelle gouvernance, des négociations portant notamment sur un accord relatif au dialogue social se sont engagées. À ce jour, cet accord n’a été signé par aucune organisation syndicale !

 

Pour de nombreux salariés et représentants du personnel, cette situation soulève des interrogations importantes. Lorsqu’un accord destiné précisément à organiser et renforcer le dialogue social ne parvient pas à recueillir l’adhésion même d’une seule organisation syndicale, cela interroge nécessairement sur la qualité des échanges, sur la confiance entre les parties et sur le fonctionnement des relations sociales au sein du groupe.

 

Au-delà des aspects techniques d’une négociation, beaucoup y voient le symptôme d’un malaise plus profond : celui d’un dialogue qui peine aujourd’hui à convaincre celles et ceux chargés de représenter les salariés.

 

Les exigences des salariés :

  • une clarification de la vision sociale du groupe
  • des mesures concrètes concernant les bas salaires et les conditions de travail
  • des réponses précises aux alertes liées à la sécurité
  • un dialogue social renforcé
  • une clarification de la trajectoire économique et des résultats de la gouvernance actuelle.

 

Leur  objectif est d’obtenir des réponses et des engagements.

 

Parce qu’une entreprise ne se redresse pas durablement sans ses salariés

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