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Le dossier Arpège cristallise la colère et l’inquiétude des agents et des assurés en Assurance maladie
Le développement et la mise en place d’outils informatiques défaillants, sur fond d’externalisations, s’inscrivent dans une politique plus large de destruction de la Sécurité sociale. Toutes les branches sont concernées.
On se souvient notamment de la réforme des aides au logement au 1er janvier 2021 : un milliard d’euros d’économies sur le dos des allocataires et un désordre innommable dans les CAF, dont les organismes ont encore du mal à se remettre.
Arpège : un scandale au long cours
Depuis un an et demi, le dossier Arpège en Assurance maladie cristallise la colère et l’inquiétude des agents et des assurés en Assurance maladie. Lors de l’Instance nationale de concertation du 18 février 2026, la direction de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (CNAM) a de nouveau apporté des réponses scandaleuses sur l’avenir de ce logiciel de liquidation des indemnités journalières (IJ), dont les dysfonctionnements plongent des milliers d’assurés dans des situations financières dramatiques.
Déployé « à titre expérimental » dans les CPAM de Loire-Atlantique (44) et de Vendée (85), Arpège devait « moderniser et fiabiliser » le traitement des IJ. En réalité : retards de paiement, erreurs de calcul, blocages de dossiers, incompréhension pour les agents comme pour les assurés. Environ 10 000 dossiers seraient impactés.
Notre organisation syndicale , en lien avec les informations relayées par les collectifs d’assurés regroupant des milliers de personnes, n’a cessé d’alerter sur les conséquences sociales de ces défaillances : loyers impayés, découverts bancaires, situations de détresse pour des salariés déjà fragilisés par la maladie ou l’accident.
La revendication incontournable : le retrait d’Arpège
Face à ce constat accablant, notre organisation syndicale , sur le plan local comme au plan national, revendique depuis le départ l’abandon pur et simple d’Arpège et le retour au logiciel Progrès, seul outil ayant démontré sa capacité à payer correctement et dans les délais les indemnités journalières.
Pourtant, la CNAM oppose un refus catégorique, qualifiant désormais Progrès « d’obsolète » et invoquant de prétendues difficultés techniques en cas de retour en arrière.
Pour nous , cet argument ne tient pas : en quoi un logiciel qui fonctionne et garantit les droits des assurés partout en France peut-il être qualifié « d’obsolète » ?
Derrière les discours de « modernisation », le logiciel Arpège plonge des milliers d’assurés dans la précarité et met les agents sous pression. Malgré les dysfonctionnements massifs constatés, la CNAM choisit la fuite en avant et prépare sa généralisation sous un nouveau nom: SOLA
Changer le nom d’Arpège ne supprimera pas ses dysfonctionnements.
Pour rappel, la mobilisation pour obtenir le retrait d’Arpège a notamment donné lieu à des rassemblements importants devant les CPAM de Nantes et de Saint-Nazaire en décembre 2025, dont FO était partie prenante aux côtés des assurés.
Arpège = Sola
Plus grave encore, la direction annonce la généralisation en 2026 d’une version « remaniée en profondeur » d’Arpège, rebaptisée Sola, toujours développée par le même prestataire. Après des mois de promesses de correctifs jamais concluants, puis une suspension du déploiement, la CNAM relance le projet sous un nouveau nom, avec une perspective de généralisation.
Et dans ce cadre, les CPAM 44 et 85 seraient à nouveau désignées comme caisses pilotes.
Les mêmes agents, les mêmes assurés devraient encore « essuyer les plâtres », tout en continuant d’utiliser un logiciel défaillant. Cette méthode est inacceptable.
Elle fait peser sur les personnels une pression insupportable et maintient les assurés dans les difficultés et
l’angoisse.
Un outil pour décrédibiliser la Sécurité sociale
Dans les services, les collègues subissent de plein fouet les conséquences d’Arpège : surcharge de travail liée aux anomalies, gestion de l’insatisfaction légitime des assurés, perte de sens du métier.
Les tensions s’accroissent, les conditions de travail se dégradent. On sait, y compris dans cette situation, que la responsabilité des agents peut être mise en cause, alors qu’ils ne sont en rien responsables des choix techniques imposés par la direction.
Combien de campagnes de presse ont déjà eu lieu dans ce type de contexte pour dire : « La Sécu ne fonctionne pas, il faut changer de système » ?
Face au mépris de la CNAM, Continuer le combat
Lors de l’INC du 18 février, le directeur de la CNAM a éludé les questions essentielles, allant jusqu’à quitter la réunion sans répondre aux revendications portées Ce mépris pour les représentants du personnel et, à travers eux, pour l’ensemble des agents, est révélateur d’une politique non seulement sourde aux réalités du terrain, mais délibérément inhumaine.
La situation exige des décisions claires et immédiates : abandon définitif d’Arpège, sécurisation du paiement des IJ, arrêt des expérimentations hasardeuses et réelle prise en compte des alertes remontées par les agents. Il en va du respect du paiement de leurs droits aux assurés, principe fondamental de la Sécurité
sociale, et des conditions de travail des personnels .
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